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Cancer

Cancer – approche métabolique

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Nous avons vu sur la page précé­dente (Cancer - nouvelles pistes) que l’ex­pé­ri­men­ta­tion animale avait permis de mettre en évidence des méca­nismes gouver­nés par le style de vie (nutri­tion, exer­cice…) qui peuvent contri­buer à ralen­tir, voire stop­per la crois­sance tumorale.

Que donnent-ils appli­qués aux humains ? Peut-on extra­po­ler les résul­tats de cette expé­ri­men­ta­tion pour propo­ser des soins en complé­ment des trai­te­ments conventionnels ?

Nous verrons que cette approche méta­bo­lique est en accord avec les données de la science. Elle peut rendre plus effi­cace le trai­te­ment et dimi­nuer ses effets secon­daires — sans pour autant s’y substi­tuer. Elle ouvre aussi des pistes pour la recherche d’une hygiène de vie en préven­tion du cancer et d’autres mala­dies chroniques.

Il va de soi que les notions abor­dées sur cette page ne peuvent pas se substi­tuer à un quel­conque trai­te­ment du cancer. Ce travail docu­men­taire invite plutôt à des lectures appro­fon­dies et des discus­sions plus ouvertes avec le corps médi­cal. Elles sont aussi loin de couvrir l’éven­tail des propo­si­tions théra­peu­tiques — même dans le cadre strict de travaux scien­ti­fiques. Le suivi de ces propo­si­tions n’est pas garanti.

Sommaire

Jeûne et restriction calorique

Les travaux de l’équipe de Valter D Longo (voir notam­ment Lee C et al., 2012N1) ont montré que le jeûne ne guéris­sait pas le cancer mais qu’il retar­dait la crois­sance des tumeurs et augmen­tait l’ef­fi­ca­cité de la chimio­thé­ra­pie. Il s’agis­sait au départ de short-term star­va­tion, autre­ment dit de restric­tion calo­rique d’une durée n’ex­cé­dant pas 24 heures. Une autre étude (Cheng CW et al., 2014N2) a montré qu’un jeûne prolongé (3 jours) pour­rait aussi entraî­ner un renou­vel­le­ment de cellules souches qui agirait contre l’immu­no­sup­pres­sionN3 induite par la chimiothérapie.

Le jeûne entraîne une résistance au stress différentielle face à la chimiothérapie.
Source : Lee C & VD Longo (2011N4)

Dans un autre article de la même équipe (Brandhorst S et al., 2013N5), il est confirmé par l’ex­pé­ri­men­ta­tion animale qu’une courte restric­tion calo­rique protè­ge­rait les cellules saines contre les effets de la chimio­thé­ra­pie tout en y sensi­bi­li­sant les cellules cancé­reuses, grâce à la dimi­nu­tion du facteur de crois­sance ressem­blant à l’in­su­line (IGF‑1N6). L’IGF‑1 a par ailleurs pour effet de favo­ri­ser la crois­sance des tumeurs en accé­lé­rant leur proli­fé­ra­tion et en inhi­bant le « suicide » (apop­toseN7) des cellules endommagées.

Une lecture plus détaillée des publi­ca­tions et des effets annon­cés conduit toute­fois à une conclu­sion moins spec­ta­cu­laire. En commen­taire de l’étude d’Irène Caffa et al. (2020N8) — même équipe — Jérémy Anso écrit (2024N9) :

Conséquence ines­pé­rée de son trai­te­ment, il a pu inver­ser la résis­tance aux chimio­thé­ra­pies de certaines lignées tumo­rales. Ce résul­tat est plutôt excep­tion­nel, car la résis­tance des tumeurs à certains produits dégrade forte­ment les chances de survie. […]

La pratique isolée de cette forme très parti­cu­lière de restric­tion calo­rique, vouée quelque part à entraî­ner une cétose de l’organisme, n’a pas permis de contrô­ler l’évolution des tumeurs [chez des souris atteintes de cancer du sein]. Si l’évolution était dange­reuse, elle n’était pas si pire qu’une évolu­tion libre dans les groupes témoins. […]

Avec nos connais­sances actuelles, il semble plutôt dérai­son­nable de propo­ser un jeûne (inter­mit­tent ou non) chez une personne à risque de cachexie (perte de poids trop impor­tante pour la corri­ger seul) avec des consé­quences graves pour l’évolution d’un cancer.

Dans l’autre cas, nous n’avons que des hypo­thèses : solides chez la souris, promet­teuses chez le primate et encou­ra­geantes chez l’homme. Dans l’attente de données cliniques plus nombreuses et fiables chez l’homme, la pratique du jeûne va rester une déci­sion person­nelle avec toutes les limites et aver­tis­se­ments préci­sés dans cette enquête.

Chez les humains, l’ef­fet sur la glycé­mieN10 et l’IGF‑1N6 d’une longue restric­tion calo­rique (régime alimen­taire hypo­ca­lo­rique) n’est véri­fié que si elle est prati­quée en asso­cia­tion avec une restric­tion en protéines. Lee et Longo (2011N4) soulignent qu’une restric­tion calo­rique de 20 à 40 % prati­quée par des humains sur le long terme (dietary restric­tion) ne produit des effets (sur certains cancers) qu’a­près plusieurs mois ou années, en indui­sant des modi­fi­ca­tions beau­coup plus modestes au niveau du glucose et de l’IGF‑1. Elle retarde plutôt qu’elle empêche la crois­sance des tumeurs (Shelton M et al., 2010N11). Elle n’est donc pas une bonne stra­té­gie préven­tive ni cura­tive pour les patients du cancer, car elle entraîne une perte de poids chez des patients qui y sont sensibles, ou chez ceux qui autre­ment n’au­raient pas perdu ni pris de poids (Lee C et Longo V, 2011N4).

Les auteurs concluent :

Dans la mesure où le cancer dépend de certains nutri­ments, il existe un grand poten­tiel de combi­nai­son d’in­ter­ven­tions alimen­taires et de chimio­thé­ra­pies ou autres trai­te­ments non-toxiques contre le cancer pour l’amé­lio­ra­tion du trai­te­ment du cancer. En outre, comme indi­qué dans cette étude, l’ex­plo­ra­tion des cibles de médi­ca­ments basés sur l’IGF‑1 ou des systèmes qui lui sont liés peut mettre en évidence des régimes simu­lant le jeûne qui produisent la résis­tance diffé­ren­tielle au stress (DSR). Des inter­ven­tions pouvant four­nir une protec­tion diffé­ren­tielle entre cellules hôtes et cancé­reuses dans une gamme de 1000 fois la protec­tion diffé­ren­tielle obser­vée dans la cellule de levure selon qu’elle manque d’un onco­gène analogue ou qu’elle l’ex­prime, pour­raient avoir pour effet un chan­ge­ment de para­digme dans le trai­te­ment du cancer.

La pratique du jeûne frac­tionné (restric­tion calo­rique tous les 2 ou 3 jours) est recom­man­dée à titre préven­tif du cancer. Son effet en asso­cia­tion avec une chimio­thé­ra­pie n’a pas encore été mesuré (Lee C et Longo V, 2011N4). Par contre, le cancer est partout mentionné comme une contre-indication à la pratique du jeûne théra­peu­tique (suppres­sion de nour­ri­ture solide pendant plusieurs jours).

Le jeûne frac­tionné, la restric­tion calo­rique et les régimes simu­lant le jeûne sont décrits dans mon article Jeûne et restriction calorique.

Diète cétogène

ketogenic-diet-Seyfried
Diète céto­gène (KD) propo­sée par Thomas Seyfried en compa­rai­son avec un régime « normal » (SD)
Source : N12

Dans la même ligne de recherche, un proto­cole de diète céto­gèneN13 proposé par Thomas Seyfried a prouvé sa capa­cité (sur un modèle animal) à ralen­tir la progres­sion du cancer, en syner­gie avec les trai­te­ments exis­tants dont il atté­nue les effets secon­daires — voir mon article Diète cétogène, expérience. Il ne s’agit pas unique­ment d’un régime mais aussi de restric­tion calo­rique. L’expérimentation animale utili­sant des diètes céto­gènes asso­ciées à de la restric­tion calo­rique dans le trai­te­ment du cancer est étudiée par plusieurs équipes, par exemple Laura M Shelton M et collègues (2010N11).

L’anecdote à l’ori­gine de cette décou­verte et de l’en­ga­ge­ment de Seyfried en cancé­ro­lo­gie, au début des années 2000, mérite d’être rappor­tée (Christofferson T, 2014N14, p. 170–171) :

Une start-up anglaise avait décou­vert un composé unique : une molé­cule qui inhibe la forma­tion de certains ganglio­sides [N15]. La compa­gnie a été ravie de la pers­pec­tive que ce médi­ca­ment puisse être utilisé pour le trai­te­ment de mala­dies du stockage des lipides, et il a envoyé des échan­tillons pour les tests. Seyfried a obtenu d’un labo­ra­toire diffé­rent un échan­tillon du médi­ca­ment et il voulait voir comment cela pour­rait influer sur le déve­lop­pe­ment du cerveau. En inhi­bant la produc­tion de ganglio­side dans des embryons en déve­lop­pe­ment, le médi­ca­ment pour­rait marquer la manière dont les ganglio­sides affectent le déve­lop­pe­ment du cerveau, ce qui donne­rait un aperçu de leur fonc­tion­na­lité. Seyfried et ses étudiants ont commencé à brico­ler avec le médi­ca­ment. Ils l’ont admi­nis­tré à des souris avec des tumeurs, plus par curio­sité ludique que pour la recherche scien­ti­fique. À leur grande surprise, le médi­ca­ment a semblé ralen­tir la crois­sance des tumeurs en compa­rai­son avec les souris témoins.

« Nous avons appelé la compa­gnie et leur avons dit qu’il semblait que leur médi­ca­ment pour­rait agir sur le cancer — ils étaient ravis », déclare Seyfried. Pour une start-up, un médi­ca­ment actif contre le cancer a plus de poten­tiel que celui qui serait actif contre les mala­dies du stockage des lipides, et la pers­pec­tive de marché est passée de petite à immense. Enthousiasmée par le poten­tiel du médi­ca­ment, la compa­gnie a remis à Seyfried un chèque de 200 000 dollars pour complé­ment d’en­quête. Son labo­ra­toire s’est mis au travail. Tout de suite, ils ont remar­qué que les souris ayant reçu le médi­ca­ment perdaient du poids. Il a demandé à ses élèves d’ajus­ter le régime alimen­taire des souris témoins, de sorte qu’elles perdent autant de poids que les souris ayant reçu le médi­ca­ment. À la surprise géné­rale, les tumeurs ont aussi ralenti dans les souris témoins. Le médi­ca­ment avait tout simple­ment pour effet de faire perdre leur appé­tit aux souris, imitant en cela la restric­tion calo­rique. Seyfried dit : « J’ai dû rappe­ler la compa­gnie pour leur dire que leur médi­ca­ment ne fonc­tion­nait pas. Bien entendu, ils ont repris leurs billes — pour­quoi finan­cer ce genre de chose si l’on peut obte­nir le même effet en mangeant moins de nourriture ? »

La diète céto­gène est un régime alimen­taire à très faible teneur en glucides, par exemple 88 % de gras, 10 % de protéines et 2 % de glucides en pour­cen­tages d’ap­port calo­rique pour le trai­te­ment de l’épi­lep­sie — voir mon article Diète cétogène - expérience. On lit sur de nombreux sites qu’elle contri­bue­rait à « priver de glucose » les cellules cancé­reuses, leur prin­ci­pale source d’éner­gie, mais cette affir­ma­tion est fantai­siste : quel que soit le régime alimen­taire, l’or­ga­nisme main­tient sa glycé­mieN10 aussi constante que possible, au besoin par le truche­ment de la néoglu­co­ge­nèseN16..

Une expli­ca­tion plus accep­table de l’ef­fet présumé de la diète céto­gène est qu’elle obli­ge­rait les mito­chon­driesN17 à fabri­quer de l’éner­gie (sous forme d’ATPN18) en méta­bo­li­sant des graisses. Cet état méta­bo­lique est carac­té­risé par la synthèse de corps céto­niquesN19 par le foie et leur utili­sa­tion comme source d’éner­gie, à la place du glucose, par les prin­ci­paux organes, notam­ment le système nerveux central (WikipediaN20). Autrement dit, c’est le supplé­ment de graisses, plus que la restric­tion des glucides, qui rendrait effec­tive la diète céto­gène. Le moyen le plus sûr de véri­fier qu’on est dans une zone de contrôle de la mala­die consiste à mesu­rer le rapport entre les taux sanguins de sucre et de cétones : plus il est faible plus le régime est effi­cace (Seyfried T, 2014N21).

Relation entre les taux de glucose plas­ma­tique et de cétones et la gestion des mala­dies chro­niques. Les valeurs de glucose et de cétone se situent dans les limites physio­lo­giques normales à jeun chez la souris et sont liées au béné­fice théra­peu­tique de l’épi­lep­sie et du cancer du cerveau. Nous appe­lons cet état la zone de gestion de la mala­die. Source : N21

Par exemple, une personne diag­nos­ti­quée d’un cancer du sein il y a 12 ans, qui pratique depuis 2 ans une diète céto­gène sévère (75–80 % de lipides, 2 % de glucides et 13–18 % de protéines) mesure une glycé­mie au lever de 0.70 à 0.75 g/l (soit 3.8 à 5 mmol/l) proche de la borne infé­rieure de la valeur « normale » (0.74 – 1.06 g/l). Sa céto­né­mieN22 est par contre de 1.2 à 1.5 mmol/l, ce qui est élevé tout en restant infé­rieur à 3 mmol/l. Ces données la situent dans la zone de “disease mana­ge­ment” (voir figure ci-contre) qui corres­pond à un effet béné­fique de la diète céto­gène. Les méta­stases (rachis, foie, poumon) de cette patiente sont stabi­li­sées, sans trai­te­ment conven­tion­nel, et son cancer du sein stade IV n’évo­lue plus.

