L'appel du docteur Claude Lagarde, pharmacien et biologiste médical: "Le zinc est l'arme préventive la plus efficace face au coronavirus"
En plus du système de testing de masse et des tests sérologiques pour limiter l'ampleur de la pandémie, le fondateur du laboratoire Nutergia s'étonne qu'aucuns professeurs n'aient ou ne parlent pour le moment pas du dosage de zinc dans le sang comme méthode préventive de dépistage de personnes à risques, " et c'est cette même population carencée qui est durement frappée par le virus".

- Publié le 16-04-2020 à 09h00
- Mis à jour le 20-04-2020 à 10h45

En plus du système de testing de masse et des tests sérologiques pour limiter l'ampleur de la pandémie, le fondateur du laboratoire Nutergia s'étonne qu'aucun professeur ne parle pour le moment du dosage de zinc dans le sang comme méthode préventive de dépistage de personnes à risques. "Et c'est cette même population carencée qui est durement frappée par le virus".
Après avoir travaillé plus de 20 ans sur le rôle et les bienfaits du zinc, Claude Lagarde, Docteur en Pharmacie, biologiste médical et fondateur du laboratoire Nutergia, s'étonne fortement que depuis le début de la crise que nous traversons, aucun spécialiste médical ne parle du zinc. Alors qu'il joue pourtant un rôle protecteur majeur et qu'il booste nos défenses immunitaires. Selon lui, la carence en zinc est la cause des complications que l'on observe actuellement sur les patients infectés. Les personnes non carencées auraient donc très peu de risques de développer une forme sévère de la maladie liée au coronavirus.
Et pour cause, la présence du zinc dans la cellule bloque la réplication virale. Le zinc est donc un minéral antiviral précieux. Pour appuyer son propos, Claude Lagarde a réalisé une étude bibliographique mettant en lumière le rôle joué par le zinc sur nos défenses immunitaires. Nous l'avons interviewé pour en savoir plus sur ce qu'il qualifie de "plan préventif d'intérêt public" et pourquoi il recommande d'augmenter le zinc dans notre alimentation en cette période pandémique.
Vous vous étonnez que depuis le début de la pandémie personne ne parle du zinc, pourquoi ?
"Je suis très étonné de voir qu'autant de spécialistes médicaux hautement qualifiés passent à côté du problème. Selon des statistiques récentes en Europe, la population touchée par l'épidémie est à 95% composée de personnes présentant au moins un des facteurs de comorbidité suivants : obésité, diabète, hypertension, problèmes cardiovasculaires, etc. Dans toutes ces situations, il y a un grand risque de carence en zinc. De plus, il a été montré que 50% des personnes âgées en maison de repos sont carencées en zinc. C'est donc principalement cette population carencée qui est durement frappée par le virus. Pourtant, aucun spécialiste ne parle ou n'a parlé pour le moment de dosage de zinc dans le sang comme méthode préventive de dépistage de personnes à risques, alors que l'on connaît les bienfaits des apports de zinc depuis plus de 50 ans. Surtout qu'en cette période anxiogène, on sait que le stress fait fuir le zinc par les urines, ce qui n'arrange rien au problème".
Le zinc joue un rôle essentiel dans l'immunité, pourquoi ?
"Le zinc joue un rôle majeur dans l'organisme au niveau de tous les grands métabolismes et intervient dans de multiples réactions biologiques (immunité, croissance, synthèse de l'insuline, etc.). Il intervient par exemple dans la fonction de la thymuline, hormone du thymus primordiale pour la fonction immune. Notre organisme n'a besoin que de très peu de zinc mais il est plus sensible au déficit du fait des nombreuses interférences alimentaires. Il n'y a pas de réserve notable en zinc. Un apport alimentaire régulier est donc important. Un déficit en zinc affecte doublement notre immunité car il intervient sur l'immunité innée et sur l'immunité acquise. C'est un des processus largement impliqué dans des formes graves du coronavirus".
Sait-on à quel point la carence en zinc est-elle répandue dans la population ?
"Elle affecte jusqu'à un quart de la population des pays occidentaux sous forme de carence majeure ou de subcarence asymptomatique. Il a par exemple été montré que 50% des personnes âgées vivant en institutions présentent des carences en zinc. Les fumeurs sont également souvent carencés en zinc car le cadmium de la fumée interagit et bloque le zinc. Cela pourrait expliquer certains cas de malades dans la population jeune. Je suis persuadé que la plupart des malades actuels sont carencés en zinc et qu'il n'en faut pas énormément pour être efficace en prévention".
Un déficit en zinc se traduit par certains signes caractéristiques du Covid-19, peut-on pour autant faire un lien entre les deux ?
"Dans les carences majeures en zinc, l'un des signes observés très fréquemment est la perte de l'odorat et du goût. Or, il en est de même chez de nombreux patients actuels comme vu et entendu sur toutes les chaînes de télévision. Chez ces patients, leur zinc est surconsommé pour lutter contre l'infection. Le phénomène serait encore plus précoce et plus grave pour la plupart des diabétiques, des hypertendus, des cardiaques, des fumeurs, des personnes en surpoids ou soumis à des traitements lourds. Il est donc probable que la sur-sollicitation immunitaire entraîne une majoration des carences en zinc".
