À la une…
Chrononutrition

Chrononutrition – mon expérience

• Bookmarks: 388 • Comments: 13 44056


➡ Cet article est un des plus consul­tés sur le site, reflet de la popu­la­rité de la chrono-nutrition®. Je tiens à rappe­ler que la nutrition n’est qu’une compo­sante de mon parcours de santé, à complé­ter par le jeûne fractionné, l’exercice sous plusieurs formes, une hygiène du sommeil, l’at­ten­tion à la posture etc.

Le terme géné­rique « chro­no­nu­tri­tion » (sans trait d’union) désigne une branche de la chro­no­bio­lo­gieN1 — voir Chrononutrition – publications. Il convient de le distin­guer de la chrono-nutrition®, une pratique nutri­tion­nelle ensei­gnée par Dr Alain Delabos et ses collègues (voir le site offi­cielN2). Pour allé­ger le texte, le ‘®’ n’est pas repro­duit à chaque occur­rence mais le trait d’union permet de distin­guer les deux termes.

On pour­rait consa­crer un livre entier aux erreurs commises par des personnes qui prétendent « faire » de la chrono-nutrition® — depuis l’ou­bli désas­treux d’une hydratation adap­tée, les quali­tés ou quan­ti­tés inap­pro­priées d’ali­ments, l’abus ou l’abs­ti­nence de sel etc. Chacun y va « de sa sauce » et les brico­lages sont fréquents, moti­vés par des into­lé­rances réelles ou suppo­sées à certains types d’ali­ments : produits laitiers, gluten, viande… Ces écarts rendent l’ap­proche inopé­rante et peuvent nuire grave­ment à la santé. Ils font dire à la personne en échec : « La chrono ne marche pas dans mon cas ! »

Il est vrai que la méthode du Dr Delabos peut se décli­ner de multiples manières, répon­dant à des choix, des goûts person­nels et la dispo­ni­bi­lité d’ali­ments dans telle région du globe, mais seule­ment une fois qu’on en maîtrise les fonda­men­taux. Le forum de partage d’ex­pé­riences et de conseils (actuel­le­ment un groupe privé Facebook) est quasi­ment incon­tour­nable pour éviter les écueils (suivre ce lien : N3).

Après une quin­zaine d’an­nées de pratique, je rends compte ici de quelques obser­va­tions qui n’en­gagent que moi. Un témoi­gnage indi­vi­duel est anec­do­tique et ne peut en aucun cas se substi­tuer à une étude clinique jusqu’à présent inexis­tante — et qui ne sera jamais menée vue l’im­pos­si­bi­lité de réali­ser un test randomisé-contrôlé en double-aveugle avec des groupes témoins.

De plus, ma pratique n’a jamais été entiè­re­ment ortho­doxe comme je le préciserai…

Il est diffi­cile, dans un parcours indi­vi­duel, de distin­guer les méca­nismes conco­mi­tants ayant contri­bué au succès, entre autres l’iné­vi­table effet placeboN4 ; par contre, tout récit peut être instruc­tif une fois mis en pers­pec­tive.

🔴 J’invite les lectrices et lecteurs à ne pas se méprendre sur mes inten­tions : je n’ai pas de conseil à donner sur la base de cette expé­rience person­nelle. Ce qui suit est l’illus­tra­tion d’une démarche qui consiste à remon­ter le fil des événe­ments en les confron­tant aux données géné­rales de la litté­ra­ture scien­ti­fique. Le choix des réfé­rences est biaisé par mon expé­rience et ne saurait en aucun cas servir d’exemple.

Sommaire

Mes débuts

Je me suis lancé dans la « chrono » en juillet 2009 dans le but exclu­sif d’en finir avec l’obé­sité. La plupart des personnes (pour la plupart des femmes) qui abordent cette pratique cherchent aussi à résoudre un problème de surpoids, de sorte qu’elle est souvent présen­tée comme un « régime amin­cis­sant ». En réalité, elle vise une régu­la­tion qui peut aussi bien se traduire par de la prise de poids chez une personne trop maigre.

Jokey_Walking

J’avais commencé, début 2007, à prati­quer la marche spor­tiveN5, un exercice d'endurance, pour me rendre à mon lieu de travail : 10 km matin et soir, soit 3 heures de marche quoti­dienne sur une route de campagne avec forte déni­vel­la­tion. Après un an et demi, cet exer­cice avait réduit mon indice de masse corpo­relle (IMCN6) d’en­vi­ron 37 à 35 kg/m2, corres­pon­dant à un poids dimi­nué de 100 à 95 kg. Rien de bien visible… En effet, un IMC de 30 kg/m2 est consi­déré comme seuil de l’obé­sité, et j’en étais loin ; mon tour de taille était de 115 cm pour 1m 64 de hauteur !

Le béné­fice de cette marche quoti­dienne était, sans surprise, une meilleure forme physique. Mais je n’avais pas encore décou­vert que la seule pratique d’exercice d'endurance asso­ciée à un régime hypo­ca­lo­rique (incluant de longues périodes de jeûne) est vouée à l’échec si l’on vise une perte de poids durable — voir mon article Manger et bouger ?

George Ohsawa, apôtre de la macro­bio­tique (source)

Dans mon bilan sanguin de 2005, le seul signal d’alarme, selon ma connais­sance à cette époque, était le taux de choles­té­rol (rapport LDL/HDL = 4.23). Ce rapport ne justi­fiait, en réalité, aucune inquié­tude — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?

Aucune mesure de la vitamine D : les méde­cins fran­çais ne s’y inté­res­saient pas !

Cet état initial était l’abou­tis­se­ment de 37 ans d’ali­men­ta­tion quasi-végétarienne d’ins­pi­ra­tion macro­bio­tiqueN7. Comme de nombreux obèses, j’étais aux anti­podes des propo­si­tions de la chrono-nutrition, puisque je me privais de petit-déjeuner, souvent même de repas de midi, pour soula­ger ma faim le soir avec une platée de riz complet et de légumes cuits à la vapeur assai­son­nés de tamariN8 et goma­sioN9, et souvent de quelques cubes de fromage à pâte dure. Je finis­sais par calmer ma frin­gale avec du yaourt sucré au miel : un parfait anti­dote de la macro­bio­tique, mais le yaourt et le miel ne sont-il pas des produits natu­rels ? L’agencement de mes repas était assez proche de celui des adeptes du sumoN10 — bien que je n’aie jamais concouru ! 

Je ne buvais quasi­ment jamais, au point de souf­frir de crampes à cause de la déshy­dra­ta­tion — voir mon article Boisson… Je ne serais pas surpris que ce régime et les carences qu’il indui­sait, ainsi que la surcon­som­ma­tion d’huiles végé­tales poly­in­sa­tu­réesN11 aient contri­bué à la dété­rio­ra­tion de mes artères coro­naires — voir mon article Je suis à l'hôpital !

La chrono-nutrition® a donc repré­senté un cham­bou­le­ment de mes habi­tudes et croyances nutri­tion­nelles. Ce chan­ge­ment de cap était motivé par l’échec de mes tenta­tives d’amai­gris­se­ment (jeûnes et restric­tion calo­rique), l’exemple d’une amie qui avait retrouvé une silhouette parfaite après un an de « chrono », et le contre-exemple de végétalien-ne‑sN12 dont j’ob­ser­vais avec effroi le vieillis­se­ment préma­turé : fonte muscu­laire souvent masquée par un stockage de graisse, flétris­se­ment de la peau, aspect cada­vé­rique, état dépres­sif chro­nique — voir N13 et mon article Pour les végan·e·s.

Contrairement à Lierre KeithN14, ancienne mili­tante du végé­ta­lisme inté­gral (véga­nismeN15), je n’ai jamais été un adepte doctri­naire du végé­ta­rismeN16 malgré une atti­rance tardive (tota­le­ment naïve) vers le végé­ta­lismeN12. Ne pas consom­mer de viande au quoti­dien me parais­sait un avan­tage indis­cu­table pour se main­te­nir en bonne santé, si ce n’est « sauver la planète », mais je n’en faisais pas une reli­gion. Toutefois, je n’écou­tais pas ceux qui remet­taient en cause la doxa végé­ta­rienne ; la plupart des argu­ments « pour » ou « contre » me parais­saient dogma­tiques ou infantiles.

Je recon­nais à Keith la vertu d’avoir posé des ques­tions déran­geantes et inséré sa démarche dans une réflexion sur l’éco­lo­gie, mais je reste prêt à croire que le végé­ta­risme est une option viable pour les personnes qui savent parfai­te­ment doser les nutri­ments en réponse à leurs besoins sur le long terme. Cela n’a jamais été mon cas, soit par un défaut de consti­tu­tion, soit parce que j’étais obèse pendant ma petite enfance, ou simple­ment par incom­pé­tence. Je ne crois pas pour autant que l’on puisse adap­ter la chro­no­nu­tri­tion à une forme de végé­ta­risme en vue de perdre du poids, les sources indis­pen­sables de protéines végé­tales étant aussi riches en glucides — voir mon article Protéines.

Retour au réel

science-clip-art-220851

Par défor­ma­tion profes­sion­nelle, j’ai abordé la pratique de la chrono-nutrition® à la manière d’une expé­rience « scien­ti­fique » s’ap­puyant sur un proto­cole rigou­reux : les instruc­tions du Dr Delabos complé­tées par des infor­ma­tions de son forum. Je me suis donné un an pour juger du résul­tat, balance et mètre de coutu­rière en main !

Cette manière de procé­der m’obli­geait à accep­ter la réalité. Depuis long­temps, j’avais renoncé à me peser et je me détour­nais même de tout miroir ou des images photo­gra­phiques pour m’ima­gi­ner, non pas obèse, mais « bien portant ». J’adhérais à une croyance domi­nante dans le monde médi­cal — réfu­tée récem­mentN17 — qu’on peut être à la fois gros et en bonne santé (“fat but fit”). J’avais adopté ce proverbe de ma grand-mère pater­nelle : « Il vaut mieux faire envie que pitié ! » Elle faisait elle-même très « envie », alors que ma grand-mère mater­nelle, qui faisait plutôt « pitié », a vécu plus longtemps… 😀

Mon inscrip­tion sur le forum de chrono-nutrition a été une expé­rience posi­tive, au départ, pour corri­ger des erreurs — entre autres le besoin d’un apport vita­mi­nique en compen­sa­tion de la perte de vita­mines lipo­so­lubles pendant le rapide désto­ckage initial (envi­ron 3 kilos par semaine). Les témoi­gnages de personnes qui réus­sis­saient à mincir de façon spec­ta­cu­laire renfor­çaient par ailleurs un effet placeboN4 qui me paraît indis­pen­sable à la réus­site d’une pratique nutri­tion­nelle… J’ai eu dès le départ la certi­tude que mon objec­tif pouvait être atteint : le témoi­gnage sur le forum d’un homme qui avait perdu 34 kilos pendant sa première année de chrono-nutrition, sans pour cela passer par la case « starter ».

J’avais créé à l’époque un blogN18 sous le pseudo OursQuiDanse, encore visible mais qui n’est plus alimenté.

Améliorer sa santé et régu­ler son poids implique, pour un adulte, un chan­ge­ment radi­cal de style de vie. La diffi­culté réside moins dans ce chan­ge­ment, dont la moti­va­tion est renfor­cée par les résul­tats visibles, que dans une néces­saire adap­ta­tion aux contraintes de la vie sociale. La majo­rité des échecs proviennent de notre inca­pa­cité à réali­ser cet ajus­te­ment. Heureusement, je n’ai pas été confronté à ce problème : l’idée de la « chrono » était parta­gée par tous mes proches, et les repas dans un contexte plus large (invi­ta­tions, sorties…) étaient assez espa­cés pour coïn­ci­der avec les jokers auto­ri­sés en chrono-nutrition.

Mise à part la ratio­na­lité « nutri­tion­nelle » de cette méthode — que l’on peut exami­ner avec un regard critique, voir mon article Chrononutrition - bases — j’y perçois un facteur essen­tiel : la régu­la­rité. C’est en renfor­çant ou en recons­trui­sant des cycles d’ac­ti­vité qu’on peut parve­nir à resyn­chro­ni­ser les horloges internes qui émettent des signaux à de multiples niveaux, à commen­cer par les « bonnes » bacté­ries qui peuplent nos intes­tins et de nombreux organes. Ces cycles incluent la nutri­tion — manger certains types d’ali­ments à certaines phases de la jour­née et ména­ger des périodes de restriction calorique — mais aussi l’activité physique et le repos.

La régu­la­rité est à mon avis indis­pen­sable à une amélio­ra­tion du style de vie et de la santé physique/mentale qui en découle. Les décep­tions proviennent souvent d’un refus viscé­ral de la disci­pline que cette régu­la­rité implique. Discipline ! Ce mot a été banni des discours liber­taires, mais il s’agit ici d’auto­dis­ci­pline et non d’une contrainte exer­cée sur autrui. Imposer un régime alimen­taire à des proches ou à des patients est voué à l’échec, au-delà de la courte période de surveillance.