Preuve précli­nique indi­quant l’ef­fet d’une diète céto­gène sur la crois­sance et la progres­sion tumo­rales. Le graphique montre le nombre d’études précli­niques qui ont étudié l’ef­fet d’une diète céto­gène sur diffé­rents types de cancer. Les couleurs des barres repré­sentent le résul­tat de chaque étude comme indi­qué dans la clé de couleur. Les études sur la diète céto­gène et le cancer ont été recueillies par une recherche docu­men­taire couvrant jusqu’à la fin de 2017. R indique des études avec une diète céto­gène hypo­ca­lo­rique ; T indique l’uti­li­sa­tion d’une diète céto­gène comme théra­pie adju­vante à la théra­pie clas­sique. Source : N23

L’équipe de Daniela D Weber et al. (2018N23) a recensé les essais (en expé­ri­men­ta­tion animale) de diète céto­gène pour un trai­te­ment direct ou complé­men­taire du cancer, asso­ciée ou non à de la restric­tion calo­rique. Les résul­tats — voir figure ci-dessus — montrent une grande varia­bi­lité des effets. La couleur verte marque un effet de régres­sion des tumeurs, mais le rouge un effet néga­tif. Les auteurs commentent :

Pris ensemble, les résul­tats des études précli­niques, bien que parfois contra­dic­toires, tendent à soute­nir un effet anti-tumoral plutôt qu’un effet pro-tumoral de la diète céto­gène pour la plupart des cancers solides. Cependant, même si les effets pro-tumoraux sont rares, ils ne peuvent pas être exclus en soi. Plus impor­tant encore, les preuves précli­niques dispo­nibles impliquent que la faisa­bi­lité d’une diète céto­gène comme trai­te­ment adju­vant du cancer dépend forte­ment du type de tumeur et de ses alté­ra­tions génétiques.

On note sur la figure un effet poten­tiel­le­ment néga­tif de la diète céto­gène sur des cancers du rein et des méla­nomes, mais l’ob­ser­va­tion ne porte que sur deux études dans le premier cas et une seule dans le second. D’autre part, il s’agis­sait d’ex­pé­ri­men­ta­tion sur des souris. Les varia­tions de glycé­mie induites par le régime alimen­taire étant plus élevées chez l’hu­main que chez la souris, la diète céto­gène pour­rait être plus effi­cace (Seyfried T, 2014N21).

Les études précli­niques analy­sées par Daniela D Weber et al. (2018N23) permettent unique­ment de conclure à la diver­sité des réponses de divers cancers à la diète céto­gène — ce qui est vrai des trai­te­ments en géné­ral, qu’ils soient conven­tion­nels ou méta­bo­liques. À l’ap­pui de cette remarque, Rainer J Klement et al. (2020N24) ont collecté les études publiées dans PubMed en lançant une requête sur les mots-clés keto­ge­nic ET (cancer OU glio­blas­toma), puis les réfé­rences citées dans les articles signi­fi­ca­tifs. Au total, seule­ment 13 études répon­daient aux critères de sélec­tion (N24 pages 3, 7, 8) :

Les douze articles inclus portaient sur 13 études indi­vi­duelles. Parmi celles-ci, neuf (69 %) étaient pros­pec­tives et six (46 %) avaient un groupe témoin, mais seule­ment deux d’entre elles avaient été rando­mi­sées. La majo­rité des études portaient sur les cancers de mauvais pronos­tic : les gliomes de haut grade et les cancers pancréa­tiques et méta­sta­sés. […]

Ce qui est remar­quable, c’est que seule­ment deux de ces études avaient un proto­cole d’étude publié a priori. […]

La majo­rité des études souf­fraient de diffé­rentes sources de biais : petites tailles d’échan­tillon (9 études avaient ≤ 10 patients dans le groupe céto­gène pour une popu­la­tion de patients donnée), absence de groupe témoin ou manque de rando­mi­sa­tion donnant lieu à des biais d’auto-sélection, d’al­lo­ca­tion et de performance.

Ils ont conclu : « Des preuves d’ef­fets béné­fiques des diètes céto­gènes pendant le trai­te­ment du cancer s’ac­cu­mulent, mais davan­tage d’études de haute qualité sont néces­saires pour en évaluer le grade global. »

Il existe des témoi­gnages de personnes atteintes de cancers à un stade avancé qui ont réussi à stop­per la progres­sion de tumeurs avec la diète céto­gène. C’est par exemple le cas de Pablo Kelly, atteint à 25 ans d’une tumeur céré­brale inopé­rable — un glio­blas­tome multi­formeN25 au stade 4 — qu’il a stabi­li­sée en deux ans de pratique céto­gène. Kelly commen­tait en 2016N26 :

C’est du char­la­ta­nisme aux yeux de la méde­cine moderne, mais cela m’aide certai­ne­ment car je suis toujours en vie. À ma connais­sance, je suis la seule personne avec ce type de tumeur céré­brale qui, sans théra­pie ni inter­ven­tion chirur­gi­cale, est encore en vie aujourd’­hui. Les méde­cins m’avaient dit que la diète céto­gène ne m’ai­de­rait en aucune façon, j’ai eu cinq scans stables depuis janvier 2015 avec ce régime.

Aux dernières nouvelles (lettre à Thomas Seyfried en 2017) la tumeur était deve­nue opérable et Kelly a subi l’opé­ra­tion avec succès.

Bien entendu, tous ces exemples sont « anec­do­tiques », et le biais du survi­vantN27 peut conduire à des conclu­sions hâtives.

➡ Rien ne prouve aujourd’­hui (2020) que la diète céto­gène à elle seule peut faire régres­ser n’im­porte quel cancer chez un humain ; l’ef­fet pour­rait même être néga­tif dans certains cas. Associée à de la restriction calorique et de l'exercice de haute intensité, elle peut par contre amélio­rer les résul­tats d’un trai­te­ment conven­tion­nel ou/et en limi­ter les effets indésirables.

Un trai­te­ment méta­bo­lique du cancer basé sur la diète céto­gèneN13 et de faibles doses de chimio­thé­ra­pie est proposé dans la clinique du Dr Abdul Kadir SlocumN28 en Turquie, mais rien de convain­cant n’a été publié à ma connais­sance. En France, des spécia­listes de nutri­tion ont commencé à guider des patients cancé­reux sur la voie d’un régime céto­gène en complé­ment du trai­te­ment conven­tion­nel — exemple : Walkowicz (2019N29). Les meilleures réponses seraient celles de tumeurs céré­brales et pancréatiques.

Je conseille vive­ment aux personnes qui envi­sagent une diète céto­gène pour soigner un cancer, de béné­fi­cier de l’ex­pé­rience et de la réflexion de Taty Lauwers pour déter­mi­ner, sans a priori, les choix nutri­tion­nels qui leur convien­dront le mieux :

Les apports de la diété­tique dans le trai­te­ment du cancer ‑Taty Lauwers (2017N30)

Thomas Seyfried est accusé de char­la­ta­nisme sur les sites « quack couac » qui font commerce de la dénon­cia­tion de préten­dues fraudes scien­ti­fiques à partir d’une lecture approxi­ma­tive des publi­ca­tions. Une critique nuan­cée, repre­nant les points posi­tifs des travaux de Seyfried tout en regret­tant la préma­tu­rité de ses conclu­sions, a été publiée sur le site Science-Based Medicine (Gorski D, 2014N31) avec des commen­taires intéressants.

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Source : N12

N’ayant pas pu me procu­rer son livre (Seyfried, 2012N32), je cède la parole à Michael O’Neill (2013aN33) pour un résumé compré­hen­sible de sa propo­si­tion d’une diète céto­gène pendant le trai­te­ment du cancer :

Je déteste utili­ser le terme « guéri­son », donc je ne le ferai pas. Il y a beau­coup trop de gens qui font la promo­tion de [régimes à] faible teneur en glucides comme pana­cée pour tout ce qui vous indis­pose, et je voudrais dissua­der quiconque que cela va guérir le cancer lui-même. Il s’agit d’un outil qui devrait être utilisé dans le contexte plus géné­ral du traitement.

Seyfried est clair à ce sujet : « … nous ne pensons pas que [la diète céto­gène N13 restreinte] utili­sée comme une théra­pie singu­lière, permet­tra la réso­lu­tion complète de la mala­die pour la plupart des patients » (p. 364). En fait, il dit de sa recherche sur des souris que « la [diète céto­gène] n’avait aucune effi­ca­cité théra­peu­tique contre la crois­sance tumo­rale lors­qu’elle était consom­mée […] sans restric­tion de quan­ti­tés. » (p. 295)

L’expression clé étant « sans restric­tion », Seyfried est confiant, par contre, qu’une diète céto­gèneN13 avec restric­tion calo­rique peut trou­ver sa place dans le trai­te­ment du cancer. Son proto­cole est décrit en plusieurs phases :

Phase 1 : initia­tion – Les patients entre­prennent une diète céto­gène et font régu­liè­re­ment mesu­rer les taux de glycé­mieN10 et de cétonesN34 pour véri­fier qu’ils sont dans des inter­valles théra­peu­tiques. « Des taux de glycé­mie compris entre 3,0 et 3,5 mM (55 à 65 mg/dl) et de β‑hydroxybutyrate [N35] compris entre 4 et 7 mM devraient être effi­caces pour réduire la crois­sance tumo­rale chez la plupart des patients. » (p. 356)

Par ailleurs, la diète céto­gèneN13 à laquelle il fait réfé­rence n’est peut-être pas celle que vous utili­sez. Il s’agit d’un régime restreint en éner­gie, celui où la consom­ma­tion calo­rique totale est régie par les effets que les choix alimen­taires et l’ap­port éner­gé­tique ont sur les lectures de taux sanguins de cétonesN34 et de glycé­mieN10. En d’autres termes, il n’y a pas une limite calo­rique spéci­fi­que­ment, univer­sel­le­ment appli­cable pour tout le monde. Au lieu de cela, mesu­rer et ajus­ter si nécessaire.

balance-angiogenique
Vascularisation tumo­rale et balance angio­gé­nique
Source : N36

Phase 2 : chirur­gie – Après avoir passé un certain temps (plusieurs semaines) au main­tien des inter­valles de cétonesN34 et de glucose recom­man­dés en phase 1, « la réduc­tion de l’ap­port éner­gé­tique et la [diète céto­gène] permet­tront de réduire la vascu­la­ri­sa­tion tumo­rale [N37] et l’in­flam­ma­tion, et vont déli­mi­ter plus clai­re­ment les tissus tumo­raux des tissus normaux de leur envi­ron­ne­ment » (p. 363). C’est le moment oppor­tun pour l’ex­ci­sion de la tumeur.

L’auteur recon­naît que tous les patients ne peuvent pas attendre plusieurs semaines que le régime céto­gène réduise l’in­flam­ma­tion et la vascu­la­ri­sa­tion. À l’in­verse, « l’ur­gence de résé­quer des tumeurs malignes dès que possible après le diag­nos­tic peut ne pas être dans le meilleur inté­rêt de tous les patients, et pour­rait en fait exacer­ber la progres­sion de la mala­die en indui­sant de l’in­flam­ma­tion dans le micro-environnement. » (p. 363). Il est clair que la déci­sion d’opé­rer dépen­dra des détails et l’état de la mala­die au moment du diagnostic.

Phase 3 : entre­tien« L’objectif de la stra­té­gie d’en­tre­tien est d’aug­men­ter la proba­bi­lité de survie pendant au moins 36 mois chez les patients atteints de cancer méta­sta­tique avancé. » (p. 364) Cette phase de trai­te­ment est conçue pour prolon­ger la vie en main­te­nant une pres­sion méta­bo­lique sur les cellules cancéreuses.

Seyfried préco­nise de conti­nuer à suivre une diète céto­gèneN13 limi­tée en éner­gie, de suivre en continu les niveaux de glucose et de cétonesN34 dans le sérum, et suggère l’uti­li­sa­tion d’un trai­te­ment médi­ca­men­teux ciblant le glucose et la gluta­mineN38, du 2‑DG (30–40 mg/kg chaque jour) et du phényl­bu­ty­rate [de sodium ?] (15 g/jour). Le 2‑DG (2‑déoxyglucose) est une molé­cule qui ressemble à celle du glucose mais ne peut pas être plus méta­bo­li­sée, de sorte qu’elle bloque le méca­nisme de fermen­ta­tion. Le phényl­bu­ty­rate permet de dimi­nuer les niveaux de gluta­mine en circu­la­tion. Le glucose et la gluta­mine sont les deux prin­ci­pales sources d’éner­gie du méta­bo­lisme des cellules cancé­reuses (op.cit. p. 364 ; Hensley CT et al. 2013N39).

➡ Un mot d’aver­tis­se­ment : il est impé­ra­tif que le dosage et le suivi se fassent en consul­ta­tion avec un méde­cin. Ce n’est pas du domaine du do-it-yourself car un mauvais dosage de médi­ca­ments peut avoir des effets toxiques.

