23.2.2023. Les régimes LCHF, généralement appelés à tort "céto" aujourd'hui, ne sont ni nouveaux ni toxiques. Mes précautions diététiques visent plutôt au fait que ces régimes sont tenus en permanence, alors qu'on peut les considérer commes des cures temporaires. J'évalue ici le reproche qu'on leur fait d'être "trop protéinés", et j'envisage qu'en fait la mode éconutrition conseille, à tort, des plans sous-protéinés.
Ma cure à paraître "Retour à soi" est une forme de paléonutrition doublée de chrononutrition et de pratique LCHF (low carb high fat: peu de glucides, plus de graisses).
Les régimes LCHF, généralement appelés à tort "céto" aujourd'hui, ne sont pas nouveaux. J'ai appris chez Barry Groves dès 2002, lors de ma seconde révolution alimentaire, que ce que je croyais une pratique toxique, soit la piste Atkins, était au contraire une voie efficace pour la perte de poids durable. J'ai apprécié à l'époque son article William Banting: author of the first low-carb diet book (https://www.second-opinions.co.uk/banting.html). Au fil des ans, j'ai découvert que pour certains profils, la piste LCHF est en outre hautement anti-inflammatoire. Ce qui fut, accessoirement, le cas chez Banting. Ce dernier décrivait déjà son régime pauvre en glucides en 1864, il y a à peine plus d'un siècle ( “Letter on Corpulence, Addressed to the Public.” ), ainsi que l'effet sur ses douleurs et son poids. On n'a retenu que le dernier élément...
Selon wiki: "Il entreprend ce changement de régime alimentaire, à la suggestion d'un médecin de Soho Square, le Dr William Harvey, qui a lui-même appris ce type de régime en assistant à des conférences tenues à Paris par le médecin et physiologiste français Claude Bernard qui préconisait ce menu sans sucres aux diabétiques"
Le texte est accessible en anglais sur https://www.gutenberg.org/files/57545/57545-h/57545-h.htm
Les régimes LCHF ne doivent pas nécessairement être surprotéinés, comme le croient certains (croyance ravivée par la mode actuelle du régime carnivore aux States). Démonstration à partir du cas de Banting. Il avait perdu une vingtaine de kilos sur un an, passant de 90kg à 70kg (voir ci-dessous en tableau, selon son livre transmis en anglais "moderne" sur https://thenoakesfoundation.org/infographics/banting-letter-on-corpulence-in-todays-english) . Poids qu'il avait stabilisé par la tenue permanente du régime. Refrain connu: si vous choisissez cette voie, il faudra y rester car le retour à "manger de tout, autant que voulu" est une promesse de rebond.
Bref. Le sujet est ici: serait-ce trop protéiné?
A première lecture, on trouverait ses repas très protéinés. Mes commentaires en italique.
"Pour le petit déjeuner, je prends quatre ou cinq onces de bœuf, de mouton, de rognons, de poisson grillé, de bacon, ou de viande froide de toute sorte sauf du porc ; une grande tasse de thé (sans lait ni sucre), un petit biscuit, ou une once de pain grillé sec.
NB une once: 28gr -> 110 à 140g de protéines. Ce qui lui apporte +- 30g des protides sur les 130g dont il a besoin au quotidien. J'ai calculé à la louche sur la valeur haute, celle qu'on utilise pour les sportifs intenses ou pour les personnes fort fragilisées, genre burnout: 1.6g d protide par kilo de poids maigre. Valeur toujours calculée sur le poids dit maigre, qu'on appelle entre profanes "le poids idéal". Pour le cas de figure, j'ai évalué que son poids maigre était standard masculin, soit 80kg.
Pour les curieux, voir un extrait de mon prochain livre: les dosages en protéines, dans le chapitre " le livre du maître: les dosages".
"Pour le dîner, cinq ou six onces de poisson (à l'exception du saumon), de viande ( à l'exception du porc), de volaille ou de gibier, [accompagnés de] n'importe quel légume (à l'exception des pommes de terre), une once de pain grillé sec, de fruits cuisinés en dessert, et deux ou trois onces de bon claret, de sherry ou de Maderia [sic] (le champagne, le porto et la bière sont interdits).
NB 140-170g de protéines, soit +- 40g de protides
"Pour le thé, deux ou trois onces de fruits, une biscotte ou deux, et une tasse de thé sans lait ni sucre.
"Pour le souper, trois ou quatre onces de viande ou de poisson, comme pour le dîner, et un verre ou deux de bordeaux.
NB 85 à 110g de protéines, soit 21 à 28 gr de ses protides, arrondissons à 25gr . Il aura eu sur la journée 30 + 40 + 25 = 95g de protides par jour. Ce n'est PAS hyperprotéiné, voyons! Bant était donc à un ratio de 1.2g de protides par kilo. Qu'on mettra en regard des normes de l'Anses française, sous-dosée selon la plupart des pros: 0.83g/kg (https://www.anses.fr/fr/content/les-prot%C3%A9ines).
