Cet article est un des plus consultés sur le site, reflet de la popularité de la chrono-nutrition®. Je tiens à rappeler que la nutrition n’est qu’une composante de mon parcours de santé, à compléter par le jeûne fractionné, l’exercice sous plusieurs formes, une hygiène du sommeil, l’attention à la posture etc.
Le terme générique « chrononutrition » (sans trait d’union) désigne une branche de la chronobiologieN1 — voir Chrononutrition – publications. Il convient de le distinguer de la chrono-nutrition®, une pratique nutritionnelle enseignée par Dr Alain Delabos et ses collègues (voir le site officielN2). Pour alléger le texte, le ‘®’ n’est pas reproduit à chaque occurrence mais le trait d’union permet de distinguer les deux termes.
On pourrait consacrer un livre entier aux erreurs commises par des personnes qui prétendent « faire » de la chrono-nutrition® — depuis l’oubli désastreux d’une hydratation adaptée, les qualités ou quantités inappropriées d’aliments, l’abus ou l’abstinence de sel etc. Chacun y va « de sa sauce » et les bricolages sont fréquents, motivés par des intolérances réelles ou supposées à certains types d’aliments : produits laitiers, gluten, viande… Ces écarts rendent l’approche inopérante et peuvent nuire gravement à la santé. Ils font dire à la personne en échec : « La chrono ne marche pas dans mon cas ! »
Il est vrai que la méthode du Dr Delabos peut se décliner de multiples manières, répondant à des choix, des goûts personnels et la disponibilité d’aliments dans telle région du globe, mais seulement une fois qu’on en maîtrise les fondamentaux. Le forum de partage d’expériences et de conseils (actuellement un groupe privé Facebook) est quasiment incontournable pour éviter les écueils (suivre ce lien : N3).
Après une quinzaine d’années de pratique, je rends compte ici de quelques observations qui n’engagent que moi. Un témoignage individuel est anecdotique et ne peut en aucun cas se substituer à une étude clinique jusqu’à présent inexistante — et qui ne sera jamais menée vue l’impossibilité de réaliser un test randomisé-contrôlé en double-aveugle avec des groupes témoins.
De plus, ma pratique n’a jamais été entièrement orthodoxe comme je le préciserai…
Il est difficile, dans un parcours individuel, de distinguer les mécanismes concomitants ayant contribué au succès, entre autres l’inévitable effet placeboN4 ; par contre, tout récit peut être instructif une fois mis en perspective.
J’invite les lectrices et lecteurs à ne pas se méprendre sur mes intentions : je n’ai pas de conseil à donner sur la base de cette expérience personnelle. Ce qui suit est l’illustration d’une démarche qui consiste à remonter le fil des événements en les confrontant aux données générales de la littérature scientifique. Le choix des références est biaisé par mon expérience et ne saurait en aucun cas servir d’exemple.
Sommaire
⇪ Mes débuts
Je me suis lancé dans la « chrono » en juillet 2009 dans le but exclusif d’en finir avec l’obésité. La plupart des personnes (pour la plupart des femmes) qui abordent cette pratique cherchent aussi à résoudre un problème de surpoids, de sorte qu’elle est souvent présentée comme un « régime amincissant ». En réalité, elle vise une régulation qui peut aussi bien se traduire par de la prise de poids chez une personne trop maigre.

J’avais commencé, début 2007, à pratiquer la marche sportiveN5, un exercice d'endurance, pour me rendre à mon lieu de travail : 10 km matin et soir, soit 3 heures de marche quotidienne sur une route de campagne avec forte dénivellation. Après un an et demi, cet exercice avait réduit mon indice de masse corporelle (IMCN6) d’environ 37 à 35 kg/m2, correspondant à un poids diminué de 100 à 95 kg. Rien de bien visible… En effet, un IMC de 30 kg/m2 est considéré comme seuil de l’obésité, et j’en étais loin ; mon tour de taille était de 115 cm pour 1m 64 de hauteur !
Le bénéfice de cette marche quotidienne était, sans surprise, une meilleure forme physique. Mais je n’avais pas encore découvert que la seule pratique d’exercice d'endurance associée à un régime hypocalorique (incluant de longues périodes de jeûne) est vouée à l’échec si l’on vise une perte de poids durable — voir mon article Manger et bouger ?

Dans mon bilan sanguin de 2005, le seul signal d’alarme, selon ma connaissance à cette époque, était le taux de cholestérol (rapport LDL/HDL = 4.23). Ce rapport ne justifiait, en réalité, aucune inquiétude — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?
Aucune mesure de la vitamine D : les médecins français ne s’y intéressaient pas !
Cet état initial était l’aboutissement de 37 ans d’alimentation quasi-végétarienne d’inspiration macrobiotiqueN7. Comme de nombreux obèses, j’étais aux antipodes des propositions de la chrono-nutrition, puisque je me privais de petit-déjeuner, souvent même de repas de midi, pour soulager ma faim le soir avec une platée de riz complet et de légumes cuits à la vapeur assaisonnés de tamariN8 et gomasioN9, et souvent de quelques cubes de fromage à pâte dure. Je finissais par calmer ma fringale avec du yaourt sucré au miel : un parfait antidote de la macrobiotique, mais le yaourt et le miel ne sont-il pas des produits naturels ? L’agencement de mes repas était assez proche de celui des adeptes du sumoN10 — bien que je n’aie jamais concouru !
Je ne buvais quasiment jamais, au point de souffrir de crampes à cause de la déshydratation — voir mon article Boisson… Je ne serais pas surpris que ce régime et les carences qu’il induisait, ainsi que la surconsommation d’huiles végétales polyinsaturéesN11 aient contribué à la détérioration de mes artères coronaires — voir mon article Je suis à l'hôpital !
La chrono-nutrition® a donc représenté un chamboulement de mes habitudes et croyances nutritionnelles. Ce changement de cap était motivé par l’échec de mes tentatives d’amaigrissement (jeûnes et restriction calorique), l’exemple d’une amie qui avait retrouvé une silhouette parfaite après un an de « chrono », et le contre-exemple de végétalien-ne‑sN12 dont j’observais avec effroi le vieillissement prématuré : fonte musculaire souvent masquée par un stockage de graisse, flétrissement de la peau, aspect cadavérique, état dépressif chronique — voir N13 et mon article Pour les végan·e·s.
Contrairement à Lierre KeithN14, ancienne militante du végétalisme intégral (véganismeN15), je n’ai jamais été un adepte doctrinaire du végétarismeN16 malgré une attirance tardive (totalement naïve) vers le végétalismeN12. Ne pas consommer de viande au quotidien me paraissait un avantage indiscutable pour se maintenir en bonne santé, si ce n’est « sauver la planète », mais je n’en faisais pas une religion. Toutefois, je n’écoutais pas ceux qui remettaient en cause la doxa végétarienne ; la plupart des arguments « pour » ou « contre » me paraissaient dogmatiques ou infantiles.
Je reconnais à Keith la vertu d’avoir posé des questions dérangeantes et inséré sa démarche dans une réflexion sur l’écologie, mais je reste prêt à croire que le végétarisme est une option viable pour les personnes qui savent parfaitement doser les nutriments en réponse à leurs besoins sur le long terme. Cela n’a jamais été mon cas, soit par un défaut de constitution, soit parce que j’étais obèse pendant ma petite enfance, ou simplement par incompétence. Je ne crois pas pour autant que l’on puisse adapter la chrononutrition à une forme de végétarisme en vue de perdre du poids, les sources indispensables de protéines végétales étant aussi riches en glucides — voir mon article Protéines.
⇪ Retour au réel

Par déformation professionnelle, j’ai abordé la pratique de la chrono-nutrition® à la manière d’une expérience « scientifique » s’appuyant sur un protocole rigoureux : les instructions du Dr Delabos complétées par des informations de son forum. Je me suis donné un an pour juger du résultat, balance et mètre de couturière en main !
Cette manière de procéder m’obligeait à accepter la réalité. Depuis longtemps, j’avais renoncé à me peser et je me détournais même de tout miroir ou des images photographiques pour m’imaginer, non pas obèse, mais « bien portant ». J’adhérais à une croyance dominante dans le monde médical — réfutée récemmentN17 — qu’on peut être à la fois gros et en bonne santé (“fat but fit”). J’avais adopté ce proverbe de ma grand-mère paternelle : « Il vaut mieux faire envie que pitié ! » Elle faisait elle-même très « envie », alors que ma grand-mère maternelle, qui faisait plutôt « pitié », a vécu plus longtemps…
Mon inscription sur le forum de chrono-nutrition a été une expérience positive, au départ, pour corriger des erreurs — entre autres le besoin d’un apport vitaminique en compensation de la perte de vitamines liposolubles pendant le rapide déstockage initial (environ 3 kilos par semaine). Les témoignages de personnes qui réussissaient à mincir de façon spectaculaire renforçaient par ailleurs un effet placeboN4 qui me paraît indispensable à la réussite d’une pratique nutritionnelle… J’ai eu dès le départ la certitude que mon objectif pouvait être atteint : le témoignage sur le forum d’un homme qui avait perdu 34 kilos pendant sa première année de chrono-nutrition, sans pour cela passer par la case « starter ».
J’avais créé à l’époque un blogN18 sous le pseudo OursQuiDanse, encore visible mais qui n’est plus alimenté.
Améliorer sa santé et réguler son poids implique, pour un adulte, un changement radical de style de vie. La difficulté réside moins dans ce changement, dont la motivation est renforcée par les résultats visibles, que dans une nécessaire adaptation aux contraintes de la vie sociale. La majorité des échecs proviennent de notre incapacité à réaliser cet ajustement. Heureusement, je n’ai pas été confronté à ce problème : l’idée de la « chrono » était partagée par tous mes proches, et les repas dans un contexte plus large (invitations, sorties…) étaient assez espacés pour coïncider avec les jokers autorisés en chrono-nutrition.
Mise à part la rationalité « nutritionnelle » de cette méthode — que l’on peut examiner avec un regard critique, voir mon article Chrononutrition - bases — j’y perçois un facteur essentiel : la régularité. C’est en renforçant ou en reconstruisant des cycles d’activité qu’on peut parvenir à resynchroniser les horloges internes qui émettent des signaux à de multiples niveaux, à commencer par les « bonnes » bactéries qui peuplent nos intestins et de nombreux organes. Ces cycles incluent la nutrition — manger certains types d’aliments à certaines phases de la journée et ménager des périodes de restriction calorique — mais aussi l’activité physique et le repos.