Dans la lettre du Dr Michael Eades du 16 mars 23, un psychiatre d’Harvard expli­cite pour­quoi des études plus appro­fon­dies n’ont pas été menées sur des sujets souf­frant de troubles cognitifs :

Le docteur Chris Palmer, profes­seur de psychia­trie à Harvard et grand défen­seur du régime céto­gène pour les personnes souf­frant de troubles mentaux, graves ou non, est inter­rogé par Andrew Huberman.

Le docteur Palmer a décrit tous les résul­tats posi­tifs qu’il a obser­vés chez divers patients souf­frant d’une multi­tude de troubles mentaux (…). Il mentionne ensuite le régime céto­gène pour amélio­rer les facul­tés cogni­tives et raconte son expé­rience avec des patients dont la cogni­tion s’était nette­ment amélio­rée. Huberman s’in­ter­roge sur le manque d’études à ce sujet. La réponse de Palmer est très instruc­tive. La vidéo ci-dessous est bran­chée sur le minu­tage ad hoc, où Palmer répond à la question.

Durée : envi­ron une minute, à partir de la seconde 8055.

https://​www​.youtube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​x​j​E​F​o​3​a​1​A​n​I​&​t​=​8​0​55s

(Suite de la lettre, commen­taire de Taty Lauwers) :

Je vous révèle le pot aux roses : lorsque chez John Hopkins l’on a recruté, pour ce genre d’études, 1300 sujets, il s’en est trouvé 27 qui voilaient bien commen­cer dès qu’ils ont appris la teneur du régime ; et seule­ment 14 qui on tenu la durée de l’étude.

Les a‑t-on forcés à aban­don­ner ? Oui ! Trois fois oui ! C’est leur addic­tion aux sucres qui les a forcés à aban­don­ner, ce ne sont pas des pres­sions des lobbyistes de Big Pharma. L’assuétude aux sucres est telle que, même dans des cas graves, des humains victimes de cette mala­die préfèrent négli­ger une solu­tion possible à leur mala­die mortelle.

Le docteur Eades avait écrit un billet en 2008 sur son blog “Protein Power”: https://​www​.protein​po​wer​.com/​c​a​r​b​o​h​y​d​r​a​t​e​s​-​a​r​e​-​a​d​d​i​c​t​i​ve/

Il mention­nait le cas de patients atteints de cancer qui avaient suivi tous les trai­te­ments dispo­nibles, à qui l’on avait dit qu’il n’y avait plus rien à faire pour eux, et à qui l’on avait offert la possi­bi­lité de suivre un régime céto­gène comme co-traitement de la tumeur. La plupart d’entre eux avaient aban­donné parce que les glucides leur manquaient.

L’étude sur laquelle il se basait a été mise à jour, il nous livre la dernière version : Effects of a keto­ge­nic diet on the quality of life in 16 patients with advan­ced cancer : A pilot trial (Schmidt M et al., 2011N40).

Au-delà de l’effet Warburg

Une page du site de Chris KresserN41 suggère prudem­ment que la diète céto­gène pour­rait être une bonne stra­té­gie pour amélio­rer — sans pour autant le rempla­cer — le trai­te­ment conven­tion­nel d’un cancer. KL Bonsteel, un des commen­ta­teurs, écrit :

C’est une simpli­fi­ca­tion exces­sive de dire que les cellules cancé­reuses utilisent en perma­nence la fermen­ta­tion anaé­ro­bie. Les tumeurs ont des zones hypoxiques et des zones normoxiques (aéro­bies), avec une rela­tion symbio­tique entre les deux. Les cellules cancé­reuses hypoxiques tirent leur éner­gie de la fermen­ta­tion du glucose et sécrètent du lactate. Les cellules cancé­reuses normoxiques préfèrent atti­rer le lactate comme combus­tible pour le cycle TCA, épar­gnant le glucose aux cellules hypoxiques. Les cellules cancé­reuses peuvent passer assez rapi­de­ment d’un état hypoxique à un état normoxique et peuvent oscil­ler entre les deux. [NCBI, “Tumor cell meta­bo­lism : an inte­gral view”, Romero-Garcia S et al., 2011N42]

Les cellules cancé­reuses normoxiques ont égale­ment la capa­cité d’uti­li­ser les cétones comme carbu­rant pour le cycle du TCA, en parti­cu­lier le 3‑hydroxy-butyrate [N35] dans ce que l’on a appelé « l’ef­fet inverse de Warburg ». La capa­cité des cellules cancé­reuses à utili­ser les cétones comme carbu­rant peut expli­quer pour­quoi les diabé­tiques présentent un risque accru de cancer (par exemple la cétose diabé­tique). [NCBI, “Ketones and lactate ‘fuel’ tumor growth and metas­ta­sis”, Bonuccelli G et al., 2010N43]

Selon Eric Eidelman et al. (2017N44), les cellules cancé­reuses de la pros­tate utilisent des lipides comme carbu­rant, plutôt que du glucose, et échappent donc aussi à l’ef­fet Warburg. Un autre commen­ta­teur de cette même page (Richard Feinman) explique que les cellules tumo­rales augmentent la sensi­bi­lité de leurs récep­teurs de glucose. Selon lui, l’ef­fet posi­tif de la diète céto­gène rési­de­rait plutôt dans la régu­la­tion de l’insuline.

Martine Cordier-Bussat et collègues (2018N45) décrivent en détail l’étonnante flexi­bi­lité des cellules cancé­reuses qui alternent entre un méta­bo­lisme glyco­ly­tique aéro­bie (appelé effet Warburg) et un méta­bo­lisme oxyda­tif en fonc­tion de leurs condi­tions de déve­lop­pe­ment et expliquent :

Par un étrange tour du destin, l’effet Warburg est passé de sa relé­ga­tion dans l’oubli à une présence ubiqui­taire, deve­nant le para­digme incon­tour­nable des articles et des revues trai­tant du méta­bo­lisme tumo­ral. Cependant, cette foca­li­sa­tion sur la glyco­lyse aéro­bie a eu pour consé­quence d’occulter un fait soli­de­ment établi : les cellules cancé­reuses respirent ! L’analyse rigou­reuse des carac­té­ris­tiques bioéner­gé­tiques d’une tren­taine de lignées tumo­rales a en effet permis d’établir que seule 20 % de la quan­tité totale d’ATP [N18] est produite par glyco­lyse, le reste l’étant en grande partie par l’activité OXPHOS [N46] mito­chon­driale. Argument supplé­men­taire, les molé­cules agis­sant comme des inhi­bi­teurs de la chaîne respi­ra­toire, dont la metfor­mine [N47], un médi­ca­ment utilisé dans le trai­te­ment du diabète, exercent des effets cyto­sta­tiques sur un grand nombre de types tumo­raux.

[…]

Il est désor­mais clair que les cellules malignes ajustent avec une grande flexi­bi­lité leurs besoins en biomasse à leur vitesse de crois­sance, et qu’elles s’accommodent des contraintes de leur micro-environnement en acti­vant un réper­toire de programmes méta­bo­liques qui n’est pas limité au mode Warburg. Elles sont en effet capables de coopé­rer entre elles, en échan­geant en continu des substrats éner­gé­tiques, en parti­cu­lier le lactate [N48] et l’alanine [N49]. Une tumeur peut être ainsi assi­mi­lée à un écosys­tème méta­bo­lique qui s’est déve­loppé en s’adaptant à la pres­sion de sélec­tion exer­cée par les méca­nismes de défense de la cellule trans­for­mée et de l’organisme (gènes suppres­seurs de tumeur, sénes­cence répli­ca­tive, immu­no­sur­veillance, etc.).

On peut comprendre, avec ce qui précède, que la théo­rie en vogue selon laquelle la diète céto­gène aurait pour prin­ci­pal effet de priver de glucose les cellules cancé­reuses n’est pas accep­table. D’autres stra­té­gies sont à l’étude pour mettre à profit le fait que ces cellules ne se nour­rissent pas exac­te­ment comme les cellules saines. L’ouvrage de Jane Mclelland, How to Starve Cancer… without star­ving your­self (2018N50) offre une pano­plie large de stra­té­gies à partir d’une expé­rience person­nelle de guérison.

L’étude de Cyril Corbet et al. (2016N51) confirme que les cellules cancé­reuses, dans un milieu forte­ment acide, utilisent d’autres stra­té­gies pour fabri­quer de l’éner­gie. Estelle B. commente (2016N52) :

Par ailleurs, les résul­tats indiquent une profonde repro­gram­ma­tion du méta­bo­lisme des acides gras dans les cellules cancé­reuses lorsque le milieu devient acide. Les cellules cancé­reuses sont en effet capables à la fois d’utiliser les acides gras pour produire de l’énergie néces­saire à leur crois­sance, mais aussi de former des lipides à partir de gluta­mine [N38] pour leur proli­fé­ra­tion. Les lipides sont essen­tiels pour la struc­ture et la fonc­tion des membranes cellu­laires.

[…]

Il est bien sûr impos­sible de priver tota­le­ment les cellules cancé­reuses d’apports lipi­diques, car les tissus sains ont besoin de ces ressources. Mais les cher­cheurs suggèrent de bloquer l’utilisation des lipides par les cellules cancé­reuses, en conce­vant des substances capables d’interférer avec le méta­bo­lisme lipi­dique parti­cu­lier des cellules cancéreuses.

Sur le trai­te­ment du cancer par la metfor­mineN47, voir par exemple Foretz M & Violet B (2014N53).

Confrontés au cancer du sein triple néga­tif (CSTN), qui résiste à la plupart des trai­te­ments, des cher­cheurs ont décou­vert (Tang X et al., 2016N54) que les cellules cancé­reuses avaient besoin de cystineN55 pour se répandre dans le corps, et deve­naient ensuite dépen­dantes à ce nutri­ment. Par consé­quent, une voie théra­peu­tique pour­rait consis­ter à priver de cystine les cellules cancéreuses.

Stress post-traumatique : cause ou déclencheur ?

Source : N56

Un ouvrage riche­ment docu­menté est celui d’Eléonore Djikeussi (2022N56). Hématologue et onco­logue, ce méde­cin a égale­ment une exper­tise en nutri­tion et micro­nu­tri­tion. Elle expose les éléments qui contre­disent la théo­rie géné­tique du cancer et lui permettent de conclure que cette mala­die est un proces­sus qui se traduit par des anoma­lies méta­bo­liques, dans lequel inter­vient un dysfonc­tion­ne­ment de la mito­chon­drieN17. L’ouvrage présente des cas cliniques et des témoi­gnages de son acti­vité concer­nant la nutri­thé­ra­pie anti­can­cé­reuse : régimes hypo­glu­ci­diques, dont la diète cétogène.

La lecture de ce livre est à mon avis indis­pen­sable à toute personne concer­née par cette mala­die. Seule ombre au tableau : un para­graphe mention­nant Ryke Geerd HamerN57 — incor­rec­te­ment affu­blé du prénom de son fils Dirk — en ces termes (2022N56 p. 101) :

Le Dr Dirk Hamer, en son temps, avait produit un travail dans ce domaine. Il avan­çait que des cancers peuvent résul­ter d’un choc conflic­tuel. Il était peut-être en avance sur son époque ? ou venu dans une époque qui commen­çait à manquer de curio­sité et d’ou­ver­ture scien­ti­fique ? Comme beau­coup de précur­seurs, il n’a pas été entendu. Son postu­lat méri­tait une explo­ra­tion. Il résonne avec l’in­tui­tion de ceux qui ne sont pas domi­nés par la menta­lité maté­ria­liste occidentale.

L’évocation d’une « menta­lité maté­ria­liste occi­den­tale » et d’un « manque d’ou­ver­ture scien­ti­fique » face à des « précur­seurs » qui ne sont « pas enten­dus » est un marqueur carac­té­ris­tique d’une pensée New-AgeN58 en contra­dic­tion avec la rigueur scien­ti­fique du contenu de l’ou­vrage. L’erreur sur le prénom suggère que l’au­teure n’au­rait pris connais­sance que par ouï-dire de la « nouvelle méde­cine germa­nique » de Ryke Geerd Hamer. En effet, la thèse de ce méde­cin — par ailleurs anti­sé­mite et néga­tion­niste du SIDA — était bien plus radi­cale (Hamer RG, date incon­nueN59) :

Tout cancer, toute mala­die débute par un DHS, c’est à dire : un choc psychique, conflic­tuel, drama­tique, vécu dans l’iso­le­ment. […] Toutes les mala­dies, même le rhume, l’an­gine, ont leur DHS . Le DHS, est un choc qui va mettre tout notre orga­nisme en stress, en condi­tion de combat pour trou­ver la solu­tion, il est donc impor­tant et néces­saire pour vivre. Le DHS est la clé qui nous ouvre la porte de sortie de notre conflit biologique.