Aujourd'hui, l'épidémie frappe de plein fouet les populations fragiles. Quel lien peut-on faire entre leur système immunitaire et le rôle du zinc ?
"Un certain nombre d'études ont examiné les effets de la supplémentation en zinc sur l'immunité antivirale. Le zinc fonctionne comme un régulateur des défenses immunitaires grâce à sa disponibilité dans l'organisme. La carence en zinc affecte toutes les cellules impliquées dans l'immunité, comme dit plus haut, et une carence avérée augmente en plus l'inflammation, ce qui se voit dans les cas cliniques importants".
L'ampleur prise par la pandémie était-elle évitable ?
"Pour éviter d'en arriver là, il aurait fallu produire beaucoup plus de réactifs et de tests sérologiques pour isoler directement les malades potentiels. Je pense qu'il faudrait compléter par des prises de sang pour savoir qui est carencé en zinc dans les personnes à risques citées ci-dessus. C'est cette population, qui représente 5 à 10% du total de la population globale, qui risque d'être contaminée avec des complications. Par ailleurs, pour rassurer et protéger les soignants, il faut tester aussi leur niveau de zinc. Je suis d'ailleurs persuadé que la grande majorité des personnes qui ont un statut normal en zinc ne contractent pas une forme grave de la maladie. Le zinc est l'arme préventive la plus efficace face au coronavirus".
Vous faites également un lien entre le rôle joué par le zinc et les résultats obtenus par le traitement à base de chloroquine du Professeur Raoult.
"A travers les résultats du Professeur Raoult, on peut constater que la chloroquine aurait une action efficace. Il a été montré que ce médicament ferait entrer le zinc dans nos cellules. Or le zinc bloque la reproduction virale par un processus spécifique. Ce blocage spécifique de la réplication virale ne peut pas être obtenu par d'autres stimulants de l'immunité comme les vitamines C et D qui sont par ailleurs très intéressantes. Nous pouvons ainsi supposer que la chloroquine ne peut pas exercer pleinement ses effets chez les sujets carencés en zinc ou dont le taux de zinc a chuté en lien avec la surconsommation par le système immunitaire. C'est donc dès le début qu'il faudrait distribuer le zinc aux personnes à risques, aux soignants, dans les hôpitaux, les maisons de repos".
Au vu de l'avancée de l'épidémie, n'est-il pas trop tard ?
"Il n'est jamais trop tard ! Avec suffisamment de zinc, on peut enrayer la multiplication de ce virus très contagieux et favoriser l'immunité collective. Pour cela, il est urgent de doser le zinc sanguin et de supplémenter les personnes à risques et les soignants."
Sous quelle forme conseillez-vous d'en prendre ?
"Je m'exprime ici pour parler publiquement d'une mesure primordiale de prévention ! Le zinc se trouve dans de nombreux aliments comme dans le poisson ou la viande rouge. Il n'est pas toujours bien absorbé selon le régime de chacun, c'est pour cela qu'il faut se complémenter. Pour assurer sa bonne absorption, il faut éviter de l'associer à trop de céréales ou de légumineuses riches en phytates et éviter de consommer trop de conserves. Les régimes vegans sont très souvent carencés en zinc. En complémentation préventive, je pense qu'il n'en faut pas plus de 10 mg par jour et tous les jours car on ne le stocke pas. 10 mg correspondent à 100 % de la Valeur Nutritionnelle Recommandée (VNR). Avec 10 mg de zinc, on apporte chaque jour 1 million d'atomes de zinc par cellule. Lors des premiers signes cliniques, on pourrait doubler cette dose. Il ne faut pas oublier le risque de fuite excessive de zinc, en particulier en cas de stress ou de régimes acidifiants. Le rôle de la qualité de la muqueuse intestinale est également majeur dans l'absorption. On peut trouver du zinc en pharmacie et dans les hôpitaux".
Quel est votre dernier conseil avant de clore cet entretien ?
"Je préconise à chacun de veiller à un apport quotidien en zinc suffisant, de veiller à la qualité et à l'équilibre de son alimentation sans excès de sucres qui contribuent à la surutilisation du zinc par l'organisme, de ne pas oublier les vitamines et les plantes qui stimulent l'immunité et surtout, de pratiquer une analyse de zinc sanguin pour les personnes à risques et les soignants".
L'avis de Thomas Orban sur le zinc: "Avoir une alimentation équilibrée reste l'essentiel"
"Ce n'est pas inintéressant mais il faut toujours veiller au bon endroit la cerise et le gâteau avec ce genre d'études. Chez les patients qui vont mal et qui sont atteints par le Covid-19, on sait que c'est lié à l'âge et on ne peut rien faire contre ça. Pour les autres, il faut une alimentation saine et mener une vie saine également, c'est le plus important. Et donc ne pas être obèse, ne pas avoir de maladies pulmonaires limite les risques. Les facteurs de multimorbidité sont liés entre eux. Par rapport à tout ça, il faut bien manger, faire des exercices physiques et ne pas fumer ni boire, c'est tout bête mais ça reste la meilleure des préventions", explique Thomas Orban, médecin généraliste et président du collège de médecine générale francophone.