La régularité est à mon avis indispensable à une amélioration du style de vie et de la santé physique/mentale qui en découle. Les déceptions proviennent souvent d’un refus viscéral de la discipline que cette régularité implique. Discipline ! Ce mot a été banni des discours libertaires, mais il s’agit ici d’autodiscipline et non d’une contrainte exercée sur autrui. Imposer un régime alimentaire à des proches ou à des patients est voué à l’échec, au-delà de la courte période de surveillance.
⇪ La réussite

Après quinze mois de chrono-nutrition (sans oublier les 3 heures de marche quotidienne) mon IMC était tombé à 26. J’avais perdu 25 kilos et réduit mon tour de taille de 115 à 91 cm. Ce résultat était spectaculaire, au point que le directeur de mon labo m’a fait bénéficier d’un avancement accéléré, le bruit ayant couru que j’étais atteint d’une maladie incurable !
En réalité, j’étais malade de bonheur… Le bilan sanguin de 2010 s’est révélé pleinement satisfaisant, avec un rapport LDL/HDL redescendu à 2.20 malgré la consommation nettement plus abondante de graisses saturéesN19. L’important (dans ma compréhension de cette époque) étant plus l’augmentation du HDL que la diminution du LDL — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?
Un point à souligner est que je n’avais perdu que 5 kilos en faisant de l’exercice, puis 25 en combinant l’exercice avec une nutrition améliorée sans restriction calorique… Ce qui va à l’encontre du discours, toujours dominant en France, selon lequel le secret de l’amincissement serait d’augmenter la dépense physique en réduisant l’apport calorique — comme je l’ai entendu par exemple le 28/01/2019 dans une émission scientifiqueN20 — par ailleurs très instructive ! La fallacité de ce discours est exposée en détail dans mon article Manger et Bouger ? La restriction calorique ne peut être efficace, sur le long terme, que si elle s’insère au quotidien comme une pratique de demi-jeûne fractionné.
⇪ Quelques adaptations
En plein débat médiatique sur la légitimité de la consommation de viande, je crois utile de préciser que, dès le début de cette expérience, ma ration quotidienne dépassait rarement 60 % celle préconisée par Alain Delabos. Non par nostalgie du végétarisme, mais parce qu’en semaine je déjeunais dans des restaurants proches de mon lieu de travail. Je ne prétends pas que cette limitation, imposée par les circonstances, soit bénéfique à tout un chacun : il faut déterminer ses besoins puis mesurer l’incidence de son choix sur le tour de taille et la forme physique — voir mon article Protéines…
Il faut veiller au fait que « perdre du poids » peut aussi bien dire « perdre de la graisse » que « perdre du muscle ». La plupart des régimes amaigrissants et des traitements ne font pas la distinction. Un traitement avec des médicaments activant les récepteurs du glucagon-like peptide‑1 (GLP‑1N21) peut ainsi faire perdre du poids dont 40 % appartient à la masse maigreN22. Ce qui correspond à une fonte musculaire considérable affectant négativement la santé. De plus, le fait de se libérer d’un poids de graisse important veut dire moins d’efforts nécessaires pour se déplacer, ce qui peut entraîner un supplément de perte musculaire… À moins d’empêcher cette dégradation en consommant assez de protéines et en pratiquant de l’exercice contre résistance — voir ci-dessous.
Une autre adaptation, motivée initialement par les menus de restaurant, a consisté à consommer des légumes verts et/ou des crudités à quasiment tous les repas de midi, réduisant les quantités de féculents au minimum requis pour ne pas sentir la faim revenir rapidement. Cette adaptation est devenue chez nous une habitude familiale. Elle n’est pas contradictoire avec la chrono-nutrition, bien que les ouvrages recommandent plutôt la consommation de féculents à midi pour renvoyer au soir celle des légumes verts. Lorsque nous pratiquons le demi-jeûne fractionné, nous supprimons souvent les glucides au repas de midi — voir mon article Diète cétogène. Nous le faisons systématiquement, à présent, pour « réparer » les flores bactériennes de la bouche et de l’estomac — voir Donatini B, 2022N23 et l’article La bouche, miroir de votre santé.
Ayant longtemps séjourné en Asie, ma famille utilise au quotidien un grand nombre d’épices et aromates tels que poivre, coriandre, cumin, cannelle, cardamome, baies rouges, piments etc. qui s’ajoutent à nos aromates régionaux. Ils sont réputés pour leur action bénéfique sur les mécanismes d’assimilation.
⇪ Excès de fer ?
La consommation de crudités, qui peuvent se réduire à quelques branches de persil, facilite l’assimilation du fer d’origine végétale (voir Lynch SR & Cook JD, 1980N24). Ce n’était peut-être pas une pratique optimale dans mon cas en raison d’un possible excès de fer. Mon taux de ferritine n’avait pas été mesuré à l’époque — les médecins que je consultais étant peu informés sur la question — mais plus tard le test a révélé des taux de 280 puis jusqu’à 537 ng/ml… Même en l’absence d’hémochromatoseN25 dont le diagnostic nécessiterait d’autres analysesN26, ou d’autres indicateurs d’inflammationN27 chronique (voir arbre de décisionN28), un taux de fer trop élevé — associé à un taux de ferritine > 150 ng/ml — pourrait avoir un impact négatif sur la santé, si l’on en croit le site Iron DisordersN29, voir plus bas…
Donner son sang contribue certainement à la baisse du taux de fer. C’est ce que recommande P.D. Mangan (2016) : Dumping Iron : How to Ditch This Secret Killer and Reclaim Your HealthN30. Toutefois, en France, le don de sang n’est pas accepté après un incident coronarien…
Si l’excès de fer est confirmé, on peut envisager de consommer des aliments diminuant l’assimilation du fer, par exemple des laitages avec un repas de viande, des céréales complètes, légumineuses et noix riches en acide phytiqueN31, du thé ou du café après le repas, du vin rouge etc. Toutefois, les laitages frais (qui contiennent du lactose) perturbent l’assimilation des acides aminés au point de rendre désagréable la consommation de viande. Quant aux céréales et légumineuses, elles ont d’autres inconvénients — discutés ici et ici mais pas évoqués en chrono-nutrition®.
En automne 2017, mon taux de ferritine était redescendu de 537 à 432 ng/ml en seulement un mois, résultat que j’ai attribué à la consommation quotidienne de gélules de curcumineN32 et pipérineN33. Toutefois, je n’ai pas pu reproduire ce résultat cinq ans plus tard. De plus, je n’approuve pas la consommation de ce mélange en dehors d’un cadre thérapeutique, sachant que le curcuma est un des végétaux les plus riches en oxalatesN34 dont les cristaux peuvent s’accumuler de manière pathologique dans le thymus, les reins, les vaisseaux sanguins, les testicules, le cerveau, les yeux, la thyroïde et les seins (Wahl R et al., 1993N35). Le dépôt de cristaux d’oxalate dans le tissu mammaire a également été documenté dans de nombreuses études, et il est associé à des lésions précancéreuses connues sous le nom de carcinome lobulaire in situN36 (Gonzalez JE et al., 1991N37).

Quelques articles, notamment de Naim Mahroum et al. (2022N38), expliquent que la production de ferritine est un mécanisme physiologique destiné à la régulation du taux de fer dans le sang : s’il dépasse un seuil, il est alors stocké dans une cage de 24 protéines (l’apoferritine, voir image) pour être restitué en cas de besoin. Si la personne est anémique, à l’inverse, la ferritine sert à transporter du fer aux organes qui en manquent. Un taux élevé de ferritine ne serait donc que le marqueur (à surveiller) d’un fonctionnement inhabituel du métabolisme du fer.
⇪ Répondre à ses besoins

Quand on me demande de résumer en une phrase ma philosophie en matière de nutrition, je réponds que c’est le refus d’utiliser la nourriture comme instrument de punition et de récompense. À l’instar de nombreux d’obèses, j’ai longtemps oscillé entre des périodes de privation (des jeûnes qui pouvaient durer jusqu’à 4 semaines) et des périodes d’excès (grignotage boulimiqueN39).

Le jeûne était une manière de punir mon corps d’avoir « trop mangé », et le grignotage un effet de compensation par la récompense. Par exemple, un carré de chocolat (ou plus) pour se consoler d’un échec, mais la même chose pour se féliciter d’une réussite… Le chocolat, le flan-caramel ou le pot de miel qui nous attendent à la cuisine sont toujours disposés à nous procurer du plaisir (comme la cigarette). Or une dépendance nutritionnelle est bien plus facile à désamorcer une fois que le corps a été satisfait dans ses besoins.
Sachant que le goût du sucré est inscrit dans notre cerveau depuis la vie fœtale — le liquide amniotique est sucré —, le réflexe inné en cas de demande énergétique est de faire appel à des sucres « rapides ». La chrono-nutrition, comme toute pratique alimentaire faible en glucides, rééduque notre organisme à puiser des calories aussi souvent que nécessaire dans les graisses (cétogenèseN40) — voir mon article Glucides ou lipides ?
Il m’arrive encore de craquer devant une pâtisserie. Je ne m’en prive pas, mais le plaisir procuré par ce défoulement est bien inférieur à ce qu’il était autrefois. Encore moins cette pâtisserie moderne qui n’est plus, sauf rares exceptions, qu’un hideux assemblage de substances industrielles. L’écœurement est vite au rendez-vous, quelle que soit la qualité du produit. La chrono-nutrition fait partie pour moi des approches qui permettent de distinguer entre envie et besoin, par l’attention portée aux sensations plus qu’à des interdictions ou des obligations.
Ce qui suppose d’apprendre à discerner les sensations « primaires » de leur interprétation dans les sphères de l’émotion et du raisonnement… Quels paramètres rendent possible ce discernement ? Cette question fondamentale est au cœur de l’ouvrage Le Corps accordé — Pour une approche raisonnée de la santé et du soin de soi N41 que j’ai co-édité. Je l’aborde aussi, de manière concrète, dans les stages Santé-découverte animés chaque été.