"Pour le dernier verre, si nécessaire, un gobelet de grog - (gin, whisky ou brandy, sans sucre) - ou un verre ou deux de claret ou de sherry."
J'aime particulièrement cette dernière portion du régime, qui convient à ma nature. J'ai besoin d'une heure de méditation pour passer d'orthosympathique (mon inclination naturelle) au parasympathique. Je n'ai besoin que de cinq minutes et un verre de pineau pour obtenir le même résultat ;)
Dans Retour à soi: la cure, on pratique une forme de paléonutrition, dont les doses de protéines semblent élevées, à première vue. Elles ne le sont pas, elles sont calculées sur 1g de protide par kg de poids maigre. Mais on y consomme une belle et bonne rasade de protéines dès le matin: ça change!
Dans le réel, lorsque je vois ce que mes camarades dégustent au quotidien (je ne pratique plus, je suis à la retraite, je me limite à mes amis), je suis frappée de la qualité sous-protéinée des repas. Ce qui est une épine dans le pied des épuisés chroniques ou personnes fragilisées (pensons maladies auto-immunes).
Peut-être sont-ils victimes de la nouvelle religion, alias la nutri-écologie à la Rémésy? Lire par exemple dans Les 10 commandements de la nutriécologie chez lanutrition.fr: " TU DEVIENDRAS ÉCO-VÉGÉTARIEN:
"Pour Christian Rémésy, la consommation d’aliments d’origine animale doit représenter seulement 15% des apports caloriques quotidiens alors que le reste de l’assiette est composé de végétaux avec une grande part de légumes et de fruits. La nutriécologie préconise d'ailleurs de doubler notre consommation de légumes et fruits."
Jouons le jeu du réel, sur le cas d'une personne fragilisée ou épuisée. Démonstration de ce qu'on peut se tromper à respecter une phraséologie mal conçue et mal pensée.
Si une femme de taille moyenne consomme 2.000kcal par jour, elle consacrerait donc 15%, soit 300kcal aux sources animales - le résumé de l'article ne précise pas la qualité protidique (viande) ou lipidique (beurre, etc.).
Non seulement c'est très flou, mais cela peut induire en erreur. Imaginons le cas de cette dame qui s'autoriserait 10g de beurre, voilà déjà près de ses 100 de ses kcal envolées. Il lui reste 200kcal à trouver en vvpo (viande volaille produits de la mer et oeufs) ou en laitages. Ces 200kcal lui apporteraient 50g de protéines hautement biodisponibles (mnémotechnique: 4kcal par g de protéines en moyenne), dont la valeur protidique nette est de 12.5g (mnémotechnique: 25g de protides par 100g de protéines en moyenne).
Si l'on se reporte aux dosages que j'ai développés ci-dessus, notre amie écoconsciente est donc au QUART du dosage minimum protéique conseillé par l'ANSES, organisme officiel (valeur déjà basse, comme je l'ai énoncé plus avant). J'omets de son assiette les pseudoprotéines que sont les protéines de source végétale (légumes secs, oléagieneux), peu biodisponibles, qui demandent un organisme très valide pour être bien assimilées - toutes les études le démontrent (mais pas les articles de presse, hélas!). J'omets aussi les minimes sources de protéines à partir de légumes, légitimes mais faibles.
Comment vouloir se respecter si l'on sape soi-même les bases d'une bonne santé? Le calcul est fait à condition que la personne surlimite ses apports lipidiques à partir de l'animal (beurre, par exemple). A la limite, la dame en question est à 50% du dosage minimum pour rester valide.
Au passage, énoncer des pourcentages dans un article grand public est trompeur, car personne ne s'amuse à l'arithmétique calorique et macro nutriments comme je le fais. On visualise plutôt des volumes sur l'assiette.
Mon observation d'une assiette généralement sous-protéinée chez des personnes convaincues de manger très sain m'a menée à ce questionnement: et si l'effet des cures LCHF et associées (Atkins jusqu'à cétogénique pure) ne tenait qu'au fait qu'enfin, enfin! mes camarades mangent une dose adéquate de protéines (et de graisses)?
Je ne connais que de rares cas de personnes qui peuvent survivre en mode sous-protéiné. S'il faut les classifier, ce sont des personnes à l'état organique hors pair (les tests de Julia Ross qu'utilisent les référents en Profilage alimentaire© à ma façon indiquent un grand calme organique), quasi toujours de diathèse 2 et peu sportifs. Ceux qui prospèrent à base de protéines végétales pures et qui semblent contredire toutes les études sur la biodisponibilité sont à mon expérience une personne sur cent. Des exceptions donc.
La mode récente de sous-doser les sources protéiques animales est hélas rampante chez les amis du Camp du Bien, qui ne se rendent hélas! pas compte qu'ils propagent une véritable idéologie. On quitte ici la nutrition pure et on doit accepter une vision géopolitique des enjeux - ce que je résume dans "Le boeuf émissaire" en termes profanes et dans "Qui a machine le boeuf bashing" (à paraître), en termes plus techniques. Ce dernier dossier contient quasi tous les brouillons du livre, non encore édités.