Les adeptes de cette « nouvelle méde­cine » prétendent iden­ti­fier — scan­ner du cerveau à l’ap­pui — le conflit psycho­lo­gique qui serait la cause première, et non un déclen­cheur, de la mala­die du patient, et soigner ce patient en trai­tant unique­ment ce trau­ma­tisme psycho­lo­gique. De nombreux malades de cancer ou de SIDA ont aban­donné leur trai­te­ment en nour­ris­sant ce faux espoir…

La mention de « Dirk » Hamer dans l’ou­vrage d’Eléonore Djikeussi m’ap­pa­raît comme rien d’autre qu’une maladresse, car elle ne s’aven­ture pas dans cette « méde­cine nouvelle ». Des lecteurs (souvent à leur insu) forma­tés au New-Age seraient néan­moins tentés d’y voir une confir­ma­tion de leurs croyances : c’est pour­quoi j’ai jugé utile de commen­ter ces quelques lignes… Du reste, Eléonore Djikeussi se récon­ci­lie sur la même page avec la « menta­lité maté­ria­liste ». Elle écrit (2022N56 p. 101–102) :

[…] des études récentes publiées dans le cadre des désordres liés au stress post-traumatique [N60] permettent de montrer que les marqueurs de l’in­flam­ma­tion augmentent après un stress psycho­lo­gique chro­nique, en même temps que des modi­fi­ca­tions struc­tu­rales et physio­lo­giques de régions céré­brales de la régu­la­tion des émotions et du stress, dont l’amyg­dale, l’hip­po­campe, le cortex fontal en parti­cu­lier (Kim TD et al., 2020N61).

➡ D’aucuns trou­ve­ront bizarre de faire la publi­cité d’un ouvrage en citant un court passage sujet à caution ! Mais la critique qui précède nous ramène à un débat impor­tant sur la compré­hen­sion et la préven­tion des cancers. Exercer son esprit critique fait partie inté­grante de toute démarche scien­ti­fique — ce qu’on a eu tendance à igno­rer depuis deux ans. Donc je le répète : ce livre (Djikeussi E, 2022N56) est à ce jour le plus clair et le plus utile que j’ai lu au sujet de « l’ap­proche méta­bo­lique » du cancer.

Cétones, controverse

Richard Veech a eu pour direc­teur de thèse Hans Krebs, élève et biographe d’Otto Warburg. Un de ses articles (Veech RL, 2004N62) donnait un aperçu des bien­faits théra­peu­tiques de la produc­tion de corps céto­niquesN19. Il citait entre autres une étude de P Mukherjee et collègues (2002N63) :

Dans un rapport surpre­nant sur des souris chez qui on avait déclen­ché un astro­cy­tomeN64 [tumeur infil­trante des hémi­sphères céré­braux], un régime céto­gène asso­cié à la restric­tion calo­rique a entraîné une dimi­nu­tion de 80 % de la masse tumo­rale et une dimi­nu­tion de la vascu­la­ri­sa­tion de la tumeur signa­lant une inhi­bi­tion de l’angio­ge­nèseN65.

Une supplé­men­ta­tion en cétonesN34 — ou en précur­seurs de cétones, comme le butane‑1,3‑diol (BDN66) — permet une dimi­nu­tion de la survie des cellules cancé­reuses et prolonge la durée de vie de sujets atteints de cancers méta­sta­sés. Cet effet a été confirmé par des travaux récents en expé­ri­men­ta­tion animale (Poff AM et al., 2014N67) : « Les corps céto­niques possèdent de nombreuses carac­té­ris­tiques qui peuvent nuire à la survie de cellules cancé­reuses et leur proli­fé­ra­tion. »

Une discus­sion détaillée de l’in­té­rêt et des limites de la supplé­men­ta­tion de cétones est propo­sée sur une vidéo (D’Agostino D, 2016N68). Les conclu­sions sont à exami­ner avec précau­tion car nous avons vu que les cellules cancé­reuses pouvaient aussi se nour­rir de cétones. Par consé­quent, il faudrait empê­cher les cétones de les atteindre.

Voir à ce sujet la discus­sion de Laurent Schwartz (vidéoN69 posi­tion 24:37) qui suggère que l’in­hi­bi­tion de l’en­zyme SCOTN70 pour­rait faire barrière à l’uti­li­sa­tion des corps céto­niques par les cellules cancé­reuses. Cette propo­si­tion est issue d’un article qu’il a cosi­gné avec le biochi­miste Maurice Israël (2020N71) et publié dans le jour­nal (préda­teur) Endocrinology, Diabetes and Metabolism Journal aisé­ment confondu avec le sérieux Endocrinology, Diabetes and Metabolism édité par Wiley.

Maurice Israël a présenté son travail en fran­çais sur le site Guérir du cancerN72. Il s’ap­puie sur cette simple hypo­thèse pour avan­cer que le régime céto­gène serait dange­reux pour le trai­te­ment méta­bo­lique du cancer, malgré la litté­ra­ture déjà citée qui le contre­dit… Laurent Schwartz endosse cette opinion tout en admet­tant des progrès spec­ta­cu­laires de patients sous régime céto­gène (vidéoN69).

Le torchon a brûlé entre Guy Tenenbaum — « le samou­raï », fonda­teur de l’as­so­cia­tion Survivre au cancerN73 — et Laurent Schwartz au sujet d’un don de 20 000 € destiné au finan­ce­ment d’une étude sur SCOT qui n’a pas été entre­prise par sa fonda­tion Guérir du cancerN74. Dans une série de vidéos, dont une publiée le 13 juin 2020N75, Tenenbaum accu­sait la fonda­tion d’avoir abusé de sa confiance, ainsi que de celle de nombreux dona­teurs qu’il avait mobi­li­sés, et Schwartz d’avoir détourné à son nom exclu­sif la décou­verte du trai­te­ment méta­bo­lique qu’il préco­nise (voir ci-dessous). Ces accu­sa­tions repo­saient sur la seule parole de Guy Tenenbaum, mais les échanges de mails publiés à l’ap­pui de ses propos étaient convain­cants (voir sa vidéo du 15 juinN76). Fin juillet 2020, la dona­tion a été remboursée.

Une analyse de la contro­verse pour/contre la diète céto­gène et l’ef­fet de l’in­hi­bi­tion de l’en­zyme SCOT est propo­sée par Jérémy Anso qui signale deux problèmes liés à la théo­rie sous-jacente (2020N77) :

• L’idée d’inhiber l’enzyme SCOT pour frei­ner la proli­fé­ra­tion cancé­reuse a déjà été testée par le passé. Et nous allons le voir, les résul­tats ne sont pas très encou­ra­geants.
• La cellule tumo­rale possède bon nombre d’autres voies méta­bo­liques pour obte­nir de l’énergie, rendant l’idée d’un trai­te­ment miracle avec SCOT plus qu’improbable et expli­quant le point précédent.

Une étude chinoise anté­rieure citée par Jérémy Anso (Jie Z et al., 2018N78) — dont Maurice Israël n’avait pas pris connais­sance — avait montré, sur des souris cancé­reuses, que l’in­hi­bi­tion de l’en­zyme SCOTN70 n’au­rait aucune influence sur l’ef­fet (béné­fique) d’une diète céto­gène. Par contre, l’ef­fet serait amélioré en inhi­bant à la fois les enzymes SCOT et BDH N79.

Malgré cela, Guy Tenenbaum annon­çait fin 2021 (Tenenbaum G, 1er décembre 2021N80) que l’étude sur SCOT avait été menée à bien et publie­rait prochai­ne­ment son résul­tat, qu’il annon­çait posi­tif : certains cancers seraient donc « nour­ris » par les corps céto­niques. Ce « résul­tat » en effet été « publié » dans un article cosi­gné par Guy Tenenbaum et Maurice Israël, dans une revue préda­trice Japanese Journal of Oncology and Clinical Research dont Jérémy Anso a signalé les pratiques frau­du­leuses (Anso J, 2022N81). Auparavant, Maurice Israël avait fait publier trois articles quasi­ment iden­tiques sur les dangers du régime céto­gène dans trois diffé­rentes revues préda­trices (Anso J, 2020N82).

Oxygénation hyperbare

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Appareil respi­ra­toire en
circuit fermé (SEFA).
Licence CC-SA par Anthony Appleyard

Ce trai­te­ment a été décou­vert par Dominic D’Agostino, profes­seur assis­tant au Collège de méde­cine, Université du sud de la Floride. En 2007, l’Office de recherche navale l’avait chargé d’étu­dier les crises provo­quées par la toxi­cité de l’oxy­gène chez les plon­geurs qui utilisent un appa­reil respi­ra­toire en circuit fermé. Dans ce cadre, il obser­vait au micro­scope élec­tro­nique les effets de l’oxy­gène à forte pres­sion sur divers types de cellules. Ayant remar­qué que certaines cellules ne cessaient de bouillon­ner puis d’ex­plo­ser, il décou­vrit qu’il s’agis­sait de cellules cancé­reuses d’un patient atteint de glio­blas­tome multi­formeN25.

D’Agostino avait déjà fait l’ex­pé­rience de la diète céto­gèneN13 comme dispo­si­tif pour limi­ter les crises et autres effets liés à la toxi­cité de l’oxy­gène chez les plon­geurs. Il savait que cette diète proté­geait les neurones de diverses agres­sions. Ses obser­va­tions l’ont conduit à l’ar­ticle Cancer as a Metabolic DiseaseN83 de Thomas Seyfried et Laura Shelton (2010), puis à colla­bo­rer avec leur équipe pour étudier les effets combi­nés de la diète céto­gène et de l’oxygé­no­thé­ra­pie hyper­bare (HBO2TN84). Les résul­tats en expé­ri­men­ta­tion animale qu’ils ont publiés conjoin­te­ment (Poff AM et al., 2013N85) ont été encourageants :

La diète céto­gène seule dimi­nue signi­fi­ca­ti­ve­ment la glycé­mieN10, ralen­tit la crois­sance de la tumeur et augmente la durée de survie moyenne de 56,7 % chez les souris atteintes d’un cancer méta­sta­tique systé­mique. Bien que la HBO2T seule n’ait pas d’in­fluence sur la progres­sion du cancer, la combi­nai­son diète céto­gène plus HBO2T a entraîné une dimi­nu­tion signi­fi­ca­tive de la glycé­mie, du taux de crois­sance de la tumeur, et une augmen­ta­tion de 77,9 % de la durée moyenne de survie par rapport au groupe de contrôle.

L’intérêt de la combi­nai­son diète céto­gèneN13 + oxygé­no­thé­ra­pie hyper­bareN84 est de pouvoir être utili­sée en complé­ment ou en prolon­ge­ment d’autres trai­te­ments, en raison de son absence de toxicité.

Dans une étude récente (Poff AM et al., 2015N86), l’équipe de D’Agostino a étudié plus en détail — toujours en expé­ri­men­ta­tion animale — l’évo­lu­tion de la mala­die sous l’ef­fet combiné de ces inter­ven­tions, auxquelles a été ajou­tée une supplé­men­ta­tion en cétonesN34.

combined-KD-KE-HBOT
Courbes de survie Kaplan-Meier des groupes recevant la diète cétogène (KD), la supplémentation en cétone (KE), l'oxygénation hyperbare (HBOT) et leurs combinaisons.
Source : Poff AM et al. (2015N86)

L’oxygénothérapie fait aujourd’­hui partie de l’offre de soins de certains méde­cins qui visent une amélio­ra­tion du méta­bo­lisme cellu­laire en complé­ment du trai­te­ment du cancer (Meyer A, 2007N87). Toutefois, ce trai­te­ment peut avoir des effets indé­si­rables sur la flore intes­ti­nale (Mailing L, 2025N88).

Argent colloïdal

Les vertus théra­peu­tiques — prin­ci­pa­le­ment anti­bac­té­riennes — de l’argent colloï­dal (nano-argent sous la forme de nano­par­ti­cules en solu­tion liquideN89) sont fréquem­ment affi­chées sur des sites de méde­cines « alter­na­tives ». Il a été utilisé jusque dans les années 1940 — l’ar­ri­vée des anti­bio­tiques — pour soigner des infec­tions bacté­riennes. Les auto­ri­tés sani­taires comme la FDA aux USA et la Therapeutic Goods Administration (TGA) en Australie en ont inter­dit le marke­ting, faute de preuves scien­ti­fiques de son effi­ca­cité comme « remède univer­sel », et en raison du danger d’in­toxi­ca­tion par absorp­tion d’argent (argy­rismeN90).

Il fait toute­fois l’ob­jet d’études en cancé­ro­lo­gie : Franco-Molina MA et collègues (2010N91) ont mesuré son effi­ca­cité pour l’éli­mi­na­tion (par apop­toseN7) de cellules cancé­reuses en culture (cancer du sein). Voir aussi Aziz N et al. (2019N92). Cette piste reste donc ouverte en complé­ment d’autres traitements.

Exercice

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Source : N93

Nous avons vu ci-dessus (« Recadrage des prio­ri­tés ») que l’exercice de haute intensitéN94 pour­rait contri­buer à limi­ter la proli­fé­ra­tion des cellules cancé­reuses grâce à la produc­tion d’agents oxydants (ROSN95), un des acti­va­teurs de l’apop­toseN7 des cellules endom­ma­gées. Plusieurs études ont montré les effets béné­fiques de l’exer­cice en complé­ment du trai­te­ment des cancers, sans que les méca­nismes mis en œuvre aient été clai­re­ment éluci­dés (Betof AS et al., 2013N96).

Une expé­rience menée par Pedersen L et al. (2016N93) a mesuré un des effets béné­fiques de l’exer­cice sur la réduc­tion des tumeurs.

Yvette Brazier (2016N97) commente :

Les cher­cheurs ont la preuve que les lympho­cytes NK (N98 Natural Killers, cellules tueuses natu­relles) peuvent infil­trer, contrô­ler et régu­ler la taille des tumeurs. Mais le proces­sus impli­qué et l’ef­fet de l’exer­cice restaient à éluci­der. À présent, ils disent qu’un travail de haute inten­sité pour­rait produire un pic d’adré­na­line aidant les lympho­cytes NK à se dépla­cer en direc­tion des tumeurs du poumon, du foie ou de la peau.

L’auteur prin­ci­pal Pernille Hojman, de l’Université de Copenhague au Danemark, et ses collègues ont injecté de l’adré­na­line à des souris pour simu­ler l’ac­crois­se­ment de cette hormone pendant l’exer­cice. Quand ils ont fait cela, ils ont observé que les lympho­cytes NK entraient dans la circu­la­tion sanguine. Si une tumeur était présente, les lympho­cytes NK la repé­raient et s’y fixaient.

Ensuite, ils ont utilisé des souris sans lympho­cytes NK pour prou­ver le lien entre l’ap­pa­ri­tion des NK sur le site de la tumeur et la réduc­tion du cancer. En l’ab­sence de lympho­cytes NK, même si les souris faisaient de l’exer­cice en ayant toute la gamme des autres cellules immu­ni­taires, le cancer crois­sait norma­le­ment. Quand ils bloquaient la four­ni­ture d’adré­na­line, la course dans la cage tour­nante perdait aussi son effet destruc­teur du cancer.

Le lien entre la mobi­li­sa­tion des lympho­cytes NK dépen­dant de l’adré­na­line et l’in­fil­tra­tion tumo­rale a été iden­ti­fié comme étant la molé­cule de signa­li­sa­tion immu­ni­taire, l’IL‑6 [Interleukine 6N99]. On sait que le tissu muscu­laire libère de l’IL‑6 pendant l’exer­cice.

Ce qui a surpris les cher­cheurs est que l’adré­na­line appelle spéci­fi­que­ment des lympho­cytes NK sensibles à l’IL‑6, et que les molé­cules d’IL‑6 aident à guider les cellules immu­ni­taires vers les tumeurs.

Les effets béné­fiques de l’exer­cice ont été véri­fiés par de nombreuses études sur les humains : préven­tion (Batty D, 2000N100 ; Gonçalves AK et al., 2014N101 ; Nechuta SJ et al., 2015N102), plus longue survie après diag­nos­tic (Holmes MD et al., 2005N103 ; Gerritsen J & Vincent A, 2015N104), dimi­nu­tion de la tumeur du sein et amélio­ra­tion de la chimio­thé­ra­pie grâce à l’oxy­gé­na­tion des cellules par l’ef­fet aéro­bieN105 (Betof AS et al., 2015N96) etc.

Gabriela GF van der Schoot et collègues (2022N106) ont mesuré que la pratique d’exer­cice — dirigé pendant 12 semaines, puis non-dirigé à domi­cile pendant les 12 semaines suivantes — compen­sait partiel­le­ment la perte de capa­cité respi­ra­toire pendant un trai­te­ment de chimiothérapie :

Parmi 266 patients atteints prin­ci­pa­le­ment d’un cancer du sein, des testi­cules ou du côlon, qui ont été rando­mi­sés pour suivre une inter­ven­tion physique de 24 semaines pendant ou après la chimio­thé­ra­pie, la consom­ma­tion maxi­male d’oxy­gène a dimi­nué de manière signi­fi­ca­tive entre le début et la fin de la chimio­thé­ra­pie dans les deux groupes, mais cette dimi­nu­tion était moins pronon­cée chez ceux qui ont fait de l’exer­cice pendant la chimio­thé­ra­pie.

[…] si l’exer­cice ne peut être prati­qué pendant la chimio­thé­ra­pie, un programme après celle-ci peut permettre aux patients de retrou­ver le même niveau de fonc­tion, mesuré 1 an après la fin de l’intervention.

L’exercice était d’in­ten­sité modé­rée à vigou­reuse et compre­nait du travail sur un vélo station­naire, un entraî­ne­ment en résis­tance et du badminton.

En insé­rant une courte séance d’exercice de haute intensitéN94 avant la rupture d’un jeûne de plus de 14 heures, on peut provo­quer autant d’auto­pha­gieN107 que pendant un jeûne de plusieurs jours, sans affai­blir l’or­ga­nisme. Cette auto­pha­gie assure un recy­clage des protéines et des orga­nites non fonc­tion­nels. Ce proces­sus permet par ailleurs de produire plus d’AMPKN108 et de NAD+N109 tout en inhi­bant le mTOR (cible de la rapa­my­cine chez les mammi­fèresN110).

Consommer des protéines après l’exer­cice à jeun réac­tive le mTOR, arrê­tant ainsi l’au­to­pha­gie et démar­rant le proces­sus de recons­truc­tion (Liu GY & Sabatini DM, 2020N111). Ces deux proces­sus doivent être acti­vés de manière cyclique pour opti­mi­ser la santé.

Attention : stimu­ler ce proces­sus [d’au­to­pha­gie] pour­rait être perti­nent pour lutter contre des tumeurs précoces, de petites tailles mais contre-productif dans le cas de cancers plus avan­cés (Anso J, 2023N112). Ces méca­nismes ont été étudiés en expé­ri­men­ta­tion animale. Jérémy Anso ajoute (ibid.) :

Ces obser­va­tions scien­ti­fiques sont donc à l’exact opposé de ce qu’on peut souvent lire sur le net où l’autophagie doit abso­lu­ment être boos­tée pour lutter contre un cancer en place et déjà bien avan­cée. Il n’y a aucune distinc­tion sur la taille ni le type de cancer. […]

D’ailleurs cela peut fina­le­ment sembler logique. Pourquoi boos­ter un méca­nisme de nettoyage et d’évacuation de déchets pourrait-il avoir un rôle contre le cancer ? Personne ne s’est demandé si l’autophagie sait faire la diffé­rence entre une cellule saine et cancé­reuse ? Si encore nous parlions de l’augmentation de cellules tueuses de cancer (les fameuses cellules NK, natu­ral killer), ce serait plus logique.

Mais la réalité scien­ti­fique, toujours un peu moins glamour, est plus complexe que cela. Les scien­ti­fiques sont d’accord pour dire que l’action néga­tive ou posi­tive de l’autophagie dépen­dra d’un nombre impor­tant de para­mètres.

C’est pour cette raison que les prin­ci­paux médi­ca­ments explo­rés dans des essais cliniques pour lutter contre le cancer sont des inhi­bi­teurs de l’autophagie plutôt que des promo­teurs. […]

Aujourd’hui nous ne savons pas vrai­ment à quel moment ni pendant combien de temps il faudrait inhi­ber ou promou­voir l’autophagie pour amélio­rer le trai­te­ment du cancer. […] Il faudra attendre des essais cliniques rigou­reux avec beau­coup de parti­ci­pants pour en avoir le cœur net.

Traitement métabolique

Il est encou­ra­geant de savoir que la recherche sur le cancer a tendance a réha­bi­li­ter la théo­rie d’une mala­die causée (ou du moins rendue statis­ti­que­ment plus probable) par un désordre méta­bo­lique. Si cette théo­rie se confirme, elle rempla­cera —seule­ment en partie — la « roulette russe » des muta­tions géné­tiques dont on ne pouvait qu’es­pé­rer dimi­nuer la proba­bi­lité en rédui­sant l’ex­po­si­tion aux agents carcinogènes.

Cet opti­misme doit toute­fois être tempéré par la connais­sance qu’une frac­tion non négli­geable de cancers sont déclen­chés par une attaque virale (Raoult D, 2011N113) — typi­que­ment celui du col de l’uté­rus lié au papil­lo­ma­vi­rusN114.

Il semble, par contre, que la décou­verte de causes liées au méta­bo­lisme mito­chon­drial (Wallace DC, 2012N115) puisse béné­fi­cier à la préven­tion et au soin de mala­dies dégé­né­ra­tives ou liées au vieillis­se­ment — voir la vidéo de Douglas C Wallace (2014N116). C’est aussi une bonne nouvelle.

L’ouvrage du méde­cin Paul E Marik, qui a pour titre The role of repur­po­sed drugs and meta­bo­lic inter­ven­tions in trea­ting cancer (Le rôle des théra­pies repen­sées et des inter­ven­tions méta­bo­liques dans le trai­te­ment du cancer) expose en détail de l’hy­po­thèse du cancer comme mala­die théra­peu­tique (Marik PE, 2024N117). Il est dispo­nible gratui­te­ment en PDF après avoir été censuré sur Amazon… « On » reproche en effet au Dr Marik d’avoir promu l’uti­li­sa­tion de l’iver­mec­tine pour le trai­te­ment de la CoVID dans le cadre de la Front Line COVID-19 Care Alliance (FLCCCN118) — voir mon article. Pour cette raison, il a été exclu (avec Pierre Kory) de l’American Board of Internal Medicine (ABIM) en 2024 — voir The Arrow #195.

Utilisant son langage à la fois imagé et précis, Eléonore Djikeussi écrit (2022N56 p. 79–80) :

En cas de dépres­sion éner­gé­tique prolon­gée […], pour éviter un funeste déclin, la mito­chon­drie, Reine de l’Énergie, commande les méca­nismes de suppléance qui seront mis en jeu grâce aux modi­fi­ca­tions des gènes qui contrôlent la produc­tion de l’éner­gie de la cellule.

Lorsque la crise éner­gé­tique se prolonge et que la cellule souffre dura­ble­ment, la mito­chon­drie a la capa­cité d’ac­ti­ver la réponse rétro­grade qui lui permet, grâce à un système de protéines-messagers, d’en­voyer un SOS au noyau.

Elle lui commande d’ac­ti­ver les méca­nismes de suppléance éner­gé­tique, car c’est lui qui possède la machi­ne­rie ances­trale qui permet­tait à la cellule jadis de produire son éner­gie, bien avant leurs épou­sailles défi­ni­tives, pour le meilleur et pour le pire. Bien que cette union très profi­table ait permis à la cellule d’être plus effi­ciente sur le plan éner­gé­tique, celle-ci n’a pas renié son passé. Dans sa grande intel­li­gence, elle a conservé l’an­cienne machi­ne­rie produc­trice d’éner­gie, qu’elle garde silen­cieuse en temps normal. En sauve­tage, elle l’ac­tive les jours où les mito­chon­dries sont en diffi­culté. Car la vie doit conti­nuer, toujours.

L’activité mito­chon­driale, qui carac­té­rise le taux méta­bo­lique, est liée à la fois à des traits de person­na­lité et aux risques de mala­dies cardio­vas­cu­laires ou de cancers. Georgi Dinkov écrit (2023N119) :

Le séquen­çage du génome sanguin révèle la présence de très nombreuses molé­cules d’ADN mito­chon­drial, et la quan­tité d’ADN mito­chon­drial est un indi­ca­teur du volume et de la santé des mito­chon­dries. Nous avons donc émis l’hy­po­thèse qu’un faible nombre de copies d’ADN mito­chon­drial dans le sang serait asso­cié à des person­na­li­tés diffé­rentes.

La person­na­lité est mesu­rée à l’aide d’un ques­tion­naire haute­ment stan­dar­disé qui divise les personnes et mesure diffé­rents aspects de la person­na­lité. Il existe une litté­ra­ture très abon­dante qui suggère l’exis­tence de ce trait de person­na­lité. Le neuro­ti­cismeN120 est asso­cié à des résul­tats de santé défa­vo­rables, à un risque plus élevé de mala­die cardio­vas­cu­laire et à un risque plus élevé de cancer. En fait, nous avons constaté que le neuro­ti­cisme était forte­ment asso­cié à un niveau plus faible du nombre de copies de l’ADN mito­chon­drial. Il est éton­nant que les résul­tats soient exac­te­ment les mêmes dans ces deux popu­la­tions très, très indé­pen­dantes et très, très différentes.

Le trai­te­ment méta­bo­lique du cancer, que nous avons évoqué en rela­tion aux travaux récents de Seyfried, Longo, D’Agostino et autres en expé­ri­men­ta­tion animale, reste une approche margi­nale malgré un nombre appré­ciable de publi­ca­tions scien­ti­fiques sur ce sujet (exemple da Viga Moreira J et al., 2019N121). En France, selon l’Institut natio­nal du cancer (INCN122), la chirur­gie, la radio­thé­ra­pie et la chimio­thé­ra­pie consti­tuent aujourd’­hui les grandes caté­go­ries de trai­te­ment des cancers. Près de 370 000 patients sont trai­tés chaque année par chirur­gie, envi­ron 270 000 par chimio­thé­ra­pie et 170 000 par radio­thé­ra­pie (sourceN123). Par consé­quent, il est inspi­rant de lire des témoi­gnages diver­gents, malgré leur carac­tère anec­do­tique, surtout en prove­nance de méde­cins (exemple : Dr Philippe GentitN124).

Les lecteurs fran­co­phones sont inter­pel­lés par les travaux du cancé­ro­logue Laurent Schwartz (2012N125 ; 2014N126 ; 2016N127) dont le trai­te­ment — complé­men­taire des trai­te­ments conven­tion­nels — est supposé amélio­rer le rende­ment éner­gé­tique de l’ac­ti­vité mito­chon­driale (Da Veiga Moreira J et al., 2019N121).

S’appuyant sur l’ex­pé­rience de cultures cellu­laires et d’un modèle animal (Schwartz L, Abolhassani M, Israël M et al., 2010N128), il utilise à cet effet une combi­nai­son d’acide lipoïqueN129 et d’hydroxy­ci­trateN130 souvent complé­tée par de la metfor­mineN47. L’usage de l’acide lipoïque remonte à 1977 avec les méde­cins améri­cains Burt Berkson et Fred C Bartter (1998N131 ; 2016N132). En 2011, Schwartz a déposé l’in­ven­tion de la combi­nai­son acide lipoïque/hydroxycitrate sans y asso­cier les co-inventeurs (brevet n°20110236506N133)…

D’autres médi­ca­ments sont à l’es­sai, entre autres le dioxyde de chloreN134 qui s’est révélé un substi­tut effi­cace de la chimio­thé­ra­pie sur des cancers agres­sifs là où la chimio­thé­ra­pie n’agis­sait plus. Voir une vidéo de Schwartz annon­çant ce résul­tat et décri­vant l’ap­pli­ca­tion très simple du trai­te­ment en mars 2018 : N135.

Un essai clinique de combi­nai­sons du dioxyde de chlore (DC), de l’acide alpha lipoïque (AAL) et de l’hydroxycitrate (HC) sur des cultures cellu­laires déri­vées de patients de glio­blas­tomeN25 a été mené en 2018–2019 dans le cadre de l’Institut du cerveau et de la moelle épinièreN136. Dans les condi­tions expé­ri­men­tales de cet essai, les effets n’ont pas été démon­trés. Les auteurs concluent (2019N137) :

L’objectif de ce projet était d’évaluer l’efficacité de la combi­nai­son de l’AALHC avec ou sans le DC. Les données […] nous permettent de conclure que la combi­nai­son AALHC n’a pas d’impact sur la prolifération des deux [lignées de glio­blas­tome déri­vées de patients] utilisées.

L’ajout de DC à cette combi­nai­son dimi­nue la prolifération cellu­laire de 20 à 50 % selon la lignée testée, mais cet effet semble s’expliquer essen­tiel­le­ment par la présence du DC, cet agent seul ayant également dimi­nué la prolifération des cellules de la même façon.

L’AAL seul semble toute­fois réduire la prolifération de la [lignée] GBM-PDCL N13-1520 dans l’étude 7 […] où les nouveaux composés ont été testés avec un rempla­ce­ment de l’ensemble du milieu de culture conte­nant les composés expérimentaux, tous les jours, deux fois par jour. Cependant, le résultat montré en 4.6 n’est issu que d’une seule expérience, et ces condi­tions n’ont pas été répliquées dans le cadre du présent contrat. De plus, les condi­tions de cette expérience n’ont pas permis de conclure sur la deuxième [lignée] GBM-PDCL.

Ce proto­cole a donc été aban­donné et ne donnera pas lieu à d’autres essais sur des animaux ou des humains. Le résul­tat néga­tif d’un essai sur des cultures de cellules ne prouve pas que ces trai­te­ments seraient inef­fi­caces sur des animaux ou des humains, mais que leurs méca­nismes, à suppo­ser qu’ils soient réels, n’ont pas été éluci­dés. Il n’empêche que, en octobre 2021 — retour à la case départ ? — la fonda­tion Guérir du CancerN74 publie un appel aux dons pour un Projet THEMAN138 en précisant :

Des essais in vitro ont commencé à être menés à Polytechnique Montréal sur la combi­nai­son hydroxy­ci­trate – acide alpha lipoïque – bleu de méthy­lène. […] Dans un premier temps, il faut donc ache­ver ces premiers essais in vitro afin qu’ils débouchent sur des essais souris. […]

Une étude obser­va­tion­nelle portant sur la pratiques d’autothérapie non médi­ca­men­teuse de patients atteints de cancer, orga­ni­sée autour du trai­te­ment méta­bo­lique est donc néces­saire. Les résul­tats de cette étude devraient permettre la mise au point d’autres essais in vitro et in vivo permet­tant d’enrichir le proto­cole de soin métabolique.

Une expé­ri­men­ta­tion avec le bleu de méthy­lèneN139, moins désa­gréable que le dioxyde de chlore, a montré son effi­ca­cité en expé­ri­men­ta­tion animale (Yang Shao-Hua et al., 2017N140 ; voir N141 résumé en fran­çais) : « … de plus en plus de preuves démontrent que l’amélioration de la phos­pho­ry­la­tion oxyda­tive [N46] mito­chon­driale par trans­fert alter­na­tif d’électrons mito­chon­driaux peut offrir une action protec­trice contre les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives et empê­cher la proli­fé­ra­tion des cancers. » La dose (sous pres­crip­tion médi­cale) serait d’en­vi­ron 75 mg quatre fois par jour. Il appa­raît aussi que le canna­bi­diolN142 aurait un mode d’ac­tion proche du bleu de méthy­lène en dimi­nuant la capta­tion de glucose et en relan­çant l’ac­ti­vité mito­chon­driale (Sun S et al., 2017N143). Une équipe a montré la capa­cité du bleu de méthy­lène — en asso­cia­tion avec du bleu de tolui­dineN144 — a réduire la crois­sance et la viabi­lité de cellules cancé­reuses du pancréas (Biberoglu K et al., 2022N145).

On pourra peut-être envi­sa­ger le 6‑diazo-5-oxo-L-norleucine (DONN146) qui a donné de bons résul­tats sur des glio­blas­tomes en expé­ri­men­ta­tion animale (Mukherjee P et al., 2019N147). Des patients conseillés par Laurent Schwartz font aussi des essais avec l’arté­mi­si­nineN148.

Parmi les mala­dies neuro­dé­gé­né­ra­tives ciblées par le trai­te­ment méta­bo­lique, on peut citer la sclé­rose laté­rale amyo­tro­phique (Maladie de CharcotN149), la mala­die de ParkinsonN150 et la mala­die d’AlzheimerN151 (2020N152). Pour la mala­die de Charcot (amyo­tro­phic late­ral scle­ro­sis ou Lou Gehrig’s disease en anglais) les travaux sur un modèle animal ont montré l’in­té­rêt d’un régime riche en graisses, parti­cu­liè­re­ment en choles­té­rol, pour préve­nir la mala­die ou ralen­tir son évolu­tion (Paganoni S & Wills A‑M, 2013N153). Chez les humains, une étude pros­pec­tive sur 891 920 sujetsN154 a mesuré que la morta­lité par cette mala­die avait été moindre chez des sujets qui consom­maient le plus de poulet et de frites, et plus forte chez ceux qui consom­maient du riz ou de l’avoine complète ! Ce résul­tat prêche en faveur d’un régime riche en graisses (de bonne qualité) et pauvre en glucides, éven­tuel­le­ment jusqu’à une diète céto­gèneN13.

Laurent Schwartz a mentionné la diète céto­gène comme complé­ment de son trai­te­ment méta­bo­lique, avec toute­fois la réserve formu­lée plus haut : les cellules cancé­reuses savent aussi se nour­rir de corps céto­niques, si bien qu’une méthode effi­cace consis­te­rait à les empê­cher d’y accé­der (vidéoN155 posi­tion 23:28). Une patiente cancé­reuse avait vu son état se dégra­der malgré un trai­te­ment méta­bo­lique de base (acide lipoïque et hydroxy­ci­trate) asso­cié à une diète céto­gène, mais sa rémis­sion a été rapide après avoir complété le trai­te­ment par du dioxyde de chlore. Cet exemple est bien entendu anecdotique.

Dès 2010, en expé­ri­men­ta­tion animale, Schwartz et ses collègues n’étaient pas certains que l’ef­fet Warburg soit la cible correcte de tous les trai­te­ments (2010N128 page 1409) :

De notre point de vue, le choix de l’ori­gine de la tumeur n’était pas un élément impor­tant car il semble y avoir un accord géné­ral actuel­le­ment que l’ef­fet Warburg est présent dans la grande majo­rité des cancers quel que soit le site d’ori­gine et quel que soit le cancé­ro­gène respon­sable […]. Cependant, nous avons sélec­tionné des lignées cellu­laires pour lesquelles la litté­ra­ture décri­vait des preuves de l’ef­fet Warburg.

Certains commen­ta­teurs de l’ou­vrage grand public de Schwartz (2016N127) sont allés jusqu’à l’ac­cu­ser d’être un (impos­teur ?) « radio­thé­ra­peute et non cancé­ro­logue »… Il est pour­tant facile de véri­fier dans PubMedN156 que ce méde­cin est le co-auteur de plus de 48 publi­ca­tions scien­ti­fiques, dont au moins une (Schwartz et al., 2017N157) en colla­bo­ra­tion avec TN Seyfried, expert comme nous l’avons vu du trai­te­ment méta­bo­lique du cancer en expé­ri­men­ta­tion animale. Aucune publi­ca­tion, à ce jour, n’a fait l’ob­jet de remarques critiques sur le site PubPeerN158. Toutefois, son nom n’ap­pa­raît pas dans la base Transparence SantéN159.

Les expli­ca­tions mini­males de l’ou­vrage Cancer : un trai­te­ment simple et non toxique (Schwartz L, 2016N127) sont en accord avec les infor­ma­tions que j’avais précé­dem­ment collec­tées sur le sujet. J’en recom­mande donc la lecture, pour la clarté de l’ex­posé, tout en souli­gnant les mises en garde de l’au­teur : (1) le trai­te­ment méta­bo­lique n’est pas un substi­tut mais un simple complé­ment des trai­te­ments conven­tion­nels, (2) à ce jour il n’a guéri aucun cancer mais seule­ment prolongé la survie de patients humains en phase termi­nale, (3) seuls des essais cliniques en phase III pour­ront prou­ver l’ef­fi­ca­cité du traitement.

On peut lire aussi la synthèse très claire de sa confé­rence L’équation de la vie, la genèse du cancer (Schwartz L, 2023N160).

Pour un patient direc­te­ment concerné, le mieux consiste à lire atten­ti­ve­ment les ouvrages et les prêter à son méde­cin trai­tant, pour qu’il/elle puisse pres­crire et surveiller un trai­te­ment méta­bo­lique, en complé­ment d’un trai­te­ment conven­tion­nel, sans négli­ger les essais du dioxyde de chlore ou du bleu de méthylène.

Des personnes béné­fi­ciant d’un trai­te­ment méta­bo­lique du cancer sont regrou­pées dans l’as­so­cia­tion Cancer et MétabolismeN161 (ACM) fondée par Gilles de La Brière suite à une réus­site du trai­te­ment : « voir guérir mon épouse de 12 à 14 méta­stases au cerveau en 10 semaines » (lettre à JD Metzger le 14/6/2020). L’ACM a par la suite financé une étude menée par Schwartz mais soup­çon­née de falsi­fi­ca­tion ; devant le refus de ce dernier « de créer un comité scien­ti­fique et médi­cal pour enca­drer ces recherches » (ibid.), l’ACM a cessé toute rela­tion avec Laurent Schwartz.

D’autres patients ont adhéré à l’as­so­cia­tion L’Espoir méta­bo­liqueN162. Enfin, une fonda­tion Guérir du cancerN74 a été créée pour finan­cer les travaux de recherche menés par Laurent Schwartz sous l’égide de la Fondation de FranceN163— voir plus haut le Projet THEMAN138. Comme je l’ai signalé elle a été en conflit avec l’as­so­cia­tion Survivre au cancerN73.

➡ Le petit monde du trai­te­ment méta­bo­lique est devenu le théâtre d’un combat de coqs auxquels s’ac­crochent déses­pé­ré­ment des patients ayant épuisé les ressources des trai­te­ments conventionnels…

Le Dr Schwartz inter­ve­nait sur le forum Guérir du cancerN164 récem­ment supprimé sous le prétexte (peu crédible) de « contri­bu­tions trop peu nombreuses ». Il a été remplacé par un blog qui ne fait qu’ac­cu­mu­ler des témoi­gnages enthou­siastes… Tous les forums sur les trai­te­ments méta­bo­liques sont à lire avec discer­ne­ment car ils sont de parfaites illus­tra­tions du biais du survi­vantN27. Jérémy Anso (2020N165) cite un exemple :

Vous trou­ve­rez sur la chaîne Cancer Therapy de Guy [Tenenbaum, « le samou­raï »] de nombreux témoi­gnages de survi­vants au cancer qui parle­ront des méthodes alter­na­tives et natu­relles qu’ils ont suivies.

Mais c’est préci­sé­ment le but de la chaîne. Guy cherche et trouve les personnes qui rentrent dans le cadre de son expé­rience, de sa théma­tique. La noto­riété de Guy lui permet même de se faire contac­ter par toutes les personnes qui se sentent concer­nées et qui remplissent les condi­tions, impli­cites ou non.

Il en résulte un très fort biais de sélec­tion. On va ici mani­fes­te­ment sur-représenter des cas de survi­vants grâce à des théra­pies natu­relles puisque des personnes connues ou des colloques permettent ce genre de rassemblement.

Guy Tenenbaum partage sur sa chaîne Youtube son expé­rience person­nelle de rémis­sion spec­ta­cu­laire d’un cancer méta­stasé contre lequel il a lutté par tous les moyens suggé­rés par une approche qu’il déclare rele­ver de la méde­cine « natu­relle ». Parfois avec une déter­mi­na­tion surhu­maine dans de longues périodes de jeûne — bien que bizar­re­ment il se soit filmé, atta­blé devant une assiette bien garnie, par exemple un poulet au 16e jour de jeûne… L’analyse de son récit diffu­sée par Jérémy AnsoN166 souligne un grand nombre de contra­dic­tions et de faits dissi­mu­lés, notam­ment les trai­te­ments conven­tion­nels qu’il a suivis. L’intérêt de tels témoi­gnages ne doit pas faire oublier qu’ils restent anec­do­tiques et que toute extra­po­la­tion pour­rait être sans effet ou fatale chez d’autres patients. Les biolo­gistes savent de mieux en mieux expli­quer l’ex­trême diver­sité des proces­sus en jeu dans chaque cancer, la produc­tion de méta­stases et les méca­nismes de défense de l’or­ga­nisme : il n’existe pas de solu­tion miracle appli­cable à tous les patients.

Un autre cas de rémis­sion de cancer du foie est analysé en détail de manière critique dans un article (Anso J, 2019N167) :

Le témoi­gnage de Michel est impor­tant pour plusieurs raisons. Il démontre que l’on peut, sous certaines condi­tions, venir à bout d’un cancer du foie, en alliant méde­cine conven­tion­nelle et alter­na­tive. Il est donc tout à fait possible de donner sa confiance à la méde­cine conven­tion­nelle, et à ses trai­te­ments, et faire des chan­ge­ments de son mode de vie salu­taires de l’autre côté.

Les « guéri­sons » (ou plutôt rémis­sions) spec­ta­cu­laires, que leurs heureux béné­fi­ciaires mettent en exergue pour justi­fier le choix de théra­pies non conven­tion­nelles, peuvent être suivies de terribles réci­dives qui font s’ef­fon­drer leur modèle expli­ca­tif, en lui substi­tuant un autre récit souvent contra­dic­toire avec le précé­dent. C’est ce qui est arrivé, en 2023, au youtu­beur Frédéric Evrard, attri­buant à sa rechute une cause géné­tique qu’il n’avait cessé de réfu­ter lors de sa rémis­sion par des méthodes « natu­relles » (Anso J, 2023N168).

L’émission Tambour battant animée par Antoine Spire et Marie-Christine Weiner (2017N169) présente l’ap­proche méta­bo­lique en paral­lèle avec d’autres avan­cées récentes en immu­no­thé­ra­pie et en cancé­ro­lo­gie de l’en­fant. Laurent Schwartz inter­vient dans les trois premières parties. Un entre­tien entre Joël de RosnayN170 et Laurent SchwartzN171 dans le cadre du forum Changer d’ère – À la conquête des secrets du vivant (2 avril 2019N172) décrit assez clai­re­ment sa concep­tion du trai­te­ment méta­bo­lique et de la préven­tion du cancer. Il s’est malheu­reu­se­ment égaré par la suite en spécu­lant sur une vision simpliste qui n’est autre que la géné­ra­li­sa­tion à toutes les mala­dies méta­bo­liques de sa théo­rie (non prou­vée) sur le cancer.

L’ouvrage La fin des mala­dies ? Une approche révo­lu­tion­naire de la méde­cine (Les Liens Qui Libèrent, 2019) est exem­plaire d’un travail bâclé destiné à un lecto­rat crédule : para­graphe dupli­qué (p. 88–89), pH sanguin, éloge de l’ex­pé­rience de Luc Montagnier qui aurait réalisé un trans­port « élec­tro­ma­gné­tique » de l’ADN via une connexion inter­net (p. 62–63), expli­ca­tion de la schi­zo­phré­nie par « le liquide céphalo-rachidien [… qui] ne peut s’écou­ler norma­le­ment dans le liquide céphalo-rachidien » (p. 119), etc. Les perles sont nombreuses, qui permettent de rela­ti­vi­ser la rigueur scien­ti­fique reven­di­quée par cet auteur…

Les anglo­phones peuvent lire sur le site de Laurent Schwartz (octobre 2022N173) son Manifesto for an effec­tive treat­ment of the diseases où l’au­teur se posi­tionne ainsi :

Ce texte est le résul­tat de longues réflexions et d’ex­pé­riences menées par de nombreux méde­cins, cher­cheurs et patients qui souhai­taient que la tragé­die du cancer prenne fin. Nous avons effacé les noms des diffé­rents contri­bu­teurs, pour nous concen­trer sur la décou­verte d’un trai­te­ment effi­cace du cancer. Pour comprendre le cancer, il fallait s’af­fran­chir des dogmes dépas­sés et reve­nir aux lois de la physique, qui sont univer­selles. Cette évolu­tion vers une véri­table science n’a été possible qu’a­vec l’émer­gence de nouveaux acteurs dans le domaine de l’on­co­lo­gie, mathé­ma­ti­ciens et physi­ciens. […]

Le but de ce texte est de parta­ger notre compré­hen­sion, de donner de l’es­poir et de lever les derniers obstacles. Certaines intui­tions expli­quées ici doivent encore être étayées par de nouvelles expé­riences et, surtout, des essais cliniques doivent prou­ver (ou réfu­ter) nos hypo­thèses. Pour le non-scientifique, ce texte peut paraître diffi­cile, car un détour par la physique est néces­saire. Mais l’es­poir est justi­fié car la science est enfin là. Le drame du cancer n’a que trop duré.

L’ouvrage d’Annie Brandt The Metabolic Approach to Cancer (2016N174), une Américaine qui a survécu à un cancer du sein méta­stasé diag­nos­ti­qué en 2001, contient des propo­si­tions dans la même ligne de pensée, asso­ciées à l’uti­li­sa­tion de chimio­thé­ra­pies ciblées (Insulin poten­tia­tion therapyN175). Brandt est cofon­da­trice de la Best Answer for Cancer Foundation (BAFCN176) qui regroupe des onco­logues prati­ciens de méde­cine inté­gra­tiveN177 et leurs patients.

Source : N178

Nasha Winters et Jess Higgins Kelley (2017N178) donnent des indi­ca­tions pour évaluer la capa­cité de réponse de patients au trai­te­ment méta­bo­lique du cancer — et par exten­sion un pronos­tic d’ef­fi­ca­cité des trai­te­ments conven­tion­nels. Leur évalua­tion est une mesure de la « santé mito­chon­driale » et peut être conduite à partir d’un bilan sanguin. En voici un aperçu simplifié :

  1. Le rapport des granu­lo­cytes neutro­philesN179 sur les lympho­cytes devrait être proche de 2/1 (cité le 30 juin 2019 dans un entre­tien avec Dr Mercola) ;
  2. Le taux de lactate déshy­dro­gé­nase (LDHN180), l’en­zyme produi­sant le lactate, ne devrait pas dépas­ser 263 U/l (voir articleN45);
  3. La vitesse de sédi­men­ta­tionN181 (première heure) devrait être infé­rieure à 10 mm ;
  4. Le taux de protéine C‑réactiveN182 (mesure ultra­sen­sible) devrait être infé­rieur à 1 mg/l.

Si toutes ces condi­tions sont réali­sées chez un sujet cancé­reux, l’évo­lu­tion de sa mala­die a de fortes chances d’être favo­rable après le trai­te­ment. Les auteures recom­mandent entre autres la diète céto­gène qui permet­trait selon elles d’aug­men­ter l’ef­fi­ca­cité des trai­te­ments conven­tion­nels et de limi­ter leurs effets secon­daires. Leur ouvrage mérite d’être lu en exer­çant son esprit critique : véri­fi­ca­tion des sources.

Un autre ouvrage en vogue chez les lecteurs anglo­phones est How to Starve Cancer de Kelly Leary (2020N183) — que je n’ai pas encore lu.

Toujours dans le monde anglo­phone, les obser­va­tions du Dr Michael Eades, diffu­sées sur sa lettre The Arrow, ont été résu­mées en fran­çais par Taty Lauwers (2013N184). Eades termine sur cette décla­ra­tion : « Si j’avais la malchance de me voir diag­nos­ti­quer une tumeur maligne, je peux vous dire avec certi­tude que j’op­te­rais pour la théra­pie métabolique. »

L’approche du cancer comme mala­die méta­bo­lique pour­rait être résu­mée par ces mots d’Eléonore Djikeussi (2022N56 p. 89–90) :

Le cancer n’est donc ni une tumeur isolée, ni une mala­die d’or­gane. C’est un proces­sus qui touche le corps dans son entier : le tissu cancé­reux appa­raît comme un proces­sus adap­ta­tif avec des cellules qui proli­fèrent à tout prix, car la vie veut vivre, et qui repro­gramment appa­rem­ment, égocen­tri­que­ment, l’en­semble de nos systèmes à leur profit avec la parti­ci­pa­tion de nombreuses cellules saines dont les cellules de l’im­mu­nité.

C’est une mala­die du système dans son ensemble, contrai­re­ment à ce qu’on tente de nous faire croire actuel­le­ment avec des cancé­ro­lo­gies d’or­gane, spécia­li­sées, gérées par des sur-spécialistes du cancer du sein, de l’ovaire, de la pros­tate, du poumon, etc., tels qu’on les trouve dans certains grands centres anticancéreux.

Cette cita­tion appa­raît à la fin d’un exposé détaillé, mais compré­hen­sible, inti­tulé Le Cancer, un proces­sus adap­ta­tif pour la survie cellu­laire (Djikeussi E, 2022N56 p. 79–90) qu’il serait impru­dent de cher­cher à résu­mer : je recom­mande donc vive­ment la lecture de l’ou­vrage de cette onco­logue (qui exerce dans la région parisienne).

Les approches qu’on peut clas­ser dans la caté­go­rie « trai­te­ment méta­bo­lique du cancer » ont en commun une simpli­cité d’ex­pli­ca­tion qui contri­bue à leur popu­la­rité. Le public privi­lé­gie les expli­ca­tions faciles à comprendre, mais est-ce un indice de leur vali­dité ? Les promo­teurs de ces théo­ries, malgré leur bagage scien­ti­fique, ne se laissent-ils pas entraî­ner par une vague média­tique qui les rend popu­laires dans certains milieux « alternatifs » ?

Je reste perplexe, au vu des titres et des conte­nus de livres qu’ils adressent aux non-initiés, ainsi que de leur proxi­mité avec les boni­men­teurs de pseudo-sciencesN185. C’est dans le domaine du trai­te­ment du cancer qu’on rencontre le plus souvent les experts Youtube ciblés dans l’ar­ticle Ma démarche.

La prévention

Obelix

L’obésité est un facteur de risque commun à tous les cancers, comme l’a montré une étude pros­pec­tive menée pendant 16 ans (1982–1998) sur plus de 900 000 adultes améri­cains (Calle EE et al., 2003N186) dont 57 000 sont décé­dés de cancer. En moyenne, le risque de mourir d’un cancer n’est pas augmenté signi­fi­ca­ti­ve­ment (sauf si l’on exclut les fumeurs) dans la caté­go­rie « surpoids » — indice de masse corpo­relle de 25 à 30 kg/m2 — mais au-delà dans la caté­go­rie « obésité » et jusqu’à 52 % pour « l’obé­sité morbide » (≥ 40 kg/m2). Ces risques sont vrai­sem­bla­ble­ment sous-estimés du fait que les personnes atteintes de cancer ont tendance à perdre du poids. Les auteurs ont conclu qu’en moyenne (aux USA) l’obé­sité contri­bue­rait de 14 % au cancer chez les hommes et de 20 % chez les femmes. Cette contri­bu­tion est bien plus marquée pour certains cancers — un risque multi­plié par 2.12 pour le cancer du sein chez des femmes morbi­de­ment obèses — alors qu’elle est moins marquée pour les cancers du poumon, du col de l’uté­rus ou de la prostate.

Une étude rétros­pec­tive basée sur le suivi pendant 14 ans d’un million de femmes d’âge moyen 66 ans au nord-ouest de l’Angleterre, a comparé un groupe de patientes avec choles­té­rol élevé avec celui à faible choles­té­rol. L’étude statis­tique a montré que, dans le groupe à haut choles­té­rol, l’in­ci­dence de cancer du sein avait été 0.6 fois celle de celui à faible choles­té­rol. Le groupe diag­nos­ti­qué à haut choles­té­rol au départ avait aussi une morta­lité plus faible que celui à bas choles­té­rol (13.8 % contre 23.7 %) (Paddock C, 2017N187). Voir mon article : Pourquoi diminuer le cholestérol ?

Une étude suédoise (Heir T et al., 2016N188) corres­pon­dant au suivi de 2000 hommes sur 40 années met aussi en évidence une asso­cia­tion inverse entre le niveau de choles­té­rol total et le risque de cancer de la pros­tate.

pistolet chargé de cigarettes

L’association entre consom­ma­tion de tabac et risque de cancer du poumon a été prou­vée par de nombreuses études épidé­mio­lo­giques (Jones NL, 2008N189), mais les méca­nismes biochi­miques de cette asso­cia­tion restent mécon­nus. Aucune étude n’a prouvé que la nico­tine serait cancé­ri­gène. La toxi­cité des produits en contact avec les cellules pulmo­naires est plus couram­ment admise comme expli­ca­tion. Toutefois, fumer est une pratique à risque pour des cancers autres que celui du poumon.

Nogueira ML et al. (2015N190) soulignent que l’in­flam­ma­tion est un risque majeur de plusieurs mala­dies méta­bo­liques telles que le cancer et la mala­die d’Alzheimer. Ces auteurs ont aussi énoncé une équi­va­lence entre inflam­ma­tion et augmen­ta­tion de pres­sion. L’accumulation de stress méca­nique joue un rôle clé dans le déve­lop­pe­ment de mala­dies liées au vieillis­se­ment, telles que la cardio­myo­pa­thie, l’athé­ro­sclé­rose et l’ar­throse, mais la pres­sion peut égale­ment être un facteur clé de la cancé­ro­ge­nèse (2015N190).

Les facteurs parti­ci­pant à la cancé­ri­sa­tion sont décrits dans l’ou­vrage d’Eléonore Djikeussi (2022N56 p. 90–110) :

  • L’inflammation chro­niqueN191 et le stress oxydantN192 (p. 90)
  • L’inflammation chro­nique au cours du syndrome du foie grasN193 asso­cié au syndrome méta­bo­lique (p. 93)
  • L’inflammation neuro­gèneN194 (p. 98)
  • Les inhi­bi­teurs de la chaîne respi­ra­toire mito­chon­driale : l’exemple des fongi­cides… (p. 104)

Une fois que le cancer est diag­nos­ti­qué, les études montrent que le trai­te­ment médi­cal devien­drait plus effi­cace — et mieux toléré — par l’adop­tion de pratiques analogues à celles qui contri­buent à sa préven­tion. S’il est vrai qu’une diète céto­gèneN13 avec restriction calorique est plus contrai­gnante qu’un régime faible en glucides (paléoN195, chrono-nutrition etc.), d’autres pratiques sont à la portée de chacun, comme celle de l’exercice de haute intensitéN94.

Signalons, enfin, que des cancers peuvent être déclen­chés par la proli­fé­ra­tion de certaines bacté­ries « malfai­santes », entre autres fuso­bac­te­rium nuclea­tumN196 qui peut enva­hir l’or­ga­nisme si les barrières sont insuf­fi­santes (Galeano Niño JL et al., 2022N197). Cette bacté­rie anaé­ro­bie se déve­loppe dans la flore buccale. Détectée sous lumière fluo­res­cente, elle est trai­tée par des bains de bouche à l’eau oxygé­née asso­ciés à des complé­ments nutri­tion­nels spéci­fiques — voir un ouvrage à paraître de Renaud Roussel.

Jorge Luis Galeano Niño et collègues écrivent (2022N197) :

Grâce à des études fonc­tion­nelles, nous montrons que les cellules cancé­reuses infec­tées par des bacté­ries enva­hissent leur milieu envi­ron­nant sous forme de cellules uniques et recrutent des cellules myéloïdes dans les régions bacté­riennes. Collectivement, nos données révèlent que la distri­bu­tion du micro­biote dans une tumeur n’est pas aléa­toire ; au contraire, elle est haute­ment orga­ni­sée en micro­niches avec des fonc­tions de cellules immu­ni­taires et épithé­liales qui favo­risent la progres­sion du cancer.

Quid des méthodes « alternatives ? »

Ayant long­temps navi­gué à proxi­mité des méde­cines « alter­na­tives », j’ai connu (direc­te­ment ou indi­rec­te­ment) des personnes diag­nos­ti­quées cancé­reuses qui s’en étaient « sorties » sans avoir recours à un trai­te­ment clas­sique — chirur­gie, chimio, rayons… Les unes ont modi­fié radi­ca­le­ment leurs condi­tions d’exis­tence, d’autres ont fait appel à des théra­pies quali­fiées de char­la­ta­nisme par la méde­cine ortho­doxe. Bien souvent, ces deux démarches étaient combi­nées. Toutefois, celles qui n’ont pas béné­fi­cié des promesses d’une théra­pie « natu­relle » ne sont plus là pour en témoi­gner, pas plus d’ailleurs que celles pour lesquels le trai­te­ment conven­tion­nel s’est révélé inef­fi­cace. C’est un exemple typique de biais des survi­vantsN27.

Il faut signa­ler d’in­nom­brables campagnes frau­du­leuses sur Internet faisant la promo­tion de méthodes « natu­relles » présen­tées comme plus effi­caces que les trai­te­ments médi­caux. Ainsi, par exemple, la blogueuse Belle GibsonN198 qui avait fait fortune en recueillant des dona­tions et en vendant des articles sur une méthode suppo­sée avoir guéri chez elle un cancer du cerveau en phase termi­nale, a fini par avouer qu’elle n’avait jamais eu de cancer ! (Dayey M, 2015N199)

Belle Gibson, auteure d’une campagne frau­du­leuse autour de son supposé cancer…

Il est prudent de se rendre compte que la majo­rité des publi­ca­tions scien­ti­fiques frau­du­leuses en méde­cine ont trait à des trai­te­ments du cancer. Certaines études s’ap­puient sur des métho­do­lo­gies appa­rem­ment licites, leur seul défaut étant de ne pas être repro­duc­tibles. Elles peuvent malgré tout être finan­cées par des orga­nismes offi­ciels, comme les National Institutes of Health aux USA. Exemple : le trai­te­ment de cancers par des pratiques psychiques (David S, 2025N200).

Ces excep­tions mises à part, vue la diver­sité des approches de trai­te­ment méta­bo­lique, il devient moins icono­claste d’évo­quer des pratiques en marge de la méde­cine scien­ti­fique. Toutefois, je ne suis pas habi­lité à dres­ser un inven­taire des méthodes « alter­na­tives », ceci pour plusieurs raisons :

  1. Elles sont docu­men­tées sur de nombreux sites web et dans les ouvrages de natu­ro­pa­thie (Brandt A, 2016N174).
  2. Leurs auteurs condi­tionnent souvent leur réus­site à l’aban­don de toute inter­ven­tion médi­cale conven­tion­nelle. Cette posi­tion est éthi­que­ment inac­cep­table car elle « prend le patient en otage » dans son espoir de survie. L’étude rétros­pec­tive de Skyler B et al. (2017N201) sur la survie de patients atteints de cancers non-métastasés (tous curables) du sein, du poumon, de la pros­tate ou colo­rec­tal, ayant fait le choix d’une méde­cine alter­na­tive en rempla­ce­ment du trai­te­ment conven­tion­nel, a montré que ces derniers affi­chaient en moyenne 2.5 fois plus de décès pendant la période d’ob­ser­va­tion que ceux qui avaient suivi le traitement.
  3. Chaque récit n’a qu’une valeur anec­do­tique : il ne s’agit pas de groupes de personnes soumises à un proto­cole expé­ri­men­tal — études rando­mi­sées contrô­léesN202 — permet­tant de mesu­rer statis­ti­que­ment l’ef­fi­ca­cité d’une méthode.
  4. Seules les histoires à succès (success stories) sont publiées. Dans le cas de mala­dies graves, les patients ayant connu l’échec d’une tenta­tive ne sont souvent plus en mesure de témoi­gner. Au début des années 2000, j’ai entendu parler d’une femme (méde­cin) qui aurait « guéri » son cancer de l’uté­rus en suivant la théra­pie de R.G. HamerN57 et publié un livre rela­tant son expé­rience « preuves à l’ap­pui ». Un an ou deux plus tard, elle a rechuté. Cette fois, elle s’est fait soigner par chimio­thé­ra­pie sans pour autant publier un deuxième livre qui aurait corrigé le triom­pha­lisme du précédent…
  5. Il existe des cas de rémis­sion spon­ta­née (voire de guéri­son) chez des personnes qui adoptent, par exemple, un régime alimen­taire (souvent avec restric­tion calo­rique), d’autres qui changent de régime, et d’autres enfin qui renoncent à tout régime et tout trai­te­ment. Ce ne sont encore que des infor­ma­tions anec­do­tiques malgré les espoirs que ces témoi­gnages peuvent susci­ter. (Consulter les liens sur cette page Wikipedia : N203.)

S’il est légi­time de s’in­ter­ro­ger sur l’ef­fi­ca­cité d’un proto­cole de trai­te­ment, c’est au seul patient qu’il incombe d’exer­cer son choix dans un dialogue avec les spécia­listes, quitte à en consul­ter plusieurs pour compa­rer leurs propo­si­tions. La théo­rie méta­bo­lique du cancer tend à montrer qu’il n’y aurait pas d’in­com­pa­ti­bi­lité entre un trai­te­ment médi­cal correc­te­ment ciblé et des pratiques de méde­cine complé­men­taire visant à restau­rer la santé du méta­bo­lisme cellulaire.

Soins par les plantes

La phyto­thé­ra­pie sur la base de proto­coles scien­ti­fiques occupe une place margi­nale dans la palette de trai­te­ments complé­men­taires des trai­te­ments conven­tion­nels, malgré des résul­tats encou­ra­geants, voir par exemple l’étude de Trogrlić I et al. (2018N204) sur le trai­te­ment du glio­blas­tome multi­formeN25.

Si les plantes peuvent augmen­ter l’ef­fi­ca­cité des soins, certaines peuvent aussi inter­fé­rer dange­reu­se­ment avec les trai­te­ments conven­tion­nels. C’est le cas — entre autres — du soja (non fermenté) et de la saugeN205 pour les cancers hormono-dépendantsN206, du petit houxN207 qui contient des flavo­noïdesN208, du méli­lotN209 qui est anti-coagulant, du mille­per­tuisN210 et du thé vert qui peuvent inter­fé­rer avec la chimio­thé­ra­pie, de la vigne rougeN211 et du ginko biloba N212 pour leurs effets hémor­ra­giques, enfin du poméloN213 qui entrave l’ac­tion de certains médicaments.

L’arté­mi­si­nineN148, une molé­cule extraite de l’ar­moise annuelleN214 depuis long­temps connue en Chine et répu­tée pour son effet anti-paludéen, a fait l’ob­jet d’es­sais (en combi­nai­son avec du fer) pour le trai­te­ment de certains cancers, dont ceux du poumon et du sein (Lai H et al., 2005N215 ; Nakase I et al., 2008N216). L’addition de fer est toute­fois remise en ques­tion. Aucun essai clinique n’a confirmé son effi­ca­cité sur le cancer, alors qu’elle fait déjà l’ob­jet d’une commer­cia­li­sa­tion inten­sive à l’ini­tia­tive de Prof. Peter Seeberger, profes­seur de chimie à l’Université libre de Berlin et direc­teur du Max Planck Institute of Colloids and Interfaces à Potsdam (Allemagne). Un essai clinique aurait été annoncé en 2019 au Markey Cancer Center de Lexington, Kentucky (USA). Leonid Schneider raconte en détail — avec sa cruauté habi­tuelle ! — la saga de l’ar­té­mi­si­nine (2020N217).

À signa­ler aussi, le tiglate de tili­ga­nolN218 extrait de graines de Fontainea picro­spermaN219 par une équipe de l’Université de Stanford (Wender PA et al., 2022N220), qui produi­rait une réponse immu­ni­taire ciblée sur les cellules tumo­rales (Cullen JK et al., 2024N221). Des essais cliniques de phase 1 et 2 sont en cours.

De nombreux travaux frau­du­leux ont fait l’ob­jet de publi­ca­tions — pour certaines, rétrac­tées suite à des signa­le­ments — dans les jour­naux scien­ti­fiques à fort impact. C’est le cas notam­ment de ceux du profes­seur Yogeshwer Shukla, expert en cancé­ro­lo­gie, protéo­miqueN222 et nano­tech­no­lo­gie, qui affirme pouvoir guérir des cancers à l’aide de nano­par­ti­cules trem­pées dans des extraits végé­taux (ananas, ail, grenade, thé, mangue, curcuma, raisin…) selon la méde­cine ayur­vé­diqueN223. Les méca­nismes des falsi­fi­ca­tions d’images (et donc d’ar­ticles) sont détaillés sur le site de For Better Science qui signale les liens entre ce cher­cheur et d’autres noms célèbres pour leurs rétrac­tions d’ar­ticles : Bharat Aggarwal, Sahdeo Prasad (Clyde S, 2019N224)… Tous ces cher­cheurs opèrent sous la bannière de l’AyurvedaN223 agitée par le chau­vi­nisme exacerbé de l’Inde d’au­jourd’­hui, portant ombrage aux travaux sur les plantes médi­ci­nales menés dans de respec­tables insti­tu­tions comme le CSIR-Indian Institute of Chemical BiologyN225 à Kolkata.

Une fois recon­nus comme impos­teurs, les auteurs conti­nuent à publier dans des jour­naux « préda­teurs » qui font l’im­passe sur l’éthique scien­ti­fique. Sans surprise, toutes leurs publi­ca­tions (y compris celles qui ont fait l’ob­jet de rétrac­ta­tions) sont citées par les marchands de remèdes « natu­rels » comme autant de preuves scien­ti­fiques de leur efficacité…

(Suite sur la page Cancer - conclusion et références)

➡ Le contenu de cet article ne se substi­tue pas aux recom­man­da­tions des profes­sion­nels de santé consul­tés par les lecteurs.

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Article créé le 20/11/2018 - modifié le 26/02/2025 à 18h37

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4 thoughts on “Cancer – approche métabolique

  • Bonjour,
    Je garde cet article sous le coude pour lecture à tête reposée, merci d’avoir rassembler toute cette masse d’infos.
    Je voulais simplement indiquer que des cancers et tumeurs ont été fortement diminués (études en cours, et certaines déjà concluantes consultables sur pubmed) grâce à la plante artemisia annua (efficace entre autre contre palu et covid), et également grâce à des champignions asiatiques comme le Shiitake ou le Maitake.
    On devrait en parler davantage…
    Cordialement

    10
    • Les essais sur l’artémisinine sont mentionnés dans l’article. Pour les autre il faudra attendre la confirmation d’essais cliniques plutôt que de se laisser entraîner par le “biais des survivants”…

      15
  • Bonjour
    Merci pour cette riche documentation.
    Mon avis, est que nous sommes focalisés sur la cellule cancéreuse pour la détruire ou l’affamer. Cependant la pