Elle se distingue de la permaculture par la recherche quasi générale chez ses partisans d'un compromis technique permettant d'assurer sa compétitivité commerciale[3] et elle est promue par de grandes compagnies et certains personnages politiques[4].
Par rapport à la permaculture, l'agriculture régénératrice se veut centrée sur la production agricole et ambitionne non seulement de conserver la sphère environnementale et agricole dans un état satisfaisant, mais de l'améliorer encore[5], comme le font les paysans depuis le néolithique.
Par rapport aux pratiques actuelles et en l'absence de charte ou de label précis et contraignants, l'agriculture régénératrice est donc à considérer dans la mouvance plus générale de l'agriculture de conservation et de l'agroécologie.
Les pratiques retenues[7] doivent respecter le sol (pratiques agroécologiques[8], faire en sorte que le sol conserve une bonne structure, ...), voire l'améliorer[3] :
Les moutons peuvent remplacer le broyage ou un herbicide après une interculture ou pour l'entretien des bordures de parcelles.planification du pâturage, sylvopastoralisme[8] ;
Bien qu'il n'y ait encore ni charte ni label, les pratiques de l'agriculture régénérative sont mises en œuvre pour certaines productions à haute valeur ajoutée : aliments diététiques, cosmétiques, médicaments[9].
Le concept d'agriculture régénérative naît aux Etats-Unis à l'Institut Rodale(en) en 1983. Robert Rodale(en) définit une approche agricole qui vise à augmenter la productivité tout en améliorant la base biologique du sol[10].
En 2017, le label ROC (Regenerative Organic Certified) est créé aux Etats-Unis[11].
En 2018, lancement en France du projet "Sols Vivants" piloté par la fondation Earthworm[12].
En 2020, le film Mission Régénération diffuse le concept auprès d'une plus large audience. En 2023, la suite Common Ground obtient le prix Human / Nature au festival cinématographique Tribeca[13].
Certaines affirmations mises en avant par des défenseurs de l'agriculture regénératrice ont été critiquées comme exagérées ou contredites scientifiquement[14].
Par exemple, l'un des personnages associé à ce mouvement, Allan Savory, a affirmé que sa méthode de gestion holistique des pâturages permettrait de réduire les niveaux de dioxyde de carbone en deçà du niveau pré-industriel dans un intervalle de 40 ans, ce qui permettrait de résoudre le problème du changement climatique. Selon Skeptical Science, une telle affirmation est injustifiée, la capacité de séquestration du carbone des terres est trop limitée et les émissions de méthane liées au bétail sont trop importantes[15].
Selon une étude publiée à l'Université d'Uppsala en 2016, l'augmentation de la capacité de séquestration du carbone envisageable à travers une meilleure gestion des pâturages est sept fois inférieure à celle avancée par Savory. L'étude conclut que la gestion holistique des pâturages ne peut pas renverser l'orientation actuelle du changement climatique[16].
Une étude publiée en 2017 par le Food and Climate Research Network a conclu que les affirmations de Savory à propos de la séquestration du carbone dans les pâturages sont "irréalistes" et très différentes des estimations issues des études revues par les pairs[14].
↑Nordborg, M. (2016). Holistic management – a critical review of Allan Savory's grazing method. Uppsala: SLU/EPOK – Centre for Organic Food & Farming & Chalmers.
Philippe Fleury, Carole Chazoule et Joséphine Peigné, « Ruptures et transversalités entre agriculture biologique et agriculture de conservation », Économie rurale, nos 339-340, , p. 95-112 (DOI10.4000/economierurale.4247).