La réussite

person-stands-on-scale

Après quinze mois de chrono-nutrition (sans oublier les 3 heures de marche quoti­dienne) mon IMC était tombé à 26. J’avais perdu 25 kilos et réduit mon tour de taille de 115 à 91 cm. Ce résul­tat était spec­ta­cu­laire, au point que le direc­teur de mon labo m’a fait béné­fi­cier d’un avan­ce­ment accé­léré, le bruit ayant couru que j’étais atteint d’une mala­die incurable ! 😀

En réalité, j’étais malade de bonheur… Le bilan sanguin de 2010 s’est révélé plei­ne­ment satis­fai­sant, avec un rapport LDL/HDL redes­cendu à 2.20 malgré la consom­ma­tion nette­ment plus abon­dante de graisses satu­réesN19. L’important (dans ma compré­hen­sion de cette époque) étant plus l’aug­men­ta­tion du HDL que la dimi­nu­tion du LDL — voir mon article Pourquoi diminuer le cholestérol ?

Un point à souli­gner est que je n’avais perdu que 5 kilos en faisant de l’exer­cice, puis 25 en combi­nant l’exer­cice avec une nutri­tion amélio­rée sans restric­tion calo­rique… Ce qui va à l’en­contre du discours, toujours domi­nant en France, selon lequel le secret de l’amin­cis­se­ment serait d’aug­men­ter la dépense physique en rédui­sant l’ap­port calo­rique — comme je l’ai entendu par exemple le 28/01/2019 dans une émis­sion scien­ti­fiqueN20 — par ailleurs très instruc­tive ! La falla­cité de ce discours est expo­sée en détail dans mon article Manger et Bouger ? La restric­tion calo­rique ne peut être effi­cace, sur le long terme, que si elle s’in­sère au quoti­dien comme une pratique de demi-jeûne fractionné.

Quelques adaptations

En plein débat média­tique sur la légi­ti­mité de la consom­ma­tion de viande, je crois utile de préci­ser que, dès le début de cette expé­rience, ma ration quoti­dienne dépas­sait rare­ment 60 % celle préco­ni­sée par Alain Delabos. Non par nostal­gie du végé­ta­risme, mais parce qu’en semaine je déjeu­nais dans des restau­rants proches de mon lieu de travail. Je ne prétends pas que cette limi­ta­tion, impo­sée par les circons­tances, soit béné­fique à tout un chacun : il faut déter­mi­ner ses besoins puis mesu­rer l’in­ci­dence de son choix sur le tour de taille et la forme physique — voir mon article Protéines

Il faut veiller au fait que « perdre du poids » peut aussi bien dire « perdre de la graisse » que « perdre du muscle ». La plupart des régimes amai­gris­sants et des trai­te­ments ne font pas la distinc­tion. Un trai­te­ment avec des médi­ca­ments acti­vant les récep­teurs du glucagon-like peptide‑1 (GLP‑1N21) peut ainsi faire perdre du poids dont 40 % appar­tient à la masse maigreN22. Ce qui corres­pond à une fonte muscu­laire consi­dé­rable affec­tant néga­ti­ve­ment la santé. De plus, le fait de se libé­rer d’un poids de graisse impor­tant veut dire moins d’ef­forts néces­saires pour se dépla­cer, ce qui peut entraî­ner un supplé­ment de perte muscu­laire… À moins d’empêcher cette dégra­da­tion en consom­mant assez de protéines et en prati­quant de l’exercice contre résistance — voir ci-dessous.

Une autre adap­ta­tion, moti­vée initia­le­ment par les menus de restau­rant, a consisté à consom­mer des légumes verts et/ou des crudi­tés à quasi­ment tous les repas de midi, rédui­sant les quan­ti­tés de fécu­lents au mini­mum requis pour ne pas sentir la faim reve­nir rapi­de­ment. Cette adap­ta­tion est deve­nue chez nous une habi­tude fami­liale. Elle n’est pas contra­dic­toire avec la chrono-nutrition, bien que les ouvrages recom­mandent plutôt la consom­ma­tion de fécu­lents à midi pour renvoyer au soir celle des légumes verts. Lorsque nous prati­quons le demi-jeûne fractionné, nous suppri­mons souvent les glucides au repas de midi — voir mon article Diète cétogène. Nous le faisons systé­ma­ti­que­ment, à présent, pour « répa­rer » les flores bacté­riennes de la bouche et de l’es­to­mac — voir Donatini B, 2022N23 et l’ar­ticle La bouche, miroir de votre santé.

Ayant long­temps séjourné en Asie, ma famille utilise au quoti­dien un grand nombre d’épices et aromates tels que poivre, coriandre, cumin, cannelle, carda­mome, baies rouges, piments etc. qui s’ajoutent à nos aromates régio­naux. Ils sont répu­tés pour leur action béné­fique sur les méca­nismes d’assimilation.

Excès de fer ?

La consom­ma­tion de crudi­tés, qui peuvent se réduire à quelques branches de persil, faci­lite l’as­si­mi­la­tion du fer d’ori­gine végé­tale (voir Lynch SR & Cook JD, 1980N24). Ce n’était peut-être pas une pratique opti­male dans mon cas en raison d’un possible excès de fer. Mon taux de ferri­tine n’avait pas été mesuré à l’époque — les méde­cins que je consul­tais étant peu infor­més sur la ques­tion — mais plus tard le test a révélé des taux de 280 puis jusqu’à 537 ng/ml… Même en l’ab­sence d’hémo­chro­ma­toseN25 dont le diag­nos­tic néces­si­te­rait d’autres analysesN26, ou d’autres indi­ca­teurs d’inflam­ma­tionN27 chro­nique (voir arbre de déci­sionN28), un taux de fer trop élevé — asso­cié à un taux de ferri­tine > 150 ng/ml — pour­rait avoir un impact néga­tif sur la santé, si l’on en croit le site Iron DisordersN29, voir plus bas…

Donner son sang contri­bue certai­ne­ment à la baisse du taux de fer. C’est ce que recom­mande P.D. Mangan (2016) : Dumping Iron : How to Ditch This Secret Killer and Reclaim Your HealthN30. Toutefois, en France, le don de sang n’est pas accepté après un inci­dent coronarien…

Si l’ex­cès de fer est confirmé, on peut envi­sa­ger de consom­mer des aliments dimi­nuant l’as­si­mi­la­tion du fer, par exemple des laitages avec un repas de viande, des céréales complètes, légu­mi­neuses et noix riches en acide phytiqueN31, du thé ou du café après le repas, du vin rouge etc. Toutefois, les laitages frais (qui contiennent du lactose) perturbent l’as­si­mi­la­tion des acides aminés au point de rendre désa­gréable la consom­ma­tion de viande. Quant aux céréales et légu­mi­neuses, elles ont d’autres incon­vé­nients — discu­tés ici et ici mais pas évoqués en chrono-nutrition®.

En automne 2017, mon taux de ferri­tine était redes­cendu de 537 à 432 ng/ml en seule­ment un mois, résul­tat que j’ai attri­bué à la consom­ma­tion quoti­dienne de gélules de curcu­mineN32 et pipé­rineN33. Toutefois, je n’ai pas pu repro­duire ce résul­tat cinq ans plus tard. De plus, je n’ap­prouve pas la consom­ma­tion de ce mélange en dehors d’un cadre théra­peu­tique, sachant que le curcuma est un des végé­taux les plus riches en oxalatesN34 dont les cris­taux peuvent s’ac­cu­mu­ler de manière patho­lo­gique dans le thymus, les reins, les vais­seaux sanguins, les testi­cules, le cerveau, les yeux, la thyroïde et les seins (Wahl R et al., 1993N35). Le dépôt de cris­taux d’oxa­late dans le tissu mammaire a égale­ment été docu­menté dans de nombreuses études, et il est asso­cié à des lésions précan­cé­reuses connues sous le nom de carci­nome lobu­laire in situN36 (Gonzalez JE et al., 1991N37).

Source : Naim Mahroum et al. (2022N38 p. 2)

Quelques articles, notam­ment de Naim Mahroum et al. (2022N38), expliquent que la produc­tion de ferri­tine est un méca­nisme physio­lo­gique destiné à la régu­la­tion du taux de fer dans le sang : s’il dépasse un seuil, il est alors stocké dans une cage de 24 protéines (l’apofer­ri­tine, voir image) pour être resti­tué en cas de besoin. Si la personne est anémique, à l’in­verse, la ferri­tine sert à trans­por­ter du fer aux organes qui en manquent. Un taux élevé de ferri­tine ne serait donc que le marqueur (à surveiller) d’un fonc­tion­ne­ment inha­bi­tuel du méta­bo­lisme du fer.

Répondre à ses besoins

PèreFouettard

Quand on me demande de résu­mer en une phrase ma philo­so­phie en matière de nutri­tion, je réponds que c’est le refus d’uti­li­ser la nour­ri­ture comme instru­ment de puni­tion et de récom­pense. À l’ins­tar de nombreux d’obèses, j’ai long­temps oscillé entre des périodes de priva­tion (des jeûnes qui pouvaient durer jusqu’à 4 semaines) et des périodes d’ex­cès (grigno­tage bouli­miqueN39).

dog-reward

Le jeûne était une manière de punir mon corps d’avoir « trop mangé », et le grigno­tage un effet de compen­sa­tion par la récom­pense. Par exemple, un carré de choco­lat (ou plus) pour se conso­ler d’un échec, mais la même chose pour se féli­ci­ter d’une réus­site… Le choco­lat, le flan-caramel ou le pot de miel qui nous attendent à la cuisine sont toujours dispo­sés à nous procu­rer du plai­sir (comme la ciga­rette). Or une dépen­dance nutri­tion­nelle est bien plus facile à désa­mor­cer une fois que le corps a été satis­fait dans ses besoins.

Sachant que le goût du sucré est inscrit dans notre cerveau depuis la vie fœtale — le liquide amnio­tique est sucré —, le réflexe inné en cas de demande éner­gé­tique est de faire appel à des sucres « rapides ». La chrono-nutrition, comme toute pratique alimen­taire faible en glucides, rééduque notre orga­nisme à puiser des calo­ries aussi souvent que néces­saire dans les graisses (céto­ge­nèseN40) — voir mon article Glucides ou lipides ?

Il m’ar­rive encore de craquer devant une pâtis­se­rie. Je ne m’en prive pas, mais le plai­sir procuré par ce défou­le­ment est bien infé­rieur à ce qu’il était autre­fois. Encore moins cette pâtis­se­rie moderne qui n’est plus, sauf rares excep­tions, qu’un hideux assem­blage de substances indus­trielles. L’écœurement est vite au rendez-vous, quelle que soit la qualité du produit. La chrono-nutrition fait partie pour moi des approches qui permettent de distin­guer entre envie et besoin, par l’at­ten­tion portée aux sensa­tions plus qu’à des inter­dic­tions ou des obligations.

➡ Ce qui suppose d’ap­prendre à discer­ner les sensa­tions « primaires » de leur inter­pré­ta­tion dans les sphères de l’émo­tion et du raison­ne­ment… Quels para­mètres rendent possible ce discer­ne­ment ? Cette ques­tion fonda­men­tale est au cœur de l’ou­vrage Le Corps accordé — Pour une approche raison­née de la santé et du soin de soi N41 que j’ai co-édité. Je l’aborde aussi, de manière concrète, dans les stages Santé-découverte animés chaque été.

CIMG2377
Un petit-déjeuner « chrono » parmi d’autres :
œufs, fromage, riz complet, huile d’olive et boisson

La chrono-nutrition™ n’est pas un « régime » au sens restric­tif du terme — voir mon article Nutrition : qui écouter ? — malgré la confu­sion induite par la propo­si­tion d’une pratique « star­ter » (option­nelle) équi­va­lente à un régime sous-calorique supplé­menté en protéines lactiques et en tryp­to­phaneN42. C’est la première phase décrite par Alain Delabos dans son ouvrage Mincir vite et rester mince (Albin Michel, 2011). Pour l’avoir essayée pendant plusieurs semaines, elle n’a eu aucune inci­dence sur la vitesse de mon amin­cis­se­ment, bien que les témoi­gnages d’autres adeptes soient positifs.

Il reste que les complé­ments alimen­taires (protéines ou tryp­to­phane) ache­tés en phar­ma­cie ou sur un site spécia­lisé coûtent cher. Par ailleurs, la consom­ma­tion de tryp­to­phaneN42 en quan­tité n’est pas sans risque sur le long terme — voir mon article Compléments alimentaires. Alato Okuno et ses collègues (2008N43) décrivent le tryp­to­phane comme un des acides aminés les plus toxiques.

Les années suivantes…

Mes mensu­ra­tions sont restées stables pendant deux ans envi­ron, puis j’ai constaté une remon­tée des chiffres, jusqu’à 6 kilos supplé­men­taires trois ans plus tard. Quelle horreur !

Raison prin­ci­pale : je m’étais lâché sur les sucre­ries au goûter… Après une impor­tante perte de poids, l’insulinorésistanceN44, une des causes de l’obé­sité, peut céder la place à son opposé : une réponse accrue à l’in­su­line entraî­nant un stockage plus facile des glucides en excès dans les cellules adipeuses. Ce qui peut induire un effet yo-yoN45 visible alors qu’on n’a fait que de petits écarts.

Cette remon­tée s’est stabi­li­sée en avril 2013, mais elle n’a pas été suivie de désto­ckage en raison de condi­tions toujours défa­vo­rables. La première concer­nait l’exer­cice : nous nous sommes instal­lés au village des Mayons où ma marche quoti­dienne se limi­tait à un circuit de 2 heures sur la crête d’une colline. Certes, elle comp­tair 12 000 pas sur une déni­vel­la­tion impor­tante (envi­ron 300 mètres avec quelques montées abruptes), mais il aurait été plus béné­fique de scin­der l’exercice d'endurance dans la jour­née, comme à l’époque où je marchais pour aller et venir de mon lieu de travail. Deux sorties d’une heure feraient plus d’ef­fet qu’une seule de deux heures.

drumstick-2-med108588_vert

La seconde mauvaise habi­tude était ma consom­ma­tion fréquente de glace indus­trielle conte­nant des produits abomi­nables malgré sa préten­tion à être « arti­sa­nale » — voir l’ar­ticle du Canard enchaîné Des glaces pleines de vide. Glace agré­men­tée d’une irré­sis­tible confi­ture de châtaignes — spécia­lité locale ! Une dose de fructoseN46 qui a pu agir défa­vo­ra­ble­ment sur mon taux d’insuline…

Mon cycle de sommeil s’est trouvé lui aussi perturbé puisque je ne dormais que 6 heures par nuit en moyenne et ressen­tais de la somno­lence le jour.

À cette époque, j’ai lu l’ou­vrage de Gary Taubes, FAT – Pourquoi on gros­sitN47 qui m’a appris sur la rela­tive inuti­lité de l’exercice d'endurance prati­qué sans discer­ne­ment (voir extraits).

Il faut souli­gner que la seule correc­tion de mon régime alimen­taire n’a pas relancé le proces­sus de « désto­ckage » que j’avais connu cinq ans plus tôt, alors que j’étais revenu à une « chrono » conforme aux instruc­tions — y compris pour les quan­ti­tés de viande. Sur les forums chrono, lorsque des adeptes se plaignent de stag­na­tion ou de régres­sion, après avoir corrigé toutes les erreurs de leur pratique, les experts les orientent vers une théra­pie psy, ou encore leur recom­mandent « de l’exer­cice » sans donner un sens précis à ces mots… J’aurais tendance à y voir la limite symp­to­ma­tique de l’effet placeboN4 porté par le charisme de ces experts.

En prenant de l’âge, certains méca­nismes s’af­fai­blissent, qui peuvent conduire à une reprise de poids si l’on manque de vigi­lance sur les habi­tudes dont les effets délé­tères étaient masqués par la vita­lité des jeunes années — voir mon article Vivre bien et longtemps et plus parti­cu­liè­re­ment ce qui concerne la santé mito­chon­driale, terme malheu­reu­se­ment exploité par de nombreux char­la­tans ou marchands de supplé­ments alimen­taires… Maintenir un bas niveau d’inflam­ma­tion systé­mique chro­niqueN48 (« à faible bruit ») exige une plus grande atten­tion au style de vie. À l’in­verse, les effets protec­teurs de bonnes pratiques deviennent visibles sur le long terme : je suis persuadé que c’est l’ap­port régu­lier de vita­mines D3 et K2 qui me vaut la remarque du dentiste, chaque année, que ma denti­tion est « très saine »…

Pour ce qui est du coaching, des théra­peutes de toutes obédiences, confron­tés à l’in­suf­fi­sance de leurs inter­ven­tions « sur le corps » (nutri­tion et mani­pu­la­tions), s’orientent vers des pratiques impré­gnées de « déve­lop­pe­ment person­nel » — une psycho­lo­gie ember­li­fi­co­tée d’éléments de langage des gourous New-AgeN49. C’est dans l’air du temps au 21e siècle : de nombreuses personnes fragi­li­sées sont en demande d’un tel discours ! 😣 Il est plus facile de bercer son audi­toire avec des promesses de santé « émotion­nelle », « éner­gé­tique » (les chakras indiens font de belles illus­tra­tions) et, tant qu’on y est, « spiri­tuelle », que de trans­mettre les fonda­men­taux d’un entre­tien de la mobi­lité, de l’équi­libre postu­ral, de la muscu­la­ture et de la densité osseuse (voir plus bas).

La chrono-nutrition est à présent enca­drée et trans­mise grâce à la forma­tion de chrono-coaches®. Sur la page person­nelle du Dr Delabos on peut lire :

Le Chrono-coach® est un spécia­liste de l’accompagnement (coach, théra­peute, …) capable de créer un dossier très complet compre­nant toutes les carac­té­ris­tiques de son client. L’ensemble de ces para­mètres permet alors de défi­nir :

• un morpho­type esthé­tique

• Un programme adapté à chaque personne, grâce à un système infor­ma­tisé conçu à cet effet

Le Chrono-Coach® assu­rera la reprise des mesures permet­tant de contrô­ler l’évolution des formes et du poids du client concerné et répon­dra aux ques­tions des clients sur la Chrono-nutrition©.

Améliorer sa pratique nutri­tion­nelle est sans aucun doute indis­pen­sable pour sortir de l’obé­sité. Une fois la majeure partie du surpoids éliminé, le corps parvient à un équi­libre et s’y main­tient tant qu’on respecte ses besoins. Le poids d’équi­libre n’est souvent pas celui qu’on souhai­tait retrou­ver pour l’avoir connu au début de l’âge adulte — avant que « tout se détraque »… Il est vain d’es­pé­rer l’at­teindre en agis­sant exclu­si­ve­ment sur la nutri­tion ou des compléments alimentaires. Si l’on adopte un régime défi­cient en calo­ries, on perd encore du poids, mais souvent par une dimi­nu­tion de la masse muscu­laire (obésité sarco­pé­niqueN50) qui peut même finir par alté­rer le muscle cardiaqueN51. Dans tous les cas on s’ex­pose à un retour désa­gréable à l’état initial (ou pire) par effet yo-yo.

L’exercice

La recom­man­da­tion « faites de l’exer­cice », inscrite dans les ouvrages d’Alain Delabos ou énon­cée par de nombreux méde­cins, ne me paraît pas assez claire sur les formes d’en­traî­ne­ment et leur mise en œuvre.

Grâce au Dr Philip Maffetone (2015N52) et à Mark Sisson et Brad Kearns (2016N53), j’ai appris bien plus tard la pratique et le dosage de l’exercice d'endurance qui, allié à l’entraînement fractionné de haute intensité et/ou l’entraînement musculaire MAF, permet d’ache­ver (et conso­li­der) les trans­for­ma­tions initiées par un chan­ge­ment de mode nutritionnel.

On ne cherche plus à « perdre du gras » mais à renfor­cer sa muscu­la­ture ainsi que la densité miné­rale osseuseN54 et la mobi­lité des arti­cu­la­tions, tout en amélio­rant sa santé. Hahn et Eades (The Slow Burn Fitness RevolutionN55 p. 20, voir d'autres extraits dans mon article) écrivent à ce sujet :

Les muscles que vous utili­sez en vous exer­çant ont besoin du plus de sang, consomment le plus de sucre et de gras en tant que combus­tibles, produisent le plus de chaleur, et demandent le plus d’éner­gie de tous les systèmes du corps. Non seule­ment le système muscu­laire est l’or­gane le plus grand, le plus consom­ma­teur d’éner­gie, le plus produc­teur de chaleur dans le corps, mais c’est aussi le seul dont vous puis­siez amélio­rer direc­te­ment le fonc­tion­ne­ment par le biais de l’exercice.

L’exer­cice d’en­du­rance peut mettre en place une « machine à manger des graisses » sous la seule condi­tion d’être correc­te­ment dosé (fonc­tion­ne­ment aéro­bie maxi­mum). Voir les prin­cipes de la formule « 180 – votre âge » et le « MAF test » dans mon article. Cerise sur le gâteau, le sprint, lui aussi soigneu­se­ment prati­qué, achève de brûler les kilos en trop — voir mon article.

Toutes ces pratiques ont été conçues par des entraî­neurs d’ath­lètes profes­sion­nels (aujourd’­hui âgés), mais elles s’adaptent parfai­te­ment aux gens « ordi­naires » en raison du dosage en inten­sité, en vitesse et en fréquence de chaque exer­cice. Des expé­riences en maison de retraite ou auprès de personnes en défi­cit de mobi­lité confirment leur perti­nence. Pour les enfants, ne pas inter­ve­nir, si ce n’est de les encou­ra­ger à jouer avec les plus « turbulents » ! 😀

Un nouvel équilibre

Grâce aux sources anglo­phones étayées par des données scien­ti­fiques, j’ai acquis une vision plus pratique et effi­cace — que d’au­cuns dési­gne­raient comme « empi­rique et holis­tique » — du main­tien de la santé. C’est la raison d’être de ce site et de mes inter­ven­tions dans les stages "Santé - découverte".

La diffi­culté de repro­duire un méca­nisme de perte de poids est liée à une dimi­nu­tion du méta­bo­lisme de baseN56 mesuré par la dépense d’éner­gie au repos (resting energy expen­di­tureN57) qui est fonc­tion du poids de la personne. Autrement dit, plus on est mince moins on aurait besoin d’ap­port éner­gé­tique. Ce proces­sus est appelé ther­mo­ge­nèse adap­ta­tive (voir N58). Toutefois, cette dimi­nu­tion est extrê­me­ment variable selon les indi­vi­dus, comme le montre l’étude de Rosenbaum M et al. (2008N59) : dans un groupe de sujets ayant perdu 10 % de leur poids, la dépense d’éner­gie au repos était moins impor­tante que prévu, variant d’une dimi­nu­tion de 417 kcal/jour à une augmen­ta­tion de 76 kcal/jour.

À la lumière de ces obser­va­tions, j’ai corrigé mes erreurs en rédui­sant progres­si­ve­ment la consom­ma­tion de glucides (pas plus de 25 g de fruc­tose par jour) puis en prati­quant le demi-jeûne fractionné et l’entraînement fractionné de haute intensité. Ce dernier, en parti­cu­lier, a profon­dé­ment modi­fié mon schéma corporel.

J’ai augmenté la diver­sité des apports alimen­taires pour amélio­rer l’as­si­mi­la­tion du sélé­nium, des protéines etc. Voir « Les combi­nai­sons chro­no­mé­trées des aliments » dans Jean-Marie Bourre, La Chrono-diététique (2013N60, p. 183–184).

J’ai ramené ma consom­ma­tion de viande au niveau des premières années en augmen­tant légè­re­ment les quan­ti­tés de graisses pour abais­ser le taux d’in­su­line et faci­li­ter ainsi le désto­ckage des trigly­cé­ridesN61. Ma glycé­mie était en effet un peu supé­rieure à 90 mg/dl après un jeûne nocturne de 12 heures, indi­ca­tion possible d’un excès de protéines en rapport avec l’ac­ti­vité physique — voir l’ar­ticle Insulin, Glucagon, and Fat MetabolismN62 et la pondé­ra­tion des quan­ti­tés dans mon article Protéines.

Grâce à un apport régu­lier d’oméga 3N63, mon équi­libre nutri­tion­nel est aujourd’­hui proche d’un régime médi­ter­ra­néenN64 supposé préve­nir les acci­dents cardio­vas­cu­lairesN65. Les années de pratique n’ont cepen­dant pas empê­ché la forma­tion de plaque d’athé­ro­sclé­roseN66 accu­mu­lée en 30 ans de mauvaises habi­tudes, qui a déclen­ché un syndrome coro­na­rien aiguN67 fin 2016 — voir mes articles Je suis à l'hôpital ! et Soigner ses artères.

Suite à la lecture de l’ou­vrage (simpliste) Brain Maker de David Perlmutter (2015N68) puis de quelques articles sur le micro­biote intes­ti­nalN69, j’ai rendu mon alimen­ta­tion quoti­dienne plus riche en probio­tiquesN70 et prébio­tiquesN71, mais sans supplé­men­ta­tion : nous avons fabri­qué quelque temps du kéfirN72 ou du kombu­chaN73 pour une consom­ma­tion modé­rée. Ce choix n’est pas sans consé­quence car certains probio­tiques ont pu contri­buer à une (re)prise de poids (Raoult D, 2012N74). L’abstinence de yaourt pendant la période de perte de poids est donc une saine précau­tion — voir plus bas.

Diminuer le sel faisait partie de nos chan­ge­ments nutri­tion­nels — pratique contes­table aujourd’­hui, voir mon article Le sel est-il notre ami ? — mais j’ai décou­vert plus tard qu’il était plus perti­nent d’aug­men­ter le rapport potas­sium sur sodium en consom­mant assez d’ali­ments riches en potas­sium : légu­mi­neuses (notam­ment les hari­cots blancs), tuber­cules et plantes racines etc. La dimi­nu­tion de sel (arti­fi­ciel­le­ment enri­chi en iode) peut être compen­sée par une consom­ma­tion d’iode issue de produits marins : pois­sons, crus­ta­cés, œufs de pois­son (sans addi­tif) et alguesN75.

Enfin, j’ai augmenté mon taux de vitamine D grâce à une expo­si­tion au soleil de l’été, tout en veillant à un apport suffi­sant de vita­mine K2 par du nattōN76 ainsi qu’un peu de yaourt de chèvre ou de brebis. L’exclusion du yaourt en chrono-nutrition, sur le long terme, me parais­sait en contra­dic­tion avec une méta-analyse de 15 études (Lee et al., 2018N77) montrant qu’une consom­ma­tion modé­rée (100 g/jour) dimi­nue­rait de 18 % le risque de syndrome méta­bo­liqueN78 incluant l’hy­per­gly­cé­mie, une pres­sion arté­rielle élevée, un excès de trigly­cé­rides et un taux insuf­fi­sant de HDL. Toutefois, quelques années plus tard, j’ai constaté qu’une consom­ma­tion, même modé­rée, de yaourts (nature bio) indui­sait une nette prise de poids qui pour­rait être liée à la modi­fi­ca­tion du micro­biote intes­ti­nal ; j’ai donc mis un terme à cette consom­ma­tion d’ali­ments déli­cieux mais pas plus néces­saires que des éclairs au chocolat !

La néces­sité de l’abo­li­tion, en chro­no­nu­tri­tion, des produits laitiers autres que les fromages affi­nés — bien entendu, après l’âge de 24 mois — a été très clai­re­ment expo­sée sur une vidéo d’Alain Delabos (2020N79). Il explique, entre autres, que le prin­ci­pal problème est le lactoseN80, un sucre contenu dans le lait avant l’af­fi­nage. Outre son pouvoir glycé­mi­sant, sa diges­tion néces­site la produc­tion de lactaseN81 dans l’in­tes­tin grêle — forte­ment réduite chez de nombreux adultes qui ne peuvent pas digé­rer le lait. Or le lactase est inhi­bi­teur de protéasesN82 néces­saires pour la diges­tion des protéines de la viande ; ce qui explique que de nombreuses personnes qui consomment des produits laitiers frais « n’aiment pas la viande ».

La combi­nai­son de ces correc­tions m’a permis de retrou­ver un cycle de sommeil de 7 à 8 heures sans inter­rup­tion. Mon taux de vita­mine D est remonté de 13 à 28 ng/ml. Pendant l’hi­ver 2015–2016, six mois de supplé­men­ta­tion en vita­mine D3 (à raison de 50 000 UI/semaine) m’ont permis d’at­teindre le taux de 44 ng/ml, et six mois supplé­men­taires à 25 000 UI/semaine m’ont amené à 60 ng/ml. Par contre, le taux d’acide urique est resté de 6 mg/dl, légè­re­ment plus que la limite (5.5) fixée par Dr Johnson (2010N83) comme marqueur de toxi­cité du fructose.

Pour prati­quer le demi-jeûne fractionné sans pertur­ber les cycles biolo­giques, je réduis la prise de nour­ri­ture en suppri­mant les glucides à midi (rempla­cés par des crudi­tés ou des légumes verts), je supprime le goûter et remplace le dîner par 2 capsules de 500 mg d’huile de krillN84.

Confronté à un surpoids acquis pendant un séjour en Auvergne, j’ai récu­péré rapi­de­ment avec une diète céto­gèneN85 en accord avec les bases de chro­no­bio­lo­gie présen­tées ici — voir mon article Diète cétogène - expérience.

Ma pratique actuelle, toujours dans le respect des cycles chro­no­bio­lo­giques, s’ins­pire en partie du régime carni­vore selon P. Saladino — voir mon article. Toutefois, des précau­tions supplé­men­taires ont été mises en place en 2022, après un examen spécia­lisé, pour combattre des proli­fé­ra­tions bacté­riennes — article à venir.

Abolition du grignotage

Ce que j’ai décou­vert avec émer­veille­ment, dès les premiers jours de pratique de la chrono-nutrition, et qui s’est main­tenu depuis, est la fin de toute envie de grigno­ter. Je réalise qu’au­tre­fois j’étais perpé­tuel­le­ment en demande d’ap­ports calo­riques, de préfé­rence sous forme de sucres rapides. J’en étais même venu à « siffler » un kilo de miel par mois, sous prétexte que « ce n’est pas du sucre » alors qu’il contient en moyenne 70 % de fruc­tose avec un risque d’ad­dic­tionN86 !

J’ai réalisé que la plupart des humains, dans une société d’abon­dance, consomment des aliments pour se couper la faim au lieu de se nour­rir. C’est très visible — je me revois dans ce compor­te­ment — chez des adeptes de régimes restric­tifs invi­tés à parta­ger une table où sont expo­sés des aliments « inter­dits », susci­tant chez eux un mélange de frus­tra­tion et d’indignation…

La consom­ma­tion compul­sive déclenche un signal de récom­pense, mais le plai­sir est de courte durée car les besoins réels n’ont pas été satis­faits. Une personne qui grignote est bien souvent caren­cée (voir articleN87). Si l’on retrouve l’en­vie de grigno­ter après avoir modi­fié son alimen­ta­tion, il me paraît plus perti­nent de s’in­ter­ro­ger sur d’éven­tuelles carences que d’in­vo­quer une cause comportementale.

Des enfants livrés à eux-mêmes passent leur temps à pico­rer des aliments avec satis­fac­tion immé­diate s’ils ont accès au frigo ou à des sucre­ries. Certains y retournent sans relâche car leurs vrais besoins ne sont jamais comblés. La faim ressen­tie par un bouli­mique peut corres­pondre à une carence réelle. D’où l’im­por­tance de s’of­frir des repas à inter­valles régu­liers avec de véri­tables aliments dont on ajuste la nature et les quan­ti­tés tant que les cycles de faim et de satiété ne sont pas réguliers.

La régu­la­tion des périodes de prise de nour­ri­ture n’est pas seule­ment un facteur de socia­bi­lité. Son impor­tance est confir­mée par l’étude de Chaix A. et al. (2014N88) Time-Restricted Feeding Is a Preventative and Therapeutic Intervention against Diverse Nutritional Challenges que j’ai présen­tée en lien avec le demi-jeûne frac­tionné — voir mon article Jeûne et restriction calorique.

De la mesure dans les mesures !

tape_measure

Je disais avoir entre­pris la chrono-nutrition comme une « expé­rience scien­ti­fique ». Occasion d’ou­vrir une paren­thèse au sujet des mesures et mensu­ra­tions

Il est recom­mandé aux personnes souhai­tant perdre ou prendre du poids de se peser une fois par semaine et de mesu­rer leurs tours de taille, de hanches et de poitrine. Ces mesures sont assez simples pour qu’une personne peu quali­fiée les réalise de manière correcte.

Les mensu­ra­tions évoluent rela­ti­ve­ment lente­ment. L’effet sur le long terme du chan­ge­ment se mesure au serrage des vête­ments et aux crans de cein­ture modi­fiés (sans tricher), sans oublier les regards appro­ba­teurs (ou apitoyés) de son entourage…

Pour le poids, la réalité est plus complexe. Perdre du poids ne signale pas auto­ma­ti­que­ment un amin­cis­se­ment. En effet, si l’on prend soin de complé­ter la chrono-nutrition par de l’exer­cice — pour utili­ser à bon escient les protéines four­nies à l’or­ga­nisme — on finira par « faire du muscle » tout en perdant de la graisse. Les muscles étant 25 % plus denses que les tissus adipeux, la perte de poids peut être moins impor­tante qu’on s’y attendait.

Autre cause de mauvaise inter­pré­ta­tion du diag­nos­tic de la balance : avant de perdre de la graisse, on élimine beau­coup d’eau stockée dans l’or­ga­nisme, ce qui explique la rapide dimi­nu­tion de poids des obèses en début de trai­te­ment, et la néces­sité d’un complé­ment vita­mi­nique. Cette perte d’eau est d’ailleurs une aubaine pour les escrocs qui vendent une méthode d’amin­cis­se­ment ou de la poudre de perlim­pin­pin : une cliente/victime s’ex­ta­sie d’avoir perdu 3 kilos en un mois après avoir suivi un coaching inten­sif ! Ce n’est pas sérieux.

Une mesure plus perti­nente de l’amin­cis­se­ment est l’indice de masse grasseN89 de l’or­ga­nisme que l’on peut mesu­rer indi­rec­te­ment avec un moni­teur de perte d’adi­po­sité. Malheureusement, je n’ai pas trouvé d’ap­pa­reil de mesure fiable à un prix abordable.

animated_man_french

Le plus surpre­nant est que notre poids peut varier consi­dé­ra­ble­ment d’un jour à l’autre. J’ai observé des varia­tions, dans les deux sens, jusqu’à 1.5 kg sur 24 heures… L’observation était fiable car, si l’on s’hy­drate unique­ment pendant les repas (en hiver) donc à heures fixes et en quan­tité cali­brée, on ne peut pas attri­buer ce chan­ge­ment à un défaut ni un excès de bois­son. Elle corres­pond proba­ble­ment à une varia­tion de la réserve d’eau dans le corps, mais pas à un ajout ni un manque accidentel.

Ces fluc­tua­tions quoti­diennes justi­fient qu’on ne se pèse pas tous les matins, car il serait dérai­son­nable de s’ex­ta­sier (ou s’ef­frayer) de quelques centaines de grammes de diffé­rence étant donnée l’ir­ré­gu­la­rité de cette quan­tité. On se pèse donc chaque semaine, mais je crois judi­cieux de refaire une seconde mesure à 24 heures d’in­ter­valle pour garder la moyenne des deux. Ou encore de calcu­ler la moyenne sur une semaine de mesures quotidiennes.

Enfin, il ne faut pas accor­der une confiance exces­sive aux balances à affi­chage numé­rique car les modèles bas de gamme sont d’une impré­ci­sion redou­table. Utiliser une balance de la meilleure qualité sur un sol parfai­te­ment plat (quatre points de contact) et monter deux fois de suite sur le plateau pour s’as­su­rer que la lecture est inchangée.

Une exigence de qualité

Viande

CornFedvsGrassFedBeef
Viande de bœuf nourri aux céréales (à gauche) et à l’herbe (à droite)
Source : N90

La viande rouge d’éle­vage indus­triel est tout simple­ment impropre à la consom­ma­tion, issue d’ani­maux rendus malades par une alimen­ta­tion aux céréales qui leur est inadap­tée — voir N91 et vidéoN92 sur le market­ting. Par ailleurs, envi­ron 40 % de la viande de bœuf consom­mée en France l’est sous forme de steak haché. Or il faut savoir que, lorsque cette viande n’est pas prépa­rée devant le client, elle est le plus souvent issue de mine­rai de viandeN93 pauvre en protéines assi­mi­lables et de traça­bi­lité douteuse. Cela même en bio estam­pillé ‘AB. Il est donc indis­pen­sable de s’en tenir à la viande de pâtu­rage n’ayant subi aucune transformation.

Dans un super­mar­ché en 2019, je vois du filet de bœuf fran­çais vendu 22 € le kilo contre 10 € pour un produit « équi­valent » importé d’Allemagne. Il suffit de compa­rer leurs textures pour consta­ter que le second, avec ses fibres grais­seuses, est issu d’ani­maux nour­ris aux céréales.

Fromages

Parmi les produits laitiers, il est impor­tant de consom­mer en prio­rité des fromages fermiers au lait cru dans lesquels les probio­tiquesN70 sont préser­vés. Il n’est pas évident qu’ils survivent à leur passage dans le milieu très acide de l’es­to­mac ; une autre raison de les préfé­rer est que la pasteu­ri­sa­tionN94 détruit 90 % de la phos­pha­taseN95, une enzymeN96 néces­saire à l’as­si­mi­la­tion du calcium. L’affinage élimine le lactoseN80 qui est mal toléré par certaines personnes. 

Le fromage est un privi­lège du marché fran­çais dont il serait regret­table de se priver. Mes favo­ris, en France, sont le Comté, le Roquefort, le Cantal, le brie de Meaux, le Mont-d’Or, le Morbier, le Saint-Nectaire, le crot­tin de Chavignol, la tome de Savoie, les Picodons etc., tous au lait cru…

Autres critères de qualité

Ces consi­dé­ra­tions sur la qualité des produits me paraissent incon­tour­nables pour une approche de la chro­no­nu­tri­tion (au sens géné­rique du terme). Se battre contre l’éle­vage indus­triel et la maltrai­tance des animaux en prônant un retour à l’éle­vage fermier et au pâtu­rage me paraît un enjeu écono­mique, écolo­gique et éthique incon­tour­nable — voir l’ex­posé sur un blogN97 et le site de CWFN98. Surtout au moment où les filières fran­çaises du lait et de la viande — déjà majo­ri­tai­re­ment produc­ti­vistes — sont mena­cées de dispa­ri­tion au profit d’ex­ploi­ta­tions étran­gères encore plus indus­trielles et « compé­ti­tives ». Cette indus­tria­li­sa­tion ne fera que dégra­der un peu plus la qualité des produits et la santé des consommateurs…

Consommer du pain au levain bio (donc avec une farine garan­tie sans ajout de gluten) est très facile en Europe. Certaines marques distri­buent même ce pain (farine de fromentN99 ou d’épeautreN100) sous une forme prête à cuire. C’est ainsi qu’on peut mini­mi­ser le taux de gluten (voir articleN101) et se dispen­ser des pesticides…

À cela il convient d’ajou­ter une mise en garde contre le danger de consom­mer sans discer­ne­ment des produits affec­tés par une pollu­tion chimique qui peut avoir de graves effets sur la santé. C’est le cas notam­ment des pertur­ba­teurs endo­cri­niensN102 au sujet desquels un aver­tis­se­ment à l’in­ten­tion des femmes enceintes a été publié par International Federation of Gynecology and Obstetrics (FIGON103) après un second rapport de Endocrine SocietyN104 qui concerne toute la popu­la­tion (Di Renzo GC et al., 2015N105 ; Gore AC et al., 2015N106 ; voir article en fran­çaisN107). Je trouve choquant d’en­tendre certains méde­cins balayer du revers de la main les efforts de leurs patient·e·s de consom­mer « bio » comme s’il s’agis­sait d’une lubie de « bobo ». Il est heureux que ce souci de qualité soit clai­re­ment reven­di­qué aujourd’­hui par des groupes de discus­sion sur la chrono-nutrition®.

questionnaire de satisfaction, formulaire d'évaluation

En 1960, les ménages fran­çais dépen­saient 37 % de leur budget en alimen­ta­tion. En 2007, cette part était déjà réduite à 21 %. Aujourd’hui elle n’est que de 7 % en Allemagne. Ces chiffres expliquent en grande partie la diffi­culté à privi­lé­gier la qualité des aliments sur leur prix. John Ikerd explique que nous ne payons pas le prix réel quand nous ache­tons de la nour­ri­ture bon-marché (voir vidéoN108). Or la chrono-nutrition® permet de mettre l’ac­cent sur la qualité en opti­mi­sant l’ap­port nutri­tion­nel. Je n’ai aucun scru­pule à consom­mer chaque jour en moyenne 50g de pain (bio au levain), 10g de beurre (bio), 60 à 70g de fromage (affiné arti­sa­nal au lait cru), un œuf (bio) et 100g de viande rouge (labé­li­sée) — au total envi­ron 65 grammes de protéines, corres­pon­dant à 0.9 grammes par kilo de poids corpo­rel — voir mon article Protéines

À titre de conclusion…

Je peux dire que la chrono-nutrition® a été un succès à tous points de vue pour l’amé­lio­ra­tion de ma santé. Il faut toute­fois rappe­ler que je l’ai dès le départ asso­ciée à l’exercice d'endurance quoti­dien et, plus récem­ment, à l’entraînement fractionné de haute intensité puis au demi-jeûne fractionné. D’autre part, je suis atten­tif à la qualité des aliments, un peu négli­gée dans les premiers écrits sur la chrono-nutrition. Enfin, je n’ai utilisé aucun des « produits déri­vés » — barres protéi­nées aux arômes arti­fi­ciels, protéines lactiques avec édul­co­rants etc. — que les experts recom­mandent pour régler divers problèmes.

Ma conver­sion au végé­ta­rismeN16, à 19 ans, était en grande partie une réac­tion au confor­misme que je repro­chais à mes parents et contre « le système » en géné­ral. Il s’agis­sait de ne pas « caution­ner » la mise à mort d’ani­maux, mais la posture avait pris le pas sur la pratique. Ce qui est nouveau pour moi avec la chrono-nutrition telle que je l’ai inté­grée à mon mode de vie, est qu’on ne peut pas l’éri­ger en posture. La pratique est quasi­ment invi­sible car au sein d’un groupe les choix « chrono » sont inter­pré­tés comme une ques­tion de goût : « Non merci, je ne pren­drai pas de dessert ! » (à midi). Ou encore, les personnes que l’on invite à parta­ger un repas ne se rendent pas compte que le menu est conforme à des règles nutri­tion­nelles précises, mais assez flexibles pour lais­ser de la place à l’in­ven­ti­vité — le joker permet même de s’af­fran­chir de toute règle : « Oui, vous pouvez appor­ter du vin et des pâtisseries ! »

La seule chose qu’on puisse montrer sans néces­sai­re­ment en faire l’éta­lage, c’est être en bonne santé à tout âge, avec de l’éner­gie et une silhouette harmo­nieuse, plutôt que se donner l’ap­pa­rence d’un être doué de « conscience » sous le couvert de son enga­ge­ment éthique.

Puisqu’il est ques­tion de « santé », je tiens à souli­gner que la pratique ainsi décrite est desti­née à des personnes « en bonne santé » — en dehors d’un surpoids. Seul un bilan médi­cal permet de vali­der ce choix ; n’ou­blions pas qu’elle a été mise au point par un méde­cin ! Aujourd’hui (2022) ce bilan ne se réduit pas à quelques marqueurs séro­lo­giques : par exemple (dans mon cas) la détec­tion de dysbiosesN109 a entraîné l’évi­te­ment de certains aliments qui sont auto­ri­sés (ou tolé­rés) en chrono-nutrition®.

Cela dit, chacun pourra remar­quer que, telle que décrite et moyen­nant les précau­tions sur la qualité des aliments, il est diffi­cile de prati­quer la chrono-nutrition® hors d’Europe. Dans de nombreuses régions du monde — comme au Canada et dans plusieurs états des USA — les produits au lait cru sont par exemple inter­dits à la vente. Les fromages n’existent quasi­ment pas en Extrême-Orient. Il faut donc trou­ver d’autres sources d’acides gras essen­tiels, calcium, vita­mines, protéines et autres nutri­ments. Elles existent, bien entendu…

Je ne remets pas en cause cette pratique mais je tiens à souli­gner qu’elle a été essayée et opti­mi­sée dans un péri­mètre géogra­phique précis. Il serait aussi diffi­cile (coûteux et inef­fi­cace) de suivre à la lettre les préco­ni­sa­tions de la chrono-nutrition (à la fran­çaise) dans un pays d’Afrique subsa­ha­rienne, par exemple, que de prétendre appli­quer en France le « régime d’Okinawa » qui (selon la légende urbaine) produi­sait des cente­naires dans une île japo­naiseN110 — voir mon article Okinawa, îles de rêve(s).

Restaurant de Pune
Déjeuner « rural » dans un restau­rant de Pune (Maharashtra)
Photo de l’auteur.

Dans certains pays comme l’Inde, consom­mer de la viande rouge est un luxe aux effets aléa­toires, de par sa rareté, le prix et la mauvaise qualité de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment, sans oublier l’ina­dé­qua­tion au climat et le rejet cultu­rel. Il faut aussi savoir qu’une popu­la­tion accou­tu­mée à une alimen­ta­tion à domi­nante végé­ta­rienne depuis de nombreuses géné­ra­tions possède des gènes faci­li­tant la conver­sion des oméga 3 absents dans son régime à partir de leurs sources végé­tales, de sorte que recom­man­der aux Indiens un régime riche en graisses animales serait inap­pro­prié — voir l’étude de Kothapalli KSD et al. (2016N111), expli­ca­tion ici : N112.

Lors de mes séjours au Maharashtra, je privi­lé­gie une nour­ri­ture végé­ta­rienne proche de celle des villa­geois qui consomment des protéines végé­tales sous forme de nombreuses varié­tés de lentilles et de galettes de milletN113. Et je souris (avec un milliard d’Indiens) en pensant à Alain Delabos qui avait un jour déclaré qu’il n’y a de végé­ta­rien heureux qu’obèse… 😀

Pour rester mince et en pleine forme dans un pays étran­ger, la solu­tion la plus raison­nable me paraît être de se nour­rir comme les autoch­tones du même âge sveltes et en bonne santé !

▷ Liens

🔵 Notes pour la version papier :
- Les iden­ti­fiants de liens permettent d’atteindre faci­le­ment les pages web auxquelles ils font réfé­rence.
- Pour visi­ter « 0bim », entrer dans un navi­ga­teur l’adresse « https://​leti​.lt/0bim ».
- On peut aussi consul­ter le serveur de liens https://leti.lt/liens et la liste des pages cibles https://leti.lt/liste.

  • N1 · ipkt · Chronobiologie – Wikipedia
  • N2 · seoe · Site offi­ciel de la chrono-nutrition
  • N3 · x3q9 · Groupe “La chro­no­nu­tri­tion du docteur Delabos”
  • N4 · 3kr9 · Effet placebo – Wikipedia
  • N5 · h4sy · Mieux qu’un régime, la marche sportive
  • N6 · v9ej · Indice de masse corpo­relle ‑IMC – Wikipedia
  • N7 · iip5 · Macrobiotique – Wikipedia
  • N8 · p8et · Tamari – Wikipedia
  • N9 · 4ytb · Gomashio – Wikipedia
  • N10 · 27ds · What sumo eat : The sumo wrest­ler bulk-up diet
  • N11 · s6oz · Acide gras insa­turé – Wikipedia
  • N12 · opzr · Végétalisme – Wikipedia
  • N13 · enad · Depressive Symptoms and Vegetarian Diets : Results from the Constances Cohort
  • N14 · izyr · Radio Interactive SOTT – Entretien avec Lierre Keith
  • N15 · y7u5 · Véganisme – Wikipedia
  • N16 · yirg · Végétarisme – Wikipedia
  • N17 · ykhs · ‘Fat but fit’ still has higher risk of heart disease, study confirms
  • N18 · i6ae · Blog “Ours qui danse”
  • N19 · czsd · Acide gras saturé – Wikipedia
  • N20 · tcwu · La quête du gras – émis­sion La Méthode scientifique
  • N21 · wt8x · Glucagon-like peptide‑1 – GLP‑1 – Wikipedia
  • N22 · 1nkt · Masse maigre – Wikipedia
  • N23 · umd4 · Ouvrage “La bouche, miroir de votre santé” – Bruno Donatini
  • N24 · 3n19 · voir Lynch SR & Cook JD (1980). Interaction of vita­min C and iron
  • N25 · k7it · Hémochromatose : l’ex­cès de fer peut nuire à la santé
  • N26 · 3fv8 · Taux élevé de ferri­tine dans le sang, quels sont les risques ?
  • N27 · 4to6 · Inflammation – Wikipedia
  • N28 · 8kea · Arbre de déci­sion – diag­nos­tic ferritine
  • N29 · yy2s · Iron Disorders Institute
  • N30 · qkza · Ouvrage “Dumping Iron” – P.D. Mangan
  • N31 · cbk8 · Acide phytique – Wikipedia
  • N32 · 0iql · Curcumine – Wikipedia
  • N33 · lja4 · Pipérine – Wikipedia
  • N34 · g8kn · Oxalate – Wikipedia
  • N35 · gmf7 · Wahl R et al. (1993). Oxalate in the human thyroid gland
  • N36 · a5bb · Carcinome lobu­laire in situ – Wikipedia
  • N37 · ts7x · Gonzalez JE et al. (1991). Calcium oxalate crys­tals in the breast. Pathology and significance
  • N38 · yo5u · Mahroum, N et al. (2022). Ferritin – from iron, through inflam­ma­tion and autoim­mu­nity, to COVID-19. J Autoimmun. 126 : 102778.
  • N39 · fcz9 · Boulimie – Wikipedia
  • N40 · 379a · Cétogenèse – Wikipedia
  • N41 · bphq · Le Corps accordé, 2014. Le Corps accordé, 2014. Le Corps accordé – ouvrage
  • N42 · to53 · Tryptophane – Wikipedia
  • N43 · ksa2 · Urinary excre­tory ratio of anthra­ni­lic acid/kynurenic acid as an index of the tole­rable amount of tryptophan
  • N44 · dlmy · Résistance à l’in­su­line – Wikipedia
  • N45 · 92g5 · Effet yo-yo – Wikipedia
  • N46 · 3w7b · Fructose – Wikipedia
  • N47 · ojj9 · FAT — Pourquoi on gros­sit (Garry Taubes, 2012)
  • N48 · kqvd · L’inflammation de bas grade ou inflam­ma­tion systémique
  • N49 · sres · New Age – Wikipedia
  • N50 · a57e · Sarcopenic obesity – Wikipedia
  • N51 · kj3y · Myocarde – Wikipedia
  • N52 · yys4 · Maffetone, P (2015). The Endurance Handbook : How to Achieve Athletic Potential, Stay Healthy, and Get the Most Out of Your Body. Skyhorse Publishing.
  • N53 · d890 · Primal Endurance : Escape chro­nic cardio and carbo­hy­drate depen­dency and become a fat burning beast ! (Mark Sisson & Brad Kearns). Primal Nutrition (2016).
  • N54 · it01 · Densité miné­rale osseuse – Wikipedia
  • N55 · wdfm · The Slow Burn Fitness Revolution (Frederick Hahn, Michael R. Eades & Mary Dan Eades). BroadWay Books (2003).
  • N56 · uo7d · Métabolisme de base – Wikipedia
  • N57 · 11hb · Resting energy expen­di­ture – Wikipedia
  • N58 · 2yt3 · Les dépenses éner­gé­tiques liées à la thermogenèse
  • N59 · 56w2 · Long-term persis­tence of adap­tive ther­mo­ge­ne­sis in subjects who have main­tai­ned a redu­ced body weight
  • N60 · say7 · Ouvrage “La Chrono-diététique” – Jean-Marie Bourre
  • N61 · 1edl · Triglycéride – Wikipedia
  • N62 · hrsj · Insulin, Glucagon, and Fat Metabolism
  • N63 · 7u5c · de Lorgeril, M. et al. (2013). Recent findings on the health effects of omega‑3 fatty acids and statins, and their inter­ac­tions : do statins inhi­bit omega‑3 ? BMC Medicine, Jan. 4, 11 : 5.
  • N64 · 6edf · Régime médi­ter­ra­néen – Wikipedia
  • N65 · gqpv · de Lorgeril M ; Salen P ; Martin JL ; Monjaud I ; Delaye J ; Mamelle N (1999). Mediterranean Diet, Traditional Risk Factors, and the Rate of Cardiovascular Complications After Myocardial Infarction. Circulation, 99 : 779–785.
  • N66 · mnd6 · Athérome ou athé­ro­sclé­rose – Wikipedia
  • N67 · br8z · Syndrome coro­na­rien aigu – Wikipedia
  • N68 · h22p · Ouvrage “Brain Maker” – David Perlmutter
  • N69 · h01g · Microbiote intes­ti­nal (flore intes­ti­nale) – INSERM
  • N70 · rjx1 · Probiotique – Wikipedia
  • N71 · 9lnn · Prébiotique – Wikipedia
  • N72 · id2b · Kéfir – Wikipedia
  • N73 · pcwd · Kombucha – Wikipedia
  • N74 · 1iim · Ces anti­bio­tiques et ces probio­tiques qui font grossir
  • N75 · ncse · Crétin des Alpes ! – à propos de l’iode (Dr. Rueff)
  • N76 · utfj · Fibrinolytic enzymes in Asian tradi­tio­nal fermen­ted foods
  • N77 · pp3t · Lee et al. (2018). Dairy food consump­tion is asso­cia­ted with a lower risk of the meta­bo­lic syndrome and its compo­nents : a syste­ma­tic review and meta-analysis
  • N78 · kpej · Syndrome méta­bo­lique – Wikipedia
  • N79 · nsd7 · Vidéo »La vérité sur les produits laitiers » – Dr Alain Delabos
  • N80 · ojzb · Lactose – Wikipedia
  • N81 · w9wa · Lactase – Wikipedia
  • N82 · qnk0 · Protéase à sérine – Wikipedia
  • N83 · fgh8 · Interview de Richard Johnson – PDF
  • N84 · 62sy · Huile de krill, quelles sont ses vertus ?
  • N85 · f9wb · Diète céto­gène – Wikipedia
  • N86 · 8tcw · Interview with Dr. Richard Johnson
  • N87 · sant · Votre grigno­tage peut indi­quer une carence, décou­vrez laquelle
  • N88 · q7n9 · Chaix A. et al. (2014). Time-Restricted Feeding Is a Preventative and Therapeutic Intervention against Diverse Nutritional Challenges
  • N89 · 65no · Indice de masse grasse – Wikipedia
  • N90 · q62j · Insulin Resistance is Good ?
  • N91 · 75c4 · Pourquoi choi­sir des viandes biolo­giques de pâturage ?
  • N92 · kvvp · Vidéo “The Secrets of Food Marketing ”
  • N93 · wob5 · Minerai de viande – Wikipedia
  • N94 · h0dk · Pasteurisation – Wikipedia
  • N95 · 6hq5 · Phosphatase – Wikipedia
  • N96 · rcy1 · Enzyme – Wikipedia
  • N97 · qx2d · La ques­tion n’est pas de manger moins de viande, mais comment en manger mieux
  • N98 · sa1k · Site “Compassion in World Farming”
  • N99 · 7gox · Blé tendre – Wikipedia
  • N100 · gbr5 · Pain d’épeautre – Wikipedia
  • N101 · 3ryt · Le gluten est-il dangereux ?
  • N102 · 0bim · Perturbateur endo­cri­nien – Wikipedia
  • N103 · 32jg · International Federation of Gynecology and Obstetrics
  • N104 · vox4 · Endocrine Society
  • N105 · rovs · Di Renzo GC et al. (2015). International Federation of Gynecology and Obstetrics opinion on repro­duc­tive health impacts of expo­sure to toxic envi­ron­men­tal chemicals
  • N106 · 2spb · Gore AC et al. (2015). Executive Summary to EDC‑2 : The Endocrine Society’s Second Scientific Statement on Endocrine-Disrupting Chemicals
  • N107 · z2k4 · Perturbateurs endo­cri­niens : l’alerte des médecins
  • N108 · atei · Vidéo “John Ikerd on the Cost of Cheap Food”
  • N109 · fb59 · Dysbiose – Wikipedia
  • N110 · xh38 · Okinawan cuisine – Wikipedia
  • N111 · q3cm · Positive selec­tion on a regu­la­tory insertion-deletion poly­mor­phism in FADS2 influences appa­rent endo­ge­nous synthe­sis of arachi­do­nic acid
  • N112 · 0hyq · How the Media Got a Study About Vegetarianism Really, Really Wrong
  • N113 · n6gi · Bhakri (galette) – Wikipedia

Article créé le 19/09/2015 - modifié le 13/04/2024 à 14h58

388 recommended
13 commentaires
44056 visites

12 thoughts on “Chrononutrition – mon expérience

    • Merci pour cet avis favorable ! Bien entendu, l’article a évolué depuis cette date (et continue d’évoluer) de sorte que je ne peux pas être certain que toutes les propositions sont en accord avec votre enseignement.

      22
  • Bonjour, et merci pour votre article très complet que je like et met en favori.
    je m’appel Sam, la trentaine et j’étais monté à 95/96 kg pour 1m74…Après les régimes à compter ses calories, le sport à haute dose mais avec une alimentation trop light, on m’a parlé de la chrono.
    J’ai commencé la chrononutrition depuis novembre 2015 et aujourd’hui, je suis à 84kg dejà (-11kg). Et je mange mieux, voir plus qu’avant sans n’avoir jamais faim en rentrant le soir du boulot.
    J’ai publié régulièrement sur mon fb mes avancées et surtout les plats que je cuisine grâce aux recettes de son bouquin très bien fait.
    A force de faire baver d’envie mes copines qui me voit dévorer et maigrir, et à leur demande, j’ai réalisé un blog ou je relate à ma manière mon experience de la chrononutrition au fil du temps.
    Le blog est récent, mais déjà 7 articles et je vais prochainement l’étoffer avec les photos et recettes des plats.
    Ceux et celles qui veulent découvrir sous un autre angle la chrononutrition, vous êtes bienvenue. Je ne gagne rien à celà, juste le plaisir de savoir que celà peut aider d’autres personnes à mincir comme moi !
    https://machrononutrition.wordpress.com
    Sam

    41
    • Votre blog est très intéressant. La démarche que vous avez eue illustre bien les limites de l\’injonction \”manger moins et bouger plus\”… Déjà parce que les coaches font la confusion entre l\’exercice d\’endurance (cardio) et l\’entraînement fractionné de haute intensité, qui n\’ont pas du tout les mêmes effets bien qu\’ils aient chacun leur utilité ; depuis quelques mois je combine les deux et j\’espère bien être sélectionné aux prochains JO, ouarf   😉
      Ensuite l\’expérience \”weight watchers\” qui aboutit souvent à un échec parce que le corps finit par crier famine et on laisse tomber avec un sentiment d\’échec, en ayant perdu de la masse musculaire plutôt que du gras – ce qui d\’ailleurs peut endommager irréversiblement le cœur ! C\’est une bonne idée d\’avoir un appareil pour mesurer le taux de masse grasse dans l\’organisme, ça évite de loucher en ne regardant que le mètre de couturière…
      Le bouquin d\’Alain Delabos est très bien fait. La méthode ne coûte donc pas plus que 16 euros si on sait bien lire. Ça n\’interdit pas de faire quelques adaptations personnelles, si on maîtrise bien le pourquoi et si on en vérifie concrètement les effets.
      Vous et moi avons 30 ans de différence mais nos expériences convergent, ce qui n\’est pas surprenant vus les nombreux travaux scientifiques qui font apparaître l\’intérêt de cette méthode. Elle ne convient pas forcément à tout le monde sous cette forme, mais quand elle convient les résultats sont impressionnants et durables !

      46
  • Bonjour,

    Merci de cet important travail de restitution et documentation de vos cheminements et expériences personnels avec, il m’a semblé, une véritable intention d’objectivation et, peut-être, de déculpabilisation eu égard à votre conclusion.

    De formation scientifique, j’ai également mené de mon côté durant des années des recherches en la matière concernant la santé et le régime alimentaire de mon épouse atteinte jeune d’une polyarthrite sévère et mon propre régime.
    Je suis une alimentation végétarienne depuis 9 ans dont végétalienne depuis 6 ans, sans carences détectées par les professionnels de santé (médecins nutritionnistes spécialisés ou non). Et je suis en très bonne forme vu mes conditions de vie intenses et très mobilisantes des 4 dernières années.

    Je connais personnellement plusieurs dizaines de personne ayant opté pour une alimentation végétarienne ou végétalienne, certaines depuis plus de 30 ans, en très bonne santé, tant sur le plan de l’apparence physique que selon les critères de diagnostic de la médecine contemporaine (selon leurs médecins). C’est d’ailleurs leur rencontre qui m’a montré par leur exemple vivant que je pouvais passer à ces choix alimentaires sans danger, aux précautions près concernant certaines carences potentielles (vraies également en alimentation carnée), alors que je n’osais pas jusque-là du fait des nombreuses croyances populaires (y compris chez les professionnels de santé).

    Effectivement, outre des principes généraux, le choix de l’alimentation est influencé par les spécificités physiologiques de chacun. Je connais par exemple certains végétaliens en difficultés mineures et majeures, malgré une alimentation a priori identique et au moins très analogue à leurs semblables.

    Je n’ai rien contre les personnes qui mangent de la viande, au titre de la difficulté que chacun peut avoir à maîtriser son corps et ses comportements, notamment alimentaires, liés à de nombreuses composantes psychiques. Je me détourne en revanche de toute intention persistante basée sur la mauvaise foi.
    À cet égard, deux points essentiels me semblent manquer aux propos rencontrés sur le végétarisme et le végétalisme, avec ou sans recherche d’objectivation (il est certes bien difficile en la matière d’être complets).
    Et c’est justement parce que ces deux points mettent (d’expérience) tous les acteurs de la nutrition (professionnels de santé, éleveurs, agro-industriels et patients/clients) face à leur responsabilité de choix d’être un humain conscient ou volontairement ignorant, comme vous le mentionnez trop brièvement de mon point de vue.

    1 – Le régime végé* n’est pas une question d’éthique, qui concerne les jugements de valeur morale. Il s’agit de la compréhension profonde de l’égalité de droit de tout animal au même titre que l’animal humain ou que les animaux humains entre eux (et elles …). Cette compréhension est une question de conscience mobilisant toutes les composantes de l’être. Elle ne relève pas seulement de l’utilisation exacerbé de l’instrument mental humain qui s’exercerait à discerner la vérité dans un exercice purement intellectuel. Faut-il encore bien se connaître pour accéder à toutes ces composantes … or il existe à notre époque occidentale atteinte de déviance mentale généralisée par de nombreux facteurs, tout pour réapprendre à se connaître, sur toute la surface de la planète.
    L’humain est bien, à ce jour, le seul animal à pouvoir disposer de cette capacité de libre choix d’adaptation conscient et volontaire de ses comportements vis-à-vis de son environnement. Et beaucoup d’entre nous disposent de toutes les conditions de vie et caractéristiques physiologiques qui permettraient de passer à une alimentation végétale.
    Une fois l’intention lancée, cela reste plus ou moins facile selon la physiologie et les conditions de vie de chacun-e, d’autre part également utilisés comme prétextes à l’absence de volonté de changement (facteurs psychiques pourtant maîtrisables).

    2 – Sur un horizon de moyen/long terme, il me semble parallèlement important de reconnaître le rôle fondamental des mécanismes expliqués par l’épigénétique, récemment découverte par l’intellect humain scientifique et encore peu connue, bien que très prometteuse, de l’intellect médical et populaire.
    Cette faculté, pour les êtres vivants, de transmettre éventuellement à leur descendance une caractéristique acquise au cours de leur vie ou encore de la perdre alors qu’elle a été héritée, influe directement sur la nature de nos comportements, des plus physio-dépendants au plus intellectuellement sophistiqués.
    Ainsi, si cela peut être plus difficile pour certains corps, il reste possible de revenir des choix alimentaires privilégiés de génération en génération depuis des siècles par facilité (et peut-être plus récemment par propagande politico-médico-agro-industrielle). Heureusement d’ailleurs, car une partie d’entre nous serait sinon condamnée au cannibalisme des néandertaliens.

    Les détails de ces deux points étaient déjà bien représentés et synthétisés par Rabelais dans sa formule “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.”, de Gargantua à propos de l’éducation de Pantagruel.
    La conscience de l’impact de notre régime alimentaire est, pour beaucoup d’entre nous, l’un des fondements d’une approche universelle et paisible du monde vivant impartie à l’Homme, seul sur Terre à avoir été doté des qualités requises pour en prendre la responsabilité.

    Ce qui nous renvoie chacun-e à recadrer consciemment nos réflexions quant à notre santé et à notre perception de notre bien-être “naturellement” égocentriste, puis à nos intentions et choix de comportements qui influenceront les prochaines générations que je souhaite nombreuses à vivre en paix, tant chez les humains que chez les autres animaux.

    Un site avec une belle intention d’objectivation dépassionnée sur la question : http://www.eleusis-megara.fr/arguments-contre-le-vegetarisme/

    17
    • Bonjour,

      N’ayant pas vu d’alerte sur ce commentaire, je l’ai découvert aujourd’hui, ce qui explique mon retard…

      Merci d’avoir exposé avec beaucoup de soin votre parcours personnel et vos choix en matière de nutrition. Il y aurait beaucoup à débattre sur ce sujet, quelques points peuvent être soulignés dès maintenant.

      1) Je vais pleinement dans votre sens pour ce qui est de reconnaître la diversité des individus, autrement dit de leurs capacités et besoins reconnue par l’épigénétique et les études sur le microbiome. Voir par exemple l’étude sur la glycémie de ZeeviD. et al. dans ma page “Nutrition : qui écouter ?

      Les travaux en épidémiologie cherchent à établir des “preuves statistiques”. On peut discuter leur pertinence lorsque les groupes d’essai ne sont pas correctement caractérisés et segmentés. La disparité des résultats est donc une conséquence de cette difficulté à définir des groupes homogènes, par méconnaissance des critères significatifs. Les méta-analyses ne font que renforcer ce nivellement.

      2) Chacun a ses propres “statistiques” (plutôt qualitatives) pour se rassurer de ses choix. Vous connaissez des végétaliens de longue date actifs et en bonne santé, mais moi j’ai vu surtout des jeunes femmes au vieillissement spectaculaire après quelques années de pratique : peau sèche et ridée, dépression chronique, caries dentaires, boulimie ou anorexie. Plus récemment, d’autres qui deviennent obèses, peut-être en raison d’une plus grande insensibilité de l’insuline. Certes, ça arrive à des “omnivores”, mais celles auxquelles je pense étaient parfaitement en équilibre avant de changer leur mode de vie.

      3) On ne peut donc pas décréter ce qui est préférable à partir de l’observation de quelques cas. Sinon on tombe dans le biais du “grand-père qui a vécu 98 ans sans cancer alors qu’il fumait trois paquets par jour”. Mais affirmer que tel ou tel choix est préférable “dans la majorité des cas” n’est qu’un aspect de la prise de décision d’un individu particulier. Typiquement, dans des choix de longue durée comme végétarisme versus végétalisme, mais c’est la même chose, par exemple, pour décider combien de temps on devrait prendre un anti-agrégant plaquettaire après une angioplastie : quel est le rapport risque/bénéfice pour soi en particulier ?

      Et puis, comment on évalue le bénéfice ? Sur un même trajet quotidien un chauffeur a le choix entre l’autoroute et une route départementale sinueuse. Il préfère la seconde pour profiter du beau paysage. Il est probable que le risque d’accident est bien plus grand, y compris pour ses passagers. Mais est-il irresponsable de faire ce choix ?

      4) Je ne me suis pas bien adapté aux habitudes culinaires en Inde (13 ans de séjour) malgré ma profonde conviction végétarienne à l’époque. Ce n’est pas seulement une adaptation psychologique car, objectivement, le manque probable de vitamine K2, l’excès de glucides etc. additionnés aux microparticules de la pollution aérienne, ont contribué à obstruer mes artères : calcification, inflammation… Il y a probablement des moyens d’éviter cela (sauf la pollution) et je crois que les Indiens des villes, partagés aujourd’hui entre plusieurs modes de vie traditionnels/occidentaux, devraient chercher leurs propres solutions, par exemple en intégrant les données de la chronobiologie.

      5) Ethique et morale ne sont pas identiques. Je parlais de choix éthique — le mien dans la période “végé” — au sens du respect de l’environnement et d’une minimisation supposée de la souffrance animale. Aucune morale, et je ne ressens aucune culpabilité d’avoir modifié mes habitudes pour des raisons de santé et de longévité.

      6) La page “chrononutrition – expérience” (ci-dessus) est la seule dans laquelle j’évoque ce choix personnel, uniquement pour illustrer et mettre en contexte les bases théoriques de la chronobiologie de la nutrition. J’évite de suggérer un choix. Les “carnistes” me reprochent de ne pas dénoncer les dérives de pratiques extrêmes, les “végé” me reprochent de ne pas refléter suffisamment leurs idées. Ça m’est égal. Ce qui m’intéresse dans la nutrition est de comprendre les effets biologiques des macro et micronutriments. L’article “Protéines” suggère peut-être que de nombreux végétaliens sont carencés, mais si c’est vrai ils peuvent chercher des solutions et les exposer avec la même rigueur scientifique.

      Je n’ai de problèmes qu’avec les gens qui cherchent à imposer aux autres leurs choix, sur des arguments d’autorité (“je sais mieux que vous”) ou de moralité. Par exemple des adeptes de diète cétogène qui prônent de ne consommer que de la viande, juste pour faire ch… les véganes ! C’est crétin comme position, car on peut faire du cétogène même sans viande. Je rejette donc les extrêmes, mais sans pour autant prétendre que le bon chemin est “dans la moyenne”.

      17
  • Bonjour,

    Je me permets de poster ici quelques éléments de mon expérience de la chrononutrition, qui donne suite à la discussion dans les commentaires de la section “Protéines” du blog. J’ai adapté la nouvelle chrononutrition (2018 et 2019) à mes besoins en fonction de la quantité de protéines recommandées (0,83 g/kg/j) pour une personne de mon poids. Les détails de la pondération se trouvent dans la discussion “Protéines”.

    Voici le bilan après 4 semaines de chrononutrition adaptée (“diététique”) : Le poids de départ (31/08/2019) était de 104,3 kg. Il est maintenant à 99,5 kg (-4,8 kg). Si l’amaigrissement est assez appréciable, l’amincissement l’est tout autant : -2 cm de tour de poitrine, -4 cm de tour de taille et -3 cm de tour de hanches. Chose intéressante, ma masse maigre est restée stable : 64,9 kg (indice de masse maigre : 20,0 kg/m²). Il ne serait donc pas nécessaire, a priori, de manger surprotéiné pour conserver le muscle, mais il faudrait pousser les observations au-delà de 4 semaines. Par souci de complétude, je dois admettre que j’ai consommé 1 chrono-barre (+ ou – 8 g de protéines) au goûter la dernière semaine pour exacerber l’effet saciétogène des repas.

    La chose la moins positive est peut-être que je n’ai pas changé de morphotype à l’issue de ces 4 semaines de chrononutrition. Selon le simulateur utilisé sur les sites officiels de la chrononutrition, je suis toujours un Monastique à tendance Don Camillo. J’utilise toujours les morphotypes pour avoir une base de pondération des quantités de nourriture. Cela n’engage en rien une croyance scientifique en les morphotypes suggérés par le Dr Delabos.

    Je vais donc entamer la deuxième phase de mon amincissement, durant laquelle je vais passer progressivement de + ou – 1,06 g/kg/j à + ou – 0,78 g/kg/j de protéines, ce qui va donner la progression suivante en termes de quantités d’aliments :

    MATIN :
    – 110 g –> 65 g de fromage ;
    – 55 g –> 32 g de pain ;
    – 4 cc –> 1 cc d’huile d’olive.

    MIDI :
    – 190 g –> 150 g de viande rouge
    ou 220 g –> 190 g de viande blanche
    ou 210 g –> 130 g de magret ou filet de canard ;
    – 15 cl –> 10 cl de féculents ;
    – 10 cl de sauce.

    GOÛTER :
    – 1 chrono-barre ;
    – (si écart – de 6h) : 5 cl de graines oléagineuses non salées ou 1 avocat ;
    – (si écart – de 5h) : 1 fruit ou 15 cl de jus de fruit ou 10 cl de compote.

    SOIR :
    – 170 g –> 125 g de poisson
    ou 100 g –> 80 g de viande blanche ;
    – 30 cl –> 25 cl de légumes ;
    – 10 cl de sauce.

    La variation des quantités d’une semaine à l’autre dépend de la comptabilisation ou non de la chrono-barre dans les apports journaliers recommandés en protéines. La barre est comprise dans les calculs en semaines 2 et 4. La variation après deux semaines résulte du passage des quantité d’un morphotype (pondéré) à l’autre. Procéder de la sorte permet de diminuer progressivement les quantités de protéines sur quatre semaines, ainsi que l’énergie absorbée.

    20
  • J’ajoute ici des éléments de ma propre expérience de la chrononutrition du 01/10 au 27/10/2019. J’en suis à 8 semaines de chrononutrition adaptée aux AJR en termes d’apports protéiques. De 99,5 kg, je suis passé à 97,5 kg en l’espace de 4 semaines, donc -6,8 kg en 8 semaines. Mon impédancemétrie m’indique toujours une certaine stabilité de la masse maigre (masse maigre estimée à 64,8 kg ; indice de masse maigre = 20,0 kg/m²). J’aurais donc perdu de la graisse et non du muscle. Le point sur les mensurations après 4 semaines | 8 semaines :

    tour de poitrine : – 1 cm | – 3 cm ;
    tour de taille : – 1 cm | – 5 cm ;
    tour de hanches : – 0 cm | – 3 cm.

    Sans grande surprise, mon morphotype n’a pas encore changé (Monastique tendance Don Camillo). Le peu de poids et de mensurations perdus est attribuable aux 11 jokers que je me suis octroyés au lieu des 8 généralement autorisés, mais aussi à leur durée (des repas qui tirent en longueur en famille ou entre amis). Il m’est arrivé de me sentir faible par moments, sans doute à cause du faible nombre de calories ingérées (1000 à 1300, sans compter l’ajout de sauce ou d’huile dans les plats), mais s’occuper d’un bambin de 7 mois demande aussi pas mal d’énergie ! Durant cette deuxième phase, j’ai réintroduit les féculents le midi, mais leur quantité a fait l’objet de la même pondération que les protéines. Je ne consommais donc que 50 à 60 % des valeurs recommandées dans la nouvelle chrononutrition (2019). J’ai aussi ajouté une barre Tryptozen à chaque goûter, mais la teneur en protéines de celles-ci est inférieure à celle des barres vendues par le Dr Delabos et elles contiennent plus de sucres que de protéines. Je n’avais pas vraiment d’autre alternative du fait que les barres chrono ne sont livrées qu’en France, à part peut-être me confectionner mes propres barres à base de whey. C’est une alternative à explorer, mais je ne compte pas le faire pour l’instant et je supprime les barres jusqu’en décembre.

    17
  • Bonjour,
    Je viens de découvrir votre site et même si nous n’avons pas un vécu identique qui le justifierait, nos mensurations et morphotypes sont très proche :1,70 pour 96 kg avec une bouée proéminente au départ (1,17m de tour de taille).
    Lorsque vers 60 ans je me suis découvert un Diabète de type II, mon médecin traitant m’a conseillé de maigrir. Assisté des conseils dune nutritionniste j’ai régulé ma consommation alimentaire tout en me restreignant sur certains produits, la viande et le sucre notamment. Hélas, si cela s’est avéré efficace au début puisque j’étais descendu à 78 kg (dont du muscle malheureusement), le long terme m’a ramené à 84 kg tant il est difficile de ne pas reprendre les mauvaises habitudes lorsque les nouvelles ne sont pas supportable.

    Je suis pour des raisons de traumatisme infantile non résolu , constamment stressé (elle est où la résilience, elle est où?). j’ai découvert que cette situation entraîne une envie de grignotage quasi permanent. Cette prise de conscience est une nouvelle cruciale. Mais, si la résilience viendra, ce n’est pas à effet immédiat.

    En attendant, avec les kgs repris le spectre du Diabète initialement éloigné a refait surface. Je dois donc faire en sorte de l’éloigner à nouveau. J’ai acquis une certaine expérience sur le respect des consignes, cependant j’ai aussi appris que trop de restriction entraîne un phénomène Yo-Yo plus nocif à la longue que de ne rien faire. Mes portions actuelles sont: le matin 50 g de pain, 10 g de beurre, 1 yaourt, 1 verre d’eau et un mug de thé, le midi: 100g de viande crue, 140g de légume, 140 g de féculent, 30g de fromage 25g de pain, 1 fruit; le soir: la même chose mais avec 50g de viande seulement et le fromage est remplacé par un yaourt. Boisson à volonté pour le déjeuner et le diner je bois (eau gazéifiée par mes soins + quelques gouttes de citron pur) presque 2l par jour en hiver et davantage encore en été.
    Mon problème vient d’un grignotage irrationnel lors de situation de stress ou rappelant le trauma (même un scénario de film ou un livre peut déclencher la crise de grignotage).
    Fort de cette information capitale et de l’expérience nutritionnelle passée, je vais commencer cette semaine un changement alimentaire notable en utilisant la Chrono-nutrition du docteur Delabos, dont le régime carné me conviendrait davantage en comblant cette impression de manque que j’ai avec cette portion congrue de 100g par jour depuis 3 ans qui me pousse (mais pas que, une poussée de stress aide aussi pas mal) dans les moment de découragement à me jeter sur du fromage en cours de journée.
    Néanmoins, cet été, grâce à la construction d’une tranchée verte à 300m de la maison, moi qui ne pratiquait aucune activité physique, j’ai fait l’acquisition d’un “trike” (vélo surbaissé à 3 roues) et me suis entrainé 3 fois par semaine (2 fois 1h00 et 1 fois 3 à 6h00) pour, commençant à 15 km arriver à faire en augmentant progressivement 80 km d’une seule traite à bonne allure ( 20 km/h, mais le vélo pèse plus de 20 kg avec de petite roue). Cependant cela a participé à ma reprise de poids puisque pour éviter une hypo glycémie à l’effort j’ai consommé des barre énergétiques sucrées, qui m’ont remis le pied à l’étrier sur du grignotage sucré.

    Comme je veux faire disparaître l’hydre du diabète, 4 semaine de “régime” starter me feront le plus grand bien. Je ne compte pas utiliser de “Joker”, puisque comme mes “repas plaisirs” actuels ressemblent à quelques exceptions près au menu du “régime starter”( plus de viande, sauce, etc..), j’aurai déjà l’impression d’effectuer un “repas plaisir” chaque jour. Après lecture des livres du Doc Delabos, ces 4 semaines ont l’avantage de ne laisser que peu de liberté de choix, il suffit de suivre le programme à la lettre (comme un règlement) et je dois avouer qu’après ces trois ans de privation, rien que le menu de chaque semaine me donne du baume au cœur, il y a tant de bonne chose là dedans dont je me suis privé soit disant pour mon bien et qui m’ont manqué. A l’issue de ces 4 semaines, je devrais être rompu à la méthode et pourrais alors commencer à manger d’une façon chrono…

    18
    • C’est très judicieux, vu votre histoire personnelle, de faire l’expérience de la chrononutrition en suivant scrupuleusement les recommandations d’Alain Delabos. Pour éviter toute erreur vous gagneriez à vous inscrire sur le forum (https://leti.lt/hqg4 ), non seulement pour poser des questions mais pour découvrir aussi celles d’autres personnes qui anticiperont les vôtres… [Le forum est en maintenance à l’instant, mais j’espère que c’est pour une courte durée.]

      Sans aller dans le détail, pour limiter la fringale et donc le grignotage sans se “gaver de calories” le plus simple est d’augmenter la quantité de protéines, sachant que vous le faites dans une pratique limitée dans le temps, jusqu’à retrouver votre poids et mensurations acceptables.

      Ce qui m’a semblé le plus bénéfique dans la chrononutrition (en plus de l’élimination du surpoids) était le côté “chrono” : la remise en route, ou la synchronisation, des horloges biologiques. Probablement à de nombreux niveaux, qui vont du fonctionnement des organes aux actions de certaines bactéries qui agissent sur nos hormones. La régularité des fonctionnements contribue à la disparition des fringales. En fait, vos accès de boulimie ne sont peut-être pas uniquement l’effet de souvenirs traumatisants, ils peuvent aussi exprimer la demande de bactéries en manque de certains nutriments. Dans mon cas perso, le jour où j’ai osé consommer les quantités préconisées de fromage, œuf, beurre au petit-déjeuner, toute envie de grignoter a disparu. Pour d’autres le point de bascule pourrait se situer au repas de midi… Après mon petit-déj chrono, je peux rester sans manger jusqu’au jour suivant si les circonstances m’y obligent et ne ressentir aucune faim compulsive. (Bien sûr, si on m’invite au restaurant je ne refuserai pas !)

      Aujourd’hui je vois la “chrono” principalement sous l’angle de la resynchronisation des horloges biologiques — ce qui inclut le sommeil. L’amélioration de ma santé en général implique d’autres facteurs comme l’exercice physique (endurance et intensité) qui est documenté sur ce site. Comme il m’arrive de faire des excès qui se traduisent vite par une reprise de poids, j’utilise d’autres stratégies qui chez moi fonctionnent mieux que le “starter” tout en restant “chrono-compatibles”. Par exemple une période de diète cétogène (https://leti.lt/3rhw). Plus récemment le régime “Stop & Go” de Taty Lauwers (voir https://leti.lt/mlm2 ). je suis en pleine expérimentation. Ce dernier me plaît beaucoup car il permet de faire de la restriction calorique un jour sur deux — les bactéries comprennent vite ! — en ne se privant de rien le jour suivant. L’effet, outre la diminution de surpoids, est qu’on retrouve une régulation de l’appétit (techniquement, peut-être, la sensibilité à la leptine) telle qu’on se nourrit raisonnablement même le jour de “fête”. La chrono ne garantit cet équilibre que si on mesure les quantités d’aliments, sachant que tous les jours on peut être tenté de faire “joker” !

      Donc le jour de demi-jeûne je regarde la barre de chocolat qui me fait envie en me disant que demain j’y aurai droit, mais surprise, le lendemain je n’aurai envie que de la moitié car d’autres aliments plus sains auront comblé ma faim. Tout ça c’est à la fois des bactéries, des hormones et de la psychologie, depuis que nous savons que nous avons des neurones partout. 🙂

      Pour l’hypoglycémie pendant l’entraînement de résistance, vous pouvez à la fois réhabituer votre organisme (via les mitochondries) à puiser ses calories dans le gras, ce que la chrono fait très bien, mais aussi doser l’intensité d’effort en utilisant le cardiofréquencemètre selon les indications de Phil Maffetone (https://leti.lt/85dx ). Effectivement, le surentraînement peut accentuer les fringales. Maffetone écrit d’ailleurs que de nombreux athlètes de “haut niveau” sont à la limite de l’obésité, et donc en très mauvaise santé…

      12
  • Reçu ce commentaire de N.F. aujourd’hui :

    Bonjour, la méthode Delabos demande des aménagements suivant les personnes, je prends un exemple: une personne décide un matin de prendre au petit déjeuner 100g de Roquefort et 50g de pain, c’est possible d’après le livre, elle consomme alors 5,5g de sel en une seule fois, c’est la consommation de sel pour une journée d’après l’OMS, si elle mange ensuite dans la journée viande, charcuterie, poisson ou fruits de mer elle prend trop de sel, mais cela n’est pas mentionné dans le livre, donc si on ne calcule pas sa consommation journalière de sel on peut à long terme avoir des problèmes de santé: rétention d’eau, hypertension etc.

    19
    • En effet, toute méthode doit être adaptée au métabolisme de la personne et aux effets bénéfiques qu’elle espère produire. C’est pourquoi j’ai précisé dans l’article que le récit d’une expérience individuelle n’est pas transposable : c’est une donnée “anecdotique”. Il existe une telle diversité entre les individus qu’on peut longtemps hésiter avant de trouver les options qui conviennent. La participation a forum (maintenant un groupe FB) peut faire gagner beaucoup de temps.

      La “méthode Delabos”, ce sont les grandes lignes d’une pratique nutritionnelle s’appuyant sur la chronobiologie de la nutrition et adaptée au contexte français (+ pays voisins) où des fromages de bonne qualité sont accessibles comme sources de protéines, graisses saturées etc.

      Je n’ai pas cherché à calculer les doses de sel provenant des fromages que nous consommons au quotidien. Le Roquefort est un de mes préférés mais au goût il paraît fortement salé. Il fait partie de ceux qu’on consomme en petites quantités. 100 grammes c’est franchement une overdose ! Ma consommation actuelle de fromage avoisine les 50 grammes, et s’il y a 15 grammes de Roquefort dans l’assiette c’est déjà la fête…

      La charcuterie à midi n’a rien de “chrono”. Parmi les poissons, les sardines à l’huile ou au naturel sont peu salées et la conservation au sel est devenue rare.

      L’ANSES donne une moyenne de consommation quotidienne de sel d’un peu plus de 6 grammes pour les femmes et 8 pour les hommes. Si l’on évite les produits transformés de l’industrie, la dose reste raisonnable puisque 80 à 90% proviennent de ces produits.

      Les premières années nous avons fait un “régime sans sel” par peur de l’excès. Puis la lecture de la presse scientifique m’a permis de comprendre que le sel serait bien moins dangereux qu’annoncé, et même que les carences peuvent avoir de graves conséquences. Voir mon article Le sel est-il notre ami ? Le sel a été “diabolisé” comme les graisses saturées – voir mes articles sur le cholestérol et l’usage des statines – toujours pour ne pas désigner le principal coupable qui est le sucre… Il n’a pas d’effet direct sur la tension artérielle, celle-ci étant plutôt déterminée par la quantité d’eau présente dans le sang. Dans l’imaginaire collectif (qui était le mien) on se représente le sel comme un agent agressif de nos organes, un peu à la manière de l’eau de mer qui fait rouiller les pièces métalliques !

      Les “quantités recommandées” de certains aliments classés comme dangereux ont été déterminées à l’aide de corrélations issues d’enquêtes nutritionnelles qui n’ont pas grand chose de scientifique. Voir mon article : Faut-il jeter les enquêtes nutritionnelles ?

      La question de l’hypertension artérielle mérite aussi une réflexion critique. Les solutions diététiques ou médicamenteuses sont loin d’être aussi satisfaisantes qu’une pratique régulière d’exercice : entre autres, la production naturelle d’oxyde nitrique dilate les artères et facilite la circulation sous effort… Mais sur quelles mesures se base-t-on pour diagnostiquer de l’hypertension artérielle ? La pression sanguine augmente avec l’âge, c’est souhaitable pour maintenir la circulation dans de petits vaisseaux qui nourrissent le cerveau en oxygène — autrement dit, éviter un AVC ischémique. Pour mesurer son évolution entre des bornes acceptables, on fait des mesures sur 24 heures afin de s’assurer qu’elle diminue pendant le sommeil. C’est l’absence de diminution (parfois même une augmentation) qui signale un dysfonctionnement.

      Bien entendu, certains dysfonctionnements exigent un traitement médical, mais chez un individu qui cultive de bonnes habitudes de nutrition, d’exercice, de sommeil etc. et qui a la chance de vivre dans un environnement sain, le recours à une solution médicale reste improbable. Dans mon histoire personnelle de syndrome coronarien, c’est probablement la calcification des artères qui était en cause et non le sel ou les graisses saturées…

      Aujourd’hui nous salons certains aliments pour le goût, toujours en très petite quantité. Nous consommons aussi quelques algues sur les salades pour compenser un manque d’iode.

      14

Écrire un commentaire...

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Oldest
Newest
Most Upvoted
Translate / traduire
Audio Player
00:00
00:00 / 00:00
➡ Sommaire