œufs, fromage, riz complet, huile d’olive et boisson
La chrono-nutrition™ n’est pas un « régime » au sens restrictif du terme — voir mon article Nutrition : qui écouter ? — malgré la confusion induite par la proposition d’une pratique « starter » (optionnelle) équivalente à un régime sous-calorique supplémenté en protéines lactiques et en tryptophaneN42. C’est la première phase décrite par Alain Delabos dans son ouvrage Mincir vite et rester mince (Albin Michel, 2011). Pour l’avoir essayée pendant plusieurs semaines, elle n’a eu aucune incidence sur la vitesse de mon amincissement, bien que les témoignages d’autres adeptes soient positifs.
Il reste que les compléments alimentaires (protéines ou tryptophane) achetés en pharmacie ou sur un site spécialisé coûtent cher. Par ailleurs, la consommation de tryptophaneN42 en quantité n’est pas sans risque sur le long terme — voir mon article Compléments alimentaires. Alato Okuno et ses collègues (2008N43) décrivent le tryptophane comme un des acides aminés les plus toxiques.
⇪ Les années suivantes…
Mes mensurations sont restées stables pendant deux ans environ, puis j’ai constaté une remontée des chiffres, jusqu’à 6 kilos supplémentaires trois ans plus tard. Quelle horreur !
Raison principale : je m’étais lâché sur les sucreries au goûter… Après une importante perte de poids, l’insulinorésistanceN44, une des causes de l’obésité, peut céder la place à son opposé : une réponse accrue à l’insuline entraînant un stockage plus facile des glucides en excès dans les cellules adipeuses. Ce qui peut induire un effet yo-yoN45 visible alors qu’on n’a fait que de petits écarts.
Cette remontée s’est stabilisée en avril 2013, mais elle n’a pas été suivie de déstockage en raison de conditions toujours défavorables. La première concernait l’exercice : nous nous sommes installés au village des Mayons où ma marche quotidienne se limitait à un circuit de 2 heures sur la crête d’une colline. Certes, elle comptair 12 000 pas sur une dénivellation importante (environ 300 mètres avec quelques montées abruptes), mais il aurait été plus bénéfique de scinder l’exercice d'endurance dans la journée, comme à l’époque où je marchais pour aller et venir de mon lieu de travail. Deux sorties d’une heure feraient plus d’effet qu’une seule de deux heures.

La seconde mauvaise habitude était ma consommation fréquente de glace industrielle contenant des produits abominables malgré sa prétention à être « artisanale » — voir l’article du Canard enchaîné Des glaces pleines de vide. Glace agrémentée d’une irrésistible confiture de châtaignes — spécialité locale ! Une dose de fructoseN46 qui a pu agir défavorablement sur mon taux d’insuline…
Mon cycle de sommeil s’est trouvé lui aussi perturbé puisque je ne dormais que 6 heures par nuit en moyenne et ressentais de la somnolence le jour.
À cette époque, j’ai lu l’ouvrage de Gary Taubes, FAT – Pourquoi on grossitN47 qui m’a appris sur la relative inutilité de l’exercice d'endurance pratiqué sans discernement (voir extraits).
Il faut souligner que la seule correction de mon régime alimentaire n’a pas relancé le processus de « déstockage » que j’avais connu cinq ans plus tôt, alors que j’étais revenu à une « chrono » conforme aux instructions — y compris pour les quantités de viande. Sur les forums chrono, lorsque des adeptes se plaignent de stagnation ou de régression, après avoir corrigé toutes les erreurs de leur pratique, les experts les orientent vers une thérapie psy, ou encore leur recommandent « de l’exercice » sans donner un sens précis à ces mots… J’aurais tendance à y voir la limite symptomatique de l’effet placeboN4 porté par le charisme de ces experts.
En prenant de l’âge, certains mécanismes s’affaiblissent, qui peuvent conduire à une reprise de poids si l’on manque de vigilance sur les habitudes dont les effets délétères étaient masqués par la vitalité des jeunes années — voir mon article Vivre bien et longtemps et plus particulièrement ce qui concerne la santé mitochondriale, terme malheureusement exploité par de nombreux charlatans ou marchands de suppléments alimentaires… Maintenir un bas niveau d’inflammation systémique chroniqueN48 (« à faible bruit ») exige une plus grande attention au style de vie. À l’inverse, les effets protecteurs de bonnes pratiques deviennent visibles sur le long terme : je suis persuadé que c’est l’apport régulier de vitamines D3 et K2 qui me vaut la remarque du dentiste, chaque année, que ma dentition est « très saine »…
Pour ce qui est du coaching, des thérapeutes de toutes obédiences, confrontés à l’insuffisance de leurs interventions « sur le corps » (nutrition et manipulations), s’orientent vers des pratiques imprégnées de « développement personnel » — une psychologie emberlificotée d’éléments de langage des gourous New-AgeN49. C’est dans l’air du temps au 21e siècle : de nombreuses personnes fragilisées sont en demande d’un tel discours ! Il est plus facile de bercer son auditoire avec des promesses de santé « émotionnelle », « énergétique » (les chakras indiens font de belles illustrations) et, tant qu’on y est, « spirituelle », que de transmettre les fondamentaux d’un entretien de la mobilité, de l’équilibre postural, de la musculature et de la densité osseuse (voir plus bas).
La chrono-nutrition est à présent encadrée et transmise grâce à la formation de chrono-coaches®. Sur la page personnelle du Dr Delabos on peut lire :
Le Chrono-coach® est un spécialiste de l’accompagnement (coach, thérapeute, …) capable de créer un dossier très complet comprenant toutes les caractéristiques de son client. L’ensemble de ces paramètres permet alors de définir :
• un morphotype esthétique
• Un programme adapté à chaque personne, grâce à un système informatisé conçu à cet effet
Le Chrono-Coach® assurera la reprise des mesures permettant de contrôler l’évolution des formes et du poids du client concerné et répondra aux questions des clients sur la Chrono-nutrition©.
Améliorer sa pratique nutritionnelle est sans aucun doute indispensable pour sortir de l’obésité. Une fois la majeure partie du surpoids éliminé, le corps parvient à un équilibre et s’y maintient tant qu’on respecte ses besoins. Le poids d’équilibre n’est souvent pas celui qu’on souhaitait retrouver pour l’avoir connu au début de l’âge adulte — avant que « tout se détraque »… Il est vain d’espérer l’atteindre en agissant exclusivement sur la nutrition ou des compléments alimentaires. Si l’on adopte un régime déficient en calories, on perd encore du poids, mais souvent par une diminution de la masse musculaire (obésité sarcopéniqueN50) qui peut même finir par altérer le muscle cardiaqueN51. Dans tous les cas on s’expose à un retour désagréable à l’état initial (ou pire) par effet yo-yo.
⇪ L’exercice
La recommandation « faites de l’exercice », inscrite dans les ouvrages d’Alain Delabos ou énoncée par de nombreux médecins, ne me paraît pas assez claire sur les formes d’entraînement et leur mise en œuvre.
Grâce au Dr Philip Maffetone (2015N52) et à Mark Sisson et Brad Kearns (2016N53), j’ai appris bien plus tard la pratique et le dosage de l’exercice d'endurance qui, allié à l’entraînement fractionné de haute intensité et/ou l’entraînement musculaire MAF, permet d’achever (et consolider) les transformations initiées par un changement de mode nutritionnel.
On ne cherche plus à « perdre du gras » mais à renforcer sa musculature ainsi que la densité minérale osseuseN54 et la mobilité des articulations, tout en améliorant sa santé. Hahn et Eades (The Slow Burn Fitness RevolutionN55 p. 20, voir d'autres extraits dans mon article) écrivent à ce sujet :
Les muscles que vous utilisez en vous exerçant ont besoin du plus de sang, consomment le plus de sucre et de gras en tant que combustibles, produisent le plus de chaleur, et demandent le plus d’énergie de tous les systèmes du corps. Non seulement le système musculaire est l’organe le plus grand, le plus consommateur d’énergie, le plus producteur de chaleur dans le corps, mais c’est aussi le seul dont vous puissiez améliorer directement le fonctionnement par le biais de l’exercice.
L’exercice d’endurance peut mettre en place une « machine à manger des graisses » sous la seule condition d’être correctement dosé (fonctionnement aérobie maximum). Voir les principes de la formule « 180 – votre âge » et le « MAF test » dans mon article. Cerise sur le gâteau, le sprint, lui aussi soigneusement pratiqué, achève de brûler les kilos en trop — voir mon article.
Toutes ces pratiques ont été conçues par des entraîneurs d’athlètes professionnels (aujourd’hui âgés), mais elles s’adaptent parfaitement aux gens « ordinaires » en raison du dosage en intensité, en vitesse et en fréquence de chaque exercice. Des expériences en maison de retraite ou auprès de personnes en déficit de mobilité confirment leur pertinence. Pour les enfants, ne pas intervenir, si ce n’est de les encourager à jouer avec les plus « turbulents » !
⇪ Un nouvel équilibre
Grâce aux sources anglophones étayées par des données scientifiques, j’ai acquis une vision plus pratique et efficace — que d’aucuns désigneraient comme « empirique et holistique » — du maintien de la santé. C’est la raison d’être de ce site et de mes interventions dans les stages "Santé - découverte".
La difficulté de reproduire un mécanisme de perte de poids est liée à une diminution du métabolisme de baseN56 mesuré par la dépense d’énergie au repos (resting energy expenditureN57) qui est fonction du poids de la personne. Autrement dit, plus on est mince moins on aurait besoin d’apport énergétique. Ce processus est appelé thermogenèse adaptative (voir N58). Toutefois, cette diminution est extrêmement variable selon les individus, comme le montre l’étude de Rosenbaum M et al. (2008N59) : dans un groupe de sujets ayant perdu 10 % de leur poids, la dépense d’énergie au repos était moins importante que prévu, variant d’une diminution de 417 kcal/jour à une augmentation de 76 kcal/jour.
À la lumière de ces observations, j’ai corrigé mes erreurs en réduisant progressivement la consommation de glucides (pas plus de 25 g de fructose par jour) puis en pratiquant le demi-jeûne fractionné et l’entraînement fractionné de haute intensité. Ce dernier, en particulier, a profondément modifié mon schéma corporel.
J’ai augmenté la diversité des apports alimentaires pour améliorer l’assimilation du sélénium, des protéines etc. Voir « Les combinaisons chronométrées des aliments » dans Jean-Marie Bourre, La Chrono-diététique (2013N60, p. 183–184).
J’ai ramené ma consommation de viande au niveau des premières années en augmentant légèrement les quantités de graisses pour abaisser le taux d’insuline et faciliter ainsi le déstockage des triglycéridesN61. Ma glycémie était en effet un peu supérieure à 90 mg/dl après un jeûne nocturne de 12 heures, indication possible d’un excès de protéines en rapport avec l’activité physique — voir l’article Insulin, Glucagon, and Fat MetabolismN62 et la pondération des quantités dans mon article Protéines.
Grâce à un apport régulier d’oméga 3N63, mon équilibre nutritionnel est aujourd’hui proche d’un régime méditerranéenN64 supposé prévenir les accidents cardiovasculairesN65. Les années de pratique n’ont cependant pas empêché la formation de plaque d’athéroscléroseN66 accumulée en 30 ans de mauvaises habitudes, qui a déclenché un syndrome coronarien aiguN67 fin 2016 — voir mes articles Je suis à l'hôpital ! et Soigner ses artères.
Suite à la lecture de l’ouvrage (simpliste) Brain Maker de David Perlmutter (2015N68) puis de quelques articles sur le microbiote intestinalN69, j’ai rendu mon alimentation quotidienne plus riche en probiotiquesN70 et prébiotiquesN71, mais sans supplémentation : nous avons fabriqué quelque temps du kéfirN72 ou du kombuchaN73 pour une consommation modérée. Ce choix n’est pas sans conséquence car certains probiotiques ont pu contribuer à une (re)prise de poids (Raoult D, 2012N74). L’abstinence de yaourt pendant la période de perte de poids est donc une saine précaution — voir plus bas.
Diminuer le sel faisait partie de nos changements nutritionnels — pratique contestable aujourd’hui, voir mon article Le sel est-il notre ami ? — mais j’ai découvert plus tard qu’il était plus pertinent d’augmenter le rapport potassium sur sodium en consommant assez d’aliments riches en potassium : légumineuses (notamment les haricots blancs), tubercules et plantes racines etc. La diminution de sel (artificiellement enrichi en iode) peut être compensée par une consommation d’iode issue de produits marins : poissons, crustacés, œufs de poisson (sans additif) et alguesN75.
Enfin, j’ai augmenté mon taux de vitamine D grâce à une exposition au soleil de l’été, tout en veillant à un apport suffisant de vitamine K2 par du nattōN76 ainsi qu’un peu de yaourt de chèvre ou de brebis. L’exclusion du yaourt en chrono-nutrition, sur le long terme, me paraissait en contradiction avec une méta-analyse de 15 études (Lee et al., 2018N77) montrant qu’une consommation modérée (100 g/jour) diminuerait de 18 % le risque de syndrome métaboliqueN78 incluant l’hyperglycémie, une pression artérielle élevée, un excès de triglycérides et un taux insuffisant de HDL. Toutefois, quelques années plus tard, j’ai constaté qu’une consommation, même modérée, de yaourts (nature bio) induisait une nette prise de poids qui pourrait être liée à la modification du microbiote intestinal ; j’ai donc mis un terme à cette consommation d’aliments délicieux mais pas plus nécessaires que des éclairs au chocolat !
La nécessité de l’abolition, en chrononutrition, des produits laitiers autres que les fromages affinés — bien entendu, après l’âge de 24 mois — a été très clairement exposée sur une vidéo d’Alain Delabos (2020N79). Il explique, entre autres, que le principal problème est le lactoseN80, un sucre contenu dans le lait avant l’affinage. Outre son pouvoir glycémisant, sa digestion nécessite la production de lactaseN81 dans l’intestin grêle — fortement réduite chez de nombreux adultes qui ne peuvent pas digérer le lait. Or le lactase est inhibiteur de protéasesN82 nécessaires pour la digestion des protéines de la viande ; ce qui explique que de nombreuses personnes qui consomment des produits laitiers frais « n’aiment pas la viande ».
La combinaison de ces corrections m’a permis de retrouver un cycle de sommeil de 7 à 8 heures sans interruption. Mon taux de vitamine D est remonté de 13 à 28 ng/ml. Pendant l’hiver 2015–2016, six mois de supplémentation en vitamine D3 (à raison de 50 000 UI/semaine) m’ont permis d’atteindre le taux de 44 ng/ml, et six mois supplémentaires à 25 000 UI/semaine m’ont amené à 60 ng/ml. Par contre, le taux d’acide urique est resté de 6 mg/dl, légèrement plus que la limite (5.5) fixée par Dr Johnson (2010N83) comme marqueur de toxicité du fructose.
Pour pratiquer le demi-jeûne fractionné sans perturber les cycles biologiques, je réduis la prise de nourriture en supprimant les glucides à midi (remplacés par des crudités ou des légumes verts), je supprime le goûter et remplace le dîner par 2 capsules de 500 mg d’huile de krillN84.
Confronté à un surpoids acquis pendant un séjour en Auvergne, j’ai récupéré rapidement avec une diète cétogèneN85 en accord avec les bases de chronobiologie présentées ici — voir mon article Diète cétogène - expérience.
Ma pratique actuelle, toujours dans le respect des cycles chronobiologiques, s’inspire en partie du régime carnivore selon P. Saladino — voir mon article. Toutefois, des précautions supplémentaires ont été mises en place en 2022, après un examen spécialisé, pour combattre des proliférations bactériennes — article à venir.
⇪ Abolition du grignotage
Ce que j’ai découvert avec émerveillement, dès les premiers jours de pratique de la chrono-nutrition, et qui s’est maintenu depuis, est la fin de toute envie de grignoter. Je réalise qu’autrefois j’étais perpétuellement en demande d’apports caloriques, de préférence sous forme de sucres rapides. J’en étais même venu à « siffler » un kilo de miel par mois, sous prétexte que « ce n’est pas du sucre » alors qu’il contient en moyenne 70 % de fructose avec un risque d’addictionN86 !
J’ai réalisé que la plupart des humains, dans une société d’abondance, consomment des aliments pour se couper la faim au lieu de se nourrir. C’est très visible — je me revois dans ce comportement — chez des adeptes de régimes restrictifs invités à partager une table où sont exposés des aliments « interdits », suscitant chez eux un mélange de frustration et d’indignation…
La consommation compulsive déclenche un signal de récompense, mais le plaisir est de courte durée car les besoins réels n’ont pas été satisfaits. Une personne qui grignote est bien souvent carencée (voir articleN87). Si l’on retrouve l’envie de grignoter après avoir modifié son alimentation, il me paraît plus pertinent de s’interroger sur d’éventuelles carences que d’invoquer une cause comportementale.
Des enfants livrés à eux-mêmes passent leur temps à picorer des aliments avec satisfaction immédiate s’ils ont accès au frigo ou à des sucreries. Certains y retournent sans relâche car leurs vrais besoins ne sont jamais comblés. La faim ressentie par un boulimique peut correspondre à une carence réelle. D’où l’importance de s’offrir des repas à intervalles réguliers avec de véritables aliments dont on ajuste la nature et les quantités tant que les cycles de faim et de satiété ne sont pas réguliers.
La régulation des périodes de prise de nourriture n’est pas seulement un facteur de sociabilité. Son importance est confirmée par l’étude de Chaix A. et al. (2014N88) Time-Restricted Feeding Is a Preventative and Therapeutic Intervention against Diverse Nutritional Challenges que j’ai présentée en lien avec le demi-jeûne fractionné — voir mon article Jeûne et restriction calorique.
⇪ De la mesure dans les mesures !

Je disais avoir entrepris la chrono-nutrition comme une « expérience scientifique ». Occasion d’ouvrir une parenthèse au sujet des mesures et mensurations…
Il est recommandé aux personnes souhaitant perdre ou prendre du poids de se peser une fois par semaine et de mesurer leurs tours de taille, de hanches et de poitrine. Ces mesures sont assez simples pour qu’une personne peu qualifiée les réalise de manière correcte.
Les mensurations évoluent relativement lentement. L’effet sur le long terme du changement se mesure au serrage des vêtements et aux crans de ceinture modifiés (sans tricher), sans oublier les regards approbateurs (ou apitoyés) de son entourage…
Pour le poids, la réalité est plus complexe. Perdre du poids ne signale pas automatiquement un amincissement. En effet, si l’on prend soin de compléter la chrono-nutrition par de l’exercice — pour utiliser à bon escient les protéines fournies à l’organisme — on finira par « faire du muscle » tout en perdant de la graisse. Les muscles étant 25 % plus denses que les tissus adipeux, la perte de poids peut être moins importante qu’on s’y attendait.
Autre cause de mauvaise interprétation du diagnostic de la balance : avant de perdre de la graisse, on élimine beaucoup d’eau stockée dans l’organisme, ce qui explique la rapide diminution de poids des obèses en début de traitement, et la nécessité d’un complément vitaminique. Cette perte d’eau est d’ailleurs une aubaine pour les escrocs qui vendent une méthode d’amincissement ou de la poudre de perlimpinpin : une cliente/victime s’extasie d’avoir perdu 3 kilos en un mois après avoir suivi un coaching intensif ! Ce n’est pas sérieux.
Une mesure plus pertinente de l’amincissement est l’indice de masse grasseN89 de l’organisme que l’on peut mesurer indirectement avec un moniteur de perte d’adiposité. Malheureusement, je n’ai pas trouvé d’appareil de mesure fiable à un prix abordable.

Le plus surprenant est que notre poids peut varier considérablement d’un jour à l’autre. J’ai observé des variations, dans les deux sens, jusqu’à 1.5 kg sur 24 heures… L’observation était fiable car, si l’on s’hydrate uniquement pendant les repas (en hiver) donc à heures fixes et en quantité calibrée, on ne peut pas attribuer ce changement à un défaut ni un excès de boisson. Elle correspond probablement à une variation de la réserve d’eau dans le corps, mais pas à un ajout ni un manque accidentel.
Ces fluctuations quotidiennes justifient qu’on ne se pèse pas tous les matins, car il serait déraisonnable de s’extasier (ou s’effrayer) de quelques centaines de grammes de différence étant donnée l’irrégularité de cette quantité. On se pèse donc chaque semaine, mais je crois judicieux de refaire une seconde mesure à 24 heures d’intervalle pour garder la moyenne des deux. Ou encore de calculer la moyenne sur une semaine de mesures quotidiennes.
Enfin, il ne faut pas accorder une confiance excessive aux balances à affichage numérique car les modèles bas de gamme sont d’une imprécision redoutable. Utiliser une balance de la meilleure qualité sur un sol parfaitement plat (quatre points de contact) et monter deux fois de suite sur le plateau pour s’assurer que la lecture est inchangée.
⇪ Une exigence de qualité
⇪ Viande

Source : N90
La viande rouge d’élevage industriel est tout simplement impropre à la consommation, issue d’animaux rendus malades par une alimentation aux céréales qui leur est inadaptée — voir N91 et vidéoN92 sur le marketting. Par ailleurs, environ 40 % de la viande de bœuf consommée en France l’est sous forme de steak haché. Or il faut savoir que, lorsque cette viande n’est pas préparée devant le client, elle est le plus souvent issue de minerai de viandeN93 pauvre en protéines assimilables et de traçabilité douteuse. Cela même en bio estampillé ‘AB’. Il est donc indispensable de s’en tenir à la viande de pâturage n’ayant subi aucune transformation.
Dans un supermarché en 2019, je vois du filet de bœuf français vendu 22 € le kilo contre 10 € pour un produit « équivalent » importé d’Allemagne. Il suffit de comparer leurs textures pour constater que le second, avec ses fibres graisseuses, est issu d’animaux nourris aux céréales.
⇪ Fromages
Parmi les produits laitiers, il est important de consommer en priorité des fromages fermiers au lait cru dans lesquels les probiotiquesN70 sont préservés. Il n’est pas évident qu’ils survivent à leur passage dans le milieu très acide de l’estomac ; une autre raison de les préférer est que la pasteurisationN94 détruit 90 % de la phosphataseN95, une enzymeN96 nécessaire à l’assimilation du calcium. L’affinage élimine le lactoseN80 qui est mal toléré par certaines personnes.
Le fromage est un privilège du marché français dont il serait regrettable de se priver. Mes favoris, en France, sont le Comté, le Roquefort, le Cantal, le brie de Meaux, le Mont-d’Or, le Morbier, le Saint-Nectaire, le crottin de Chavignol, la tome de Savoie, les Picodons etc., tous au lait cru…
⇪ Autres critères de qualité
Ces considérations sur la qualité des produits me paraissent incontournables pour une approche de la chrononutrition (au sens générique du terme). Se battre contre l’élevage industriel et la maltraitance des animaux en prônant un retour à l’élevage fermier et au pâturage me paraît un enjeu économique, écologique et éthique incontournable — voir l’exposé sur un blogN97 et le site de CWFN98. Surtout au moment où les filières françaises du lait et de la viande — déjà majoritairement productivistes — sont menacées de disparition au profit d’exploitations étrangères encore plus industrielles et « compétitives ». Cette industrialisation ne fera que dégrader un peu plus la qualité des produits et la santé des consommateurs…
Consommer du pain au levain bio (donc avec une farine garantie sans ajout de gluten) est très facile en Europe. Certaines marques distribuent même ce pain (farine de fromentN99 ou d’épeautreN100) sous une forme prête à cuire. C’est ainsi qu’on peut minimiser le taux de gluten (voir articleN101) et se dispenser des pesticides…
À cela il convient d’ajouter une mise en garde contre le danger de consommer sans discernement des produits affectés par une pollution chimique qui peut avoir de graves effets sur la santé. C’est le cas notamment des perturbateurs endocriniensN102 au sujet desquels un avertissement à l’intention des femmes enceintes a été publié par International Federation of Gynecology and Obstetrics (FIGON103) après un second rapport de Endocrine SocietyN104 qui concerne toute la population (Di Renzo GC et al., 2015N105 ; Gore AC et al., 2015N106 ; voir article en françaisN107). Je trouve choquant d’entendre certains médecins balayer du revers de la main les efforts de leurs patient·e·s de consommer « bio » comme s’il s’agissait d’une lubie de « bobo ». Il est heureux que ce souci de qualité soit clairement revendiqué aujourd’hui par des groupes de discussion sur la chrono-nutrition®.

En 1960, les ménages français dépensaient 37 % de leur budget en alimentation. En 2007, cette part était déjà réduite à 21 %. Aujourd’hui elle n’est que de 7 % en Allemagne. Ces chiffres expliquent en grande partie la difficulté à privilégier la qualité des aliments sur leur prix. John Ikerd explique que nous ne payons pas le prix réel quand nous achetons de la nourriture bon-marché (voir vidéoN108). Or la chrono-nutrition® permet de mettre l’accent sur la qualité en optimisant l’apport nutritionnel. Je n’ai aucun scrupule à consommer chaque jour en moyenne 50g de pain (bio au levain), 10g de beurre (bio), 60 à 70g de fromage (affiné artisanal au lait cru), un œuf (bio) et 100g de viande rouge (labélisée) — au total environ 65 grammes de protéines, correspondant à 0.9 grammes par kilo de poids corporel — voir mon article Protéines…
⇪ À titre de conclusion…
Je peux dire que la chrono-nutrition® a été un succès à tous points de vue pour l’amélioration de ma santé. Il faut toutefois rappeler que je l’ai dès le départ associée à l’exercice d'endurance quotidien et, plus récemment, à l’entraînement fractionné de haute intensité puis au demi-jeûne fractionné. D’autre part, je suis attentif à la qualité des aliments, un peu négligée dans les premiers écrits sur la chrono-nutrition. Enfin, je n’ai utilisé aucun des « produits dérivés » — barres protéinées aux arômes artificiels, protéines lactiques avec édulcorants etc. — que les experts recommandent pour régler divers problèmes.
Ma conversion au végétarismeN16, à 19 ans, était en grande partie une réaction au conformisme que je reprochais à mes parents et contre « le système » en général. Il s’agissait de ne pas « cautionner » la mise à mort d’animaux, mais la posture avait pris le pas sur la pratique. Ce qui est nouveau pour moi avec la chrono-nutrition telle que je l’ai intégrée à mon mode de vie, est qu’on ne peut pas l’ériger en posture. La pratique est quasiment invisible car au sein d’un groupe les choix « chrono » sont interprétés comme une question de goût : « Non merci, je ne prendrai pas de dessert ! » (à midi). Ou encore, les personnes que l’on invite à partager un repas ne se rendent pas compte que le menu est conforme à des règles nutritionnelles précises, mais assez flexibles pour laisser de la place à l’inventivité — le joker permet même de s’affranchir de toute règle : « Oui, vous pouvez apporter du vin et des pâtisseries ! »
La seule chose qu’on puisse montrer sans nécessairement en faire l’étalage, c’est être en bonne santé à tout âge, avec de l’énergie et une silhouette harmonieuse, plutôt que se donner l’apparence d’un être doué de « conscience » sous le couvert de son engagement éthique.
Puisqu’il est question de « santé », je tiens à souligner que la pratique ainsi décrite est destinée à des personnes « en bonne santé » — en dehors d’un surpoids. Seul un bilan médical permet de valider ce choix ; n’oublions pas qu’elle a été mise au point par un médecin ! Aujourd’hui (2022) ce bilan ne se réduit pas à quelques marqueurs sérologiques : par exemple (dans mon cas) la détection de dysbiosesN109 a entraîné l’évitement de certains aliments qui sont autorisés (ou tolérés) en chrono-nutrition®.
Cela dit, chacun pourra remarquer que, telle que décrite et moyennant les précautions sur la qualité des aliments, il est difficile de pratiquer la chrono-nutrition® hors d’Europe. Dans de nombreuses régions du monde — comme au Canada et dans plusieurs états des USA — les produits au lait cru sont par exemple interdits à la vente. Les fromages n’existent quasiment pas en Extrême-Orient. Il faut donc trouver d’autres sources d’acides gras essentiels, calcium, vitamines, protéines et autres nutriments. Elles existent, bien entendu…
Je ne remets pas en cause cette pratique mais je tiens à souligner qu’elle a été essayée et optimisée dans un périmètre géographique précis. Il serait aussi difficile (coûteux et inefficace) de suivre à la lettre les préconisations de la chrono-nutrition (à la française) dans un pays d’Afrique subsaharienne, par exemple, que de prétendre appliquer en France le « régime d’Okinawa » qui (selon la légende urbaine) produisait des centenaires dans une île japonaiseN110 — voir mon article Okinawa, îles de rêve(s).

Photo de l’auteur.
Dans certains pays comme l’Inde, consommer de la viande rouge est un luxe aux effets aléatoires, de par sa rareté, le prix et la mauvaise qualité de l’approvisionnement, sans oublier l’inadéquation au climat et le rejet culturel. Il faut aussi savoir qu’une population accoutumée à une alimentation à dominante végétarienne depuis de nombreuses générations possède des gènes facilitant la conversion des oméga 3 absents dans son régime à partir de leurs sources végétales, de sorte que recommander aux Indiens un régime riche en graisses animales serait inapproprié — voir l’étude de Kothapalli KSD et al. (2016N111), explication ici : N112.
Lors de mes séjours au Maharashtra, je privilégie une nourriture végétarienne proche de celle des villageois qui consomment des protéines végétales sous forme de nombreuses variétés de lentilles et de galettes de milletN113. Et je souris (avec un milliard d’Indiens) en pensant à Alain Delabos qui avait un jour déclaré qu’il n’y a de végétarien heureux qu’obèse…
Pour rester mince et en pleine forme dans un pays étranger, la solution la plus raisonnable me paraît être de se nourrir comme les autochtones du même âge sveltes et en bonne santé !
⇪ ▷ Liens
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Article créé le 19/09/2015 - modifié le 13/04/2024 à 14h58
12 thoughts on “Chrononutrition – mon expérience”
Merci pour ce témoignage d\’une rare (trop rare hélas!) objectivité.
Docteur Alain Delabos
Merci pour cet avis favorable ! Bien entendu, l’article a évolué depuis cette date (et continue d’évoluer) de sorte que je ne peux pas être certain que toutes les propositions sont en accord avec votre enseignement.
Bonjour, et merci pour votre article très complet que je like et met en favori.
je m’appel Sam, la trentaine et j’étais monté à 95/96 kg pour 1m74…Après les régimes à compter ses calories, le sport à haute dose mais avec une alimentation trop light, on m’a parlé de la chrono.
J’ai commencé la chrononutrition depuis novembre 2015 et aujourd’hui, je suis à 84kg dejà (-11kg). Et je mange mieux, voir plus qu’avant sans n’avoir jamais faim en rentrant le soir du boulot.
J’ai publié régulièrement sur mon fb mes avancées et surtout les plats que je cuisine grâce aux recettes de son bouquin très bien fait.
A force de faire baver d’envie mes copines qui me voit dévorer et maigrir, et à leur demande, j’ai réalisé un blog ou je relate à ma manière mon experience de la chrononutrition au fil du temps.
Le blog est récent, mais déjà 7 articles et je vais prochainement l’étoffer avec les photos et recettes des plats.
Ceux et celles qui veulent découvrir sous un autre angle la chrononutrition, vous êtes bienvenue. Je ne gagne rien à celà, juste le plaisir de savoir que celà peut aider d’autres personnes à mincir comme moi !
https://machrononutrition.wordpress.com
Sam
Votre blog est très intéressant. La démarche que vous avez eue illustre bien les limites de l\’injonction \”manger moins et bouger plus\”… Déjà parce que les coaches font la confusion entre l\’exercice d\’endurance (cardio) et l\’entraînement fractionné de haute intensité, qui n\’ont pas du tout les mêmes effets bien qu\’ils aient chacun leur utilité ; depuis quelques mois je combine les deux et j\’espère bien être sélectionné aux prochains JO, ouarf
Ensuite l\’expérience \”weight watchers\” qui aboutit souvent à un échec parce que le corps finit par crier famine et on laisse tomber avec un sentiment d\’échec, en ayant perdu de la masse musculaire plutôt que du gras – ce qui d\’ailleurs peut endommager irréversiblement le cœur ! C\’est une bonne idée d\’avoir un appareil pour mesurer le taux de masse grasse dans l\’organisme, ça évite de loucher en ne regardant que le mètre de couturière…
Le bouquin d\’Alain Delabos est très bien fait. La méthode ne coûte donc pas plus que 16 euros si on sait bien lire. Ça n\’interdit pas de faire quelques adaptations personnelles, si on maîtrise bien le pourquoi et si on en vérifie concrètement les effets.
Vous et moi avons 30 ans de différence mais nos expériences convergent, ce qui n\’est pas surprenant vus les nombreux travaux scientifiques qui font apparaître l\’intérêt de cette méthode. Elle ne convient pas forcément à tout le monde sous cette forme, mais quand elle convient les résultats sont impressionnants et durables !
Bonjour,
Merci de cet important travail de restitution et documentation de vos cheminements et expériences personnels avec, il m’a semblé, une véritable intention d’objectivation et, peut-être, de déculpabilisation eu égard à votre conclusion.
De formation scientifique, j’ai également mené de mon côté durant des années des recherches en la matière concernant la santé et le régime alimentaire de mon épouse atteinte jeune d’une polyarthrite sévère et mon propre régime.
Je suis une alimentation végétarienne depuis 9 ans dont végétalienne depuis 6 ans, sans carences détectées par les professionnels de santé (médecins nutritionnistes spécialisés ou non). Et je suis en très bonne forme vu mes conditions de vie intenses et très mobilisantes des 4 dernières années.
Je connais personnellement plusieurs dizaines de personne ayant opté pour une alimentation végétarienne ou végétalienne, certaines depuis plus de 30 ans, en très bonne santé, tant sur le plan de l’apparence physique que selon les critères de diagnostic de la médecine contemporaine (selon leurs médecins). C’est d’ailleurs leur rencontre qui m’a montré par leur exemple vivant que je pouvais passer à ces choix alimentaires sans danger, aux précautions près concernant certaines carences potentielles (vraies également en alimentation carnée), alors que je n’osais pas jusque-là du fait des nombreuses croyances populaires (y compris chez les professionnels de santé).
Effectivement, outre des principes généraux, le choix de l’alimentation est influencé par les spécificités physiologiques de chacun. Je connais par exemple certains végétaliens en difficultés mineures et majeures, malgré une alimentation a priori identique et au moins très analogue à leurs semblables.
Je n’ai rien contre les personnes qui mangent de la viande, au titre de la difficulté que chacun peut avoir à maîtriser son corps et ses comportements, notamment alimentaires, liés à de nombreuses composantes psychiques. Je me détourne en revanche de toute intention persistante basée sur la mauvaise foi.
À cet égard, deux points essentiels me semblent manquer aux propos rencontrés sur le végétarisme et le végétalisme, avec ou sans recherche d’objectivation (il est certes bien difficile en la matière d’être complets).
Et c’est justement parce que ces deux points mettent (d’expérience) tous les acteurs de la nutrition (professionnels de santé, éleveurs, agro-industriels et patients/clients) face à leur responsabilité de choix d’être un humain conscient ou volontairement ignorant, comme vous le mentionnez trop brièvement de mon point de vue.
1 – Le régime végé* n’est pas une question d’éthique, qui concerne les jugements de valeur morale. Il s’agit de la compréhension profonde de l’égalité de droit de tout animal au même titre que l’animal humain ou que les animaux humains entre eux (et elles …). Cette compréhension est une question de conscience mobilisant toutes les composantes de l’être. Elle ne relève pas seulement de l’utilisation exacerbé de l’instrument mental humain qui s’exercerait à discerner la vérité dans un exercice purement intellectuel. Faut-il encore bien se connaître pour accéder à toutes ces composantes … or il existe à notre époque occidentale atteinte de déviance mentale généralisée par de nombreux facteurs, tout pour réapprendre à se connaître, sur toute la surface de la planète.
L’humain est bien, à ce jour, le seul animal à pouvoir disposer de cette capacité de libre choix d’adaptation conscient et volontaire de ses comportements vis-à-vis de son environnement. Et beaucoup d’entre nous disposent de toutes les conditions de vie et caractéristiques physiologiques qui permettraient de passer à une alimentation végétale.
Une fois l’intention lancée, cela reste plus ou moins facile selon la physiologie et les conditions de vie de chacun-e, d’autre part également utilisés comme prétextes à l’absence de volonté de changement (facteurs psychiques pourtant maîtrisables).
2 – Sur un horizon de moyen/long terme, il me semble parallèlement important de reconnaître le rôle fondamental des mécanismes expliqués par l’épigénétique, récemment découverte par l’intellect humain scientifique et encore peu connue, bien que très prometteuse, de l’intellect médical et populaire.
Cette faculté, pour les êtres vivants, de transmettre éventuellement à leur descendance une caractéristique acquise au cours de leur vie ou encore de la perdre alors qu’elle a été héritée, influe directement sur la nature de nos comportements, des plus physio-dépendants au plus intellectuellement sophistiqués.
Ainsi, si cela peut être plus difficile pour certains corps, il reste possible de revenir des choix alimentaires privilégiés de génération en génération depuis des siècles par facilité (et peut-être plus récemment par propagande politico-médico-agro-industrielle). Heureusement d’ailleurs, car une partie d’entre nous serait sinon condamnée au cannibalisme des néandertaliens.
Les détails de ces deux points étaient déjà bien représentés et synthétisés par Rabelais dans sa formule “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.”, de Gargantua à propos de l’éducation de Pantagruel.
La conscience de l’impact de notre régime alimentaire est, pour beaucoup d’entre nous, l’un des fondements d’une approche universelle et paisible du monde vivant impartie à l’Homme, seul sur Terre à avoir été doté des qualités requises pour en prendre la responsabilité.
Ce qui nous renvoie chacun-e à recadrer consciemment nos réflexions quant à notre santé et à notre perception de notre bien-être “naturellement” égocentriste, puis à nos intentions et choix de comportements qui influenceront les prochaines générations que je souhaite nombreuses à vivre en paix, tant chez les humains que chez les autres animaux.
Un site avec une belle intention d’objectivation dépassionnée sur la question : http://www.eleusis-megara.fr/arguments-contre-le-vegetarisme/
Bonjour,
N’ayant pas vu d’alerte sur ce commentaire, je l’ai découvert aujourd’hui, ce qui explique mon retard…
Merci d’avoir exposé avec beaucoup de soin votre parcours personnel et vos choix en matière de nutrition. Il y aurait beaucoup à débattre sur ce sujet, quelques points peuvent être soulignés dès maintenant.
1) Je vais pleinement dans votre sens pour ce qui est de reconnaître la diversité des individus, autrement dit de leurs capacités et besoins reconnue par l’épigénétique et les études sur le microbiome. Voir par exemple l’étude sur la glycémie de ZeeviD. et al. dans ma page “Nutrition : qui écouter ?”
Les travaux en épidémiologie cherchent à établir des “preuves statistiques”. On peut discuter leur pertinence lorsque les groupes d’essai ne sont pas correctement caractérisés et segmentés. La disparité des résultats est donc une conséquence de cette difficulté à définir des groupes homogènes, par méconnaissance des critères significatifs. Les méta-analyses ne font que renforcer ce nivellement.
2) Chacun a ses propres “statistiques” (plutôt qualitatives) pour se rassurer de ses choix. Vous connaissez des végétaliens de longue date actifs et en bonne santé, mais moi j’ai vu surtout des jeunes femmes au vieillissement spectaculaire après quelques années de pratique : peau sèche et ridée, dépression chronique, caries dentaires, boulimie ou anorexie. Plus récemment, d’autres qui deviennent obèses, peut-être en raison d’une plus grande insensibilité de l’insuline. Certes, ça arrive à des “omnivores”, mais celles auxquelles je pense étaient parfaitement en équilibre avant de changer leur mode de vie.
3) On ne peut donc pas décréter ce qui est préférable à partir de l’observation de quelques cas. Sinon on tombe dans le biais du “grand-père qui a vécu 98 ans sans cancer alors qu’il fumait trois paquets par jour”. Mais affirmer que tel ou tel choix est préférable “dans la majorité des cas” n’est qu’un aspect de la prise de décision d’un individu particulier. Typiquement, dans des choix de longue durée comme végétarisme versus végétalisme, mais c’est la même chose, par exemple, pour décider combien de temps on devrait prendre un anti-agrégant plaquettaire après une angioplastie : quel est le rapport risque/bénéfice pour soi en particulier ?
Et puis, comment on évalue le bénéfice ? Sur un même trajet quotidien un chauffeur a le choix entre l’autoroute et une route départementale sinueuse. Il préfère la seconde pour profiter du beau paysage. Il est probable que le risque d’accident est bien plus grand, y compris pour ses passagers. Mais est-il irresponsable de faire ce choix ?
4) Je ne me suis pas bien adapté aux habitudes culinaires en Inde (13 ans de séjour) malgré ma profonde conviction végétarienne à l’époque. Ce n’est pas seulement une adaptation psychologique car, objectivement, le manque probable de vitamine K2, l’excès de glucides etc. additionnés aux microparticules de la pollution aérienne, ont contribué à obstruer mes artères : calcification, inflammation… Il y a probablement des moyens d’éviter cela (sauf la pollution) et je crois que les Indiens des villes, partagés aujourd’hui entre plusieurs modes de vie traditionnels/occidentaux, devraient chercher leurs propres solutions, par exemple en intégrant les données de la chronobiologie.
5) Ethique et morale ne sont pas identiques. Je parlais de choix éthique — le mien dans la période “végé” — au sens du respect de l’environnement et d’une minimisation supposée de la souffrance animale. Aucune morale, et je ne ressens aucune culpabilité d’avoir modifié mes habitudes pour des raisons de santé et de longévité.
6) La page “chrononutrition – expérience” (ci-dessus) est la seule dans laquelle j’évoque ce choix personnel, uniquement pour illustrer et mettre en contexte les bases théoriques de la chronobiologie de la nutrition. J’évite de suggérer un choix. Les “carnistes” me reprochent de ne pas dénoncer les dérives de pratiques extrêmes, les “végé” me reprochent de ne pas refléter suffisamment leurs idées. Ça m’est égal. Ce qui m’intéresse dans la nutrition est de comprendre les effets biologiques des macro et micronutriments. L’article “Protéines” suggère peut-être que de nombreux végétaliens sont carencés, mais si c’est vrai ils peuvent chercher des solutions et les exposer avec la même rigueur scientifique.
Je n’ai de problèmes qu’avec les gens qui cherchent à imposer aux autres leurs choix, sur des arguments d’autorité (“je sais mieux que vous”) ou de moralité. Par exemple des adeptes de diète cétogène qui prônent de ne consommer que de la viande, juste pour faire ch… les véganes ! C’est crétin comme position, car on peut faire du cétogène même sans viande. Je rejette donc les extrêmes, mais sans pour autant prétendre que le bon chemin est “dans la moyenne”.
Bonjour,
Je me permets de poster ici quelques éléments de mon expérience de la chrononutrition, qui donne suite à la discussion dans les commentaires de la section “Protéines” du blog. J’ai adapté la nouvelle chrononutrition (2018 et 2019) à mes besoins en fonction de la quantité de protéines recommandées (0,83 g/kg/j) pour une personne de mon poids. Les détails de la pondération se trouvent dans la discussion “Protéines”.
Voici le bilan après 4 semaines de chrononutrition adaptée (“diététique”) : Le poids de départ (31/08/2019) était de 104,3 kg. Il est maintenant à 99,5 kg (-4,8 kg). Si l’amaigrissement est assez appréciable, l’amincissement l’est tout autant : -2 cm de tour de poitrine, -4 cm de tour de taille et -3 cm de tour de hanches. Chose intéressante, ma masse maigre est restée stable : 64,9 kg (indice de masse maigre : 20,0 kg/m²). Il ne serait donc pas nécessaire, a priori, de manger surprotéiné pour conserver le muscle, mais il faudrait pousser les observations au-delà de 4 semaines. Par souci de complétude, je dois admettre que j’ai consommé 1 chrono-barre (+ ou – 8 g de protéines) au goûter la dernière semaine pour exacerber l’effet saciétogène des repas.
La chose la moins positive est peut-être que je n’ai pas changé de morphotype à l’issue de ces 4 semaines de chrononutrition. Selon le simulateur utilisé sur les sites officiels de la chrononutrition, je suis toujours un Monastique à tendance Don Camillo. J’utilise toujours les morphotypes pour avoir une base de pondération des quantités de nourriture. Cela n’engage en rien une croyance scientifique en les morphotypes suggérés par le Dr Delabos.
Je vais donc entamer la deuxième phase de mon amincissement, durant laquelle je vais passer progressivement de + ou – 1,06 g/kg/j à + ou – 0,78 g/kg/j de protéines, ce qui va donner la progression suivante en termes de quantités d’aliments :
MATIN :
– 110 g –> 65 g de fromage ;
– 55 g –> 32 g de pain ;
– 4 cc –> 1 cc d’huile d’olive.
MIDI :
– 190 g –> 150 g de viande rouge
ou 220 g –> 190 g de viande blanche
ou 210 g –> 130 g de magret ou filet de canard ;
– 15 cl –> 10 cl de féculents ;
– 10 cl de sauce.
GOÛTER :
– 1 chrono-barre ;
– (si écart – de 6h) : 5 cl de graines oléagineuses non salées ou 1 avocat ;
– (si écart – de 5h) : 1 fruit ou 15 cl de jus de fruit ou 10 cl de compote.
SOIR :
– 170 g –> 125 g de poisson
ou 100 g –> 80 g de viande blanche ;
– 30 cl –> 25 cl de légumes ;
– 10 cl de sauce.
La variation des quantités d’une semaine à l’autre dépend de la comptabilisation ou non de la chrono-barre dans les apports journaliers recommandés en protéines. La barre est comprise dans les calculs en semaines 2 et 4. La variation après deux semaines résulte du passage des quantité d’un morphotype (pondéré) à l’autre. Procéder de la sorte permet de diminuer progressivement les quantités de protéines sur quatre semaines, ainsi que l’énergie absorbée.
J’ajoute ici des éléments de ma propre expérience de la chrononutrition du 01/10 au 27/10/2019. J’en suis à 8 semaines de chrononutrition adaptée aux AJR en termes d’apports protéiques. De 99,5 kg, je suis passé à 97,5 kg en l’espace de 4 semaines, donc -6,8 kg en 8 semaines. Mon impédancemétrie m’indique toujours une certaine stabilité de la masse maigre (masse maigre estimée à 64,8 kg ; indice de masse maigre = 20,0 kg/m²). J’aurais donc perdu de la graisse et non du muscle. Le point sur les mensurations après 4 semaines | 8 semaines :
tour de poitrine : – 1 cm | – 3 cm ;
tour de taille : – 1 cm | – 5 cm ;
tour de hanches : – 0 cm | – 3 cm.
Sans grande surprise, mon morphotype n’a pas encore changé (Monastique tendance Don Camillo). Le peu de poids et de mensurations perdus est attribuable aux 11 jokers que je me suis octroyés au lieu des 8 généralement autorisés, mais aussi à leur durée (des repas qui tirent en longueur en famille ou entre amis). Il m’est arrivé de me sentir faible par moments, sans doute à cause du faible nombre de calories ingérées (1000 à 1300, sans compter l’ajout de sauce ou d’huile dans les plats), mais s’occuper d’un bambin de 7 mois demande aussi pas mal d’énergie ! Durant cette deuxième phase, j’ai réintroduit les féculents le midi, mais leur quantité a fait l’objet de la même pondération que les protéines. Je ne consommais donc que 50 à 60 % des valeurs recommandées dans la nouvelle chrononutrition (2019). J’ai aussi ajouté une barre Tryptozen à chaque goûter, mais la teneur en protéines de celles-ci est inférieure à celle des barres vendues par le Dr Delabos et elles contiennent plus de sucres que de protéines. Je n’avais pas vraiment d’autre alternative du fait que les barres chrono ne sont livrées qu’en France, à part peut-être me confectionner mes propres barres à base de whey. C’est une alternative à explorer, mais je ne compte pas le faire pour l’instant et je supprime les barres jusqu’en décembre.
Bonjour,
Je viens de découvrir votre site et même si nous n’avons pas un vécu identique qui le justifierait, nos mensurations et morphotypes sont très proche :1,70 pour 96 kg avec une bouée proéminente au départ (1,17m de tour de taille).
Lorsque vers 60 ans je me suis découvert un Diabète de type II, mon médecin traitant m’a conseillé de maigrir. Assisté des conseils dune nutritionniste j’ai régulé ma consommation alimentaire tout en me restreignant sur certains produits, la viande et le sucre notamment. Hélas, si cela s’est avéré efficace au début puisque j’étais descendu à 78 kg (dont du muscle malheureusement), le long terme m’a ramené à 84 kg tant il est difficile de ne pas reprendre les mauvaises habitudes lorsque les nouvelles ne sont pas supportable.
Je suis pour des raisons de traumatisme infantile non résolu , constamment stressé (elle est où la résilience, elle est où?). j’ai découvert que cette situation entraîne une envie de grignotage quasi permanent. Cette prise de conscience est une nouvelle cruciale. Mais, si la résilience viendra, ce n’est pas à effet immédiat.
En attendant, avec les kgs repris le spectre du Diabète initialement éloigné a refait surface. Je dois donc faire en sorte de l’éloigner à nouveau. J’ai acquis une certaine expérience sur le respect des consignes, cependant j’ai aussi appris que trop de restriction entraîne un phénomène Yo-Yo plus nocif à la longue que de ne rien faire. Mes portions actuelles sont: le matin 50 g de pain, 10 g de beurre, 1 yaourt, 1 verre d’eau et un mug de thé, le midi: 100g de viande crue, 140g de légume, 140 g de féculent, 30g de fromage 25g de pain, 1 fruit; le soir: la même chose mais avec 50g de viande seulement et le fromage est remplacé par un yaourt. Boisson à volonté pour le déjeuner et le diner je bois (eau gazéifiée par mes soins + quelques gouttes de citron pur) presque 2l par jour en hiver et davantage encore en été.
Mon problème vient d’un grignotage irrationnel lors de situation de stress ou rappelant le trauma (même un scénario de film ou un livre peut déclencher la crise de grignotage).
Fort de cette information capitale et de l’expérience nutritionnelle passée, je vais commencer cette semaine un changement alimentaire notable en utilisant la Chrono-nutrition du docteur Delabos, dont le régime carné me conviendrait davantage en comblant cette impression de manque que j’ai avec cette portion congrue de 100g par jour depuis 3 ans qui me pousse (mais pas que, une poussée de stress aide aussi pas mal) dans les moment de découragement à me jeter sur du fromage en cours de journée.
Néanmoins, cet été, grâce à la construction d’une tranchée verte à 300m de la maison, moi qui ne pratiquait aucune activité physique, j’ai fait l’acquisition d’un “trike” (vélo surbaissé à 3 roues) et me suis entrainé 3 fois par semaine (2 fois 1h00 et 1 fois 3 à 6h00) pour, commençant à 15 km arriver à faire en augmentant progressivement 80 km d’une seule traite à bonne allure ( 20 km/h, mais le vélo pèse plus de 20 kg avec de petite roue). Cependant cela a participé à ma reprise de poids puisque pour éviter une hypo glycémie à l’effort j’ai consommé des barre énergétiques sucrées, qui m’ont remis le pied à l’étrier sur du grignotage sucré.
Comme je veux faire disparaître l’hydre du diabète, 4 semaine de “régime” starter me feront le plus grand bien. Je ne compte pas utiliser de “Joker”, puisque comme mes “repas plaisirs” actuels ressemblent à quelques exceptions près au menu du “régime starter”( plus de viande, sauce, etc..), j’aurai déjà l’impression d’effectuer un “repas plaisir” chaque jour. Après lecture des livres du Doc Delabos, ces 4 semaines ont l’avantage de ne laisser que peu de liberté de choix, il suffit de suivre le programme à la lettre (comme un règlement) et je dois avouer qu’après ces trois ans de privation, rien que le menu de chaque semaine me donne du baume au cœur, il y a tant de bonne chose là dedans dont je me suis privé soit disant pour mon bien et qui m’ont manqué. A l’issue de ces 4 semaines, je devrais être rompu à la méthode et pourrais alors commencer à manger d’une façon chrono…
C’est très judicieux, vu votre histoire personnelle, de faire l’expérience de la chrononutrition en suivant scrupuleusement les recommandations d’Alain Delabos. Pour éviter toute erreur vous gagneriez à vous inscrire sur le forum (https://leti.lt/hqg4 ), non seulement pour poser des questions mais pour découvrir aussi celles d’autres personnes qui anticiperont les vôtres… [Le forum est en maintenance à l’instant, mais j’espère que c’est pour une courte durée.]
Sans aller dans le détail, pour limiter la fringale et donc le grignotage sans se “gaver de calories” le plus simple est d’augmenter la quantité de protéines, sachant que vous le faites dans une pratique limitée dans le temps, jusqu’à retrouver votre poids et mensurations acceptables.
Ce qui m’a semblé le plus bénéfique dans la chrononutrition (en plus de l’élimination du surpoids) était le côté “chrono” : la remise en route, ou la synchronisation, des horloges biologiques. Probablement à de nombreux niveaux, qui vont du fonctionnement des organes aux actions de certaines bactéries qui agissent sur nos hormones. La régularité des fonctionnements contribue à la disparition des fringales. En fait, vos accès de boulimie ne sont peut-être pas uniquement l’effet de souvenirs traumatisants, ils peuvent aussi exprimer la demande de bactéries en manque de certains nutriments. Dans mon cas perso, le jour où j’ai osé consommer les quantités préconisées de fromage, œuf, beurre au petit-déjeuner, toute envie de grignoter a disparu. Pour d’autres le point de bascule pourrait se situer au repas de midi… Après mon petit-déj chrono, je peux rester sans manger jusqu’au jour suivant si les circonstances m’y obligent et ne ressentir aucune faim compulsive. (Bien sûr, si on m’invite au restaurant je ne refuserai pas !)
Aujourd’hui je vois la “chrono” principalement sous l’angle de la resynchronisation des horloges biologiques — ce qui inclut le sommeil. L’amélioration de ma santé en général implique d’autres facteurs comme l’exercice physique (endurance et intensité) qui est documenté sur ce site. Comme il m’arrive de faire des excès qui se traduisent vite par une reprise de poids, j’utilise d’autres stratégies qui chez moi fonctionnent mieux que le “starter” tout en restant “chrono-compatibles”. Par exemple une période de diète cétogène (https://leti.lt/3rhw). Plus récemment le régime “Stop & Go” de Taty Lauwers (voir https://leti.lt/mlm2 ). je suis en pleine expérimentation. Ce dernier me plaît beaucoup car il permet de faire de la restriction calorique un jour sur deux — les bactéries comprennent vite ! — en ne se privant de rien le jour suivant. L’effet, outre la diminution de surpoids, est qu’on retrouve une régulation de l’appétit (techniquement, peut-être, la sensibilité à la leptine) telle qu’on se nourrit raisonnablement même le jour de “fête”. La chrono ne garantit cet équilibre que si on mesure les quantités d’aliments, sachant que tous les jours on peut être tenté de faire “joker” !
Donc le jour de demi-jeûne je regarde la barre de chocolat qui me fait envie en me disant que demain j’y aurai droit, mais surprise, le lendemain je n’aurai envie que de la moitié car d’autres aliments plus sains auront comblé ma faim. Tout ça c’est à la fois des bactéries, des hormones et de la psychologie, depuis que nous savons que nous avons des neurones partout.
Pour l’hypoglycémie pendant l’entraînement de résistance, vous pouvez à la fois réhabituer votre organisme (via les mitochondries) à puiser ses calories dans le gras, ce que la chrono fait très bien, mais aussi doser l’intensité d’effort en utilisant le cardiofréquencemètre selon les indications de Phil Maffetone (https://leti.lt/85dx ). Effectivement, le surentraînement peut accentuer les fringales. Maffetone écrit d’ailleurs que de nombreux athlètes de “haut niveau” sont à la limite de l’obésité, et donc en très mauvaise santé…
Reçu ce commentaire de N.F. aujourd’hui :
Bonjour, la méthode Delabos demande des aménagements suivant les personnes, je prends un exemple: une personne décide un matin de prendre au petit déjeuner 100g de Roquefort et 50g de pain, c’est possible d’après le livre, elle consomme alors 5,5g de sel en une seule fois, c’est la consommation de sel pour une journée d’après l’OMS, si elle mange ensuite dans la journée viande, charcuterie, poisson ou fruits de mer elle prend trop de sel, mais cela n’est pas mentionné dans le livre, donc si on ne calcule pas sa consommation journalière de sel on peut à long terme avoir des problèmes de santé: rétention d’eau, hypertension etc.
En effet, toute méthode doit être adaptée au métabolisme de la personne et aux effets bénéfiques qu’elle espère produire. C’est pourquoi j’ai précisé dans l’article que le récit d’une expérience individuelle n’est pas transposable : c’est une donnée “anecdotique”. Il existe une telle diversité entre les individus qu’on peut longtemps hésiter avant de trouver les options qui conviennent. La participation a forum (maintenant un groupe FB) peut faire gagner beaucoup de temps.
La “méthode Delabos”, ce sont les grandes lignes d’une pratique nutritionnelle s’appuyant sur la chronobiologie de la nutrition et adaptée au contexte français (+ pays voisins) où des fromages de bonne qualité sont accessibles comme sources de protéines, graisses saturées etc.
Je n’ai pas cherché à calculer les doses de sel provenant des fromages que nous consommons au quotidien. Le Roquefort est un de mes préférés mais au goût il paraît fortement salé. Il fait partie de ceux qu’on consomme en petites quantités. 100 grammes c’est franchement une overdose ! Ma consommation actuelle de fromage avoisine les 50 grammes, et s’il y a 15 grammes de Roquefort dans l’assiette c’est déjà la fête…
La charcuterie à midi n’a rien de “chrono”. Parmi les poissons, les sardines à l’huile ou au naturel sont peu salées et la conservation au sel est devenue rare.
L’ANSES donne une moyenne de consommation quotidienne de sel d’un peu plus de 6 grammes pour les femmes et 8 pour les hommes. Si l’on évite les produits transformés de l’industrie, la dose reste raisonnable puisque 80 à 90% proviennent de ces produits.
Les premières années nous avons fait un “régime sans sel” par peur de l’excès. Puis la lecture de la presse scientifique m’a permis de comprendre que le sel serait bien moins dangereux qu’annoncé, et même que les carences peuvent avoir de graves conséquences. Voir mon article Le sel est-il notre ami ? Le sel a été “diabolisé” comme les graisses saturées – voir mes articles sur le cholestérol et l’usage des statines – toujours pour ne pas désigner le principal coupable qui est le sucre… Il n’a pas d’effet direct sur la tension artérielle, celle-ci étant plutôt déterminée par la quantité d’eau présente dans le sang. Dans l’imaginaire collectif (qui était le mien) on se représente le sel comme un agent agressif de nos organes, un peu à la manière de l’eau de mer qui fait rouiller les pièces métalliques !
Les “quantités recommandées” de certains aliments classés comme dangereux ont été déterminées à l’aide de corrélations issues d’enquêtes nutritionnelles qui n’ont pas grand chose de scientifique. Voir mon article : Faut-il jeter les enquêtes nutritionnelles ?
La question de l’hypertension artérielle mérite aussi une réflexion critique. Les solutions diététiques ou médicamenteuses sont loin d’être aussi satisfaisantes qu’une pratique régulière d’exercice : entre autres, la production naturelle d’oxyde nitrique dilate les artères et facilite la circulation sous effort… Mais sur quelles mesures se base-t-on pour diagnostiquer de l’hypertension artérielle ? La pression sanguine augmente avec l’âge, c’est souhaitable pour maintenir la circulation dans de petits vaisseaux qui nourrissent le cerveau en oxygène — autrement dit, éviter un AVC ischémique. Pour mesurer son évolution entre des bornes acceptables, on fait des mesures sur 24 heures afin de s’assurer qu’elle diminue pendant le sommeil. C’est l’absence de diminution (parfois même une augmentation) qui signale un dysfonctionnement.
Bien entendu, certains dysfonctionnements exigent un traitement médical, mais chez un individu qui cultive de bonnes habitudes de nutrition, d’exercice, de sommeil etc. et qui a la chance de vivre dans un environnement sain, le recours à une solution médicale reste improbable. Dans mon histoire personnelle de syndrome coronarien, c’est probablement la calcification des artères qui était en cause et non le sel ou les graisses saturées…
Aujourd’hui nous salons certains aliments pour le goût, toujours en très petite quantité. Nous consommons aussi quelques algues sur les salades pour compenser un manque d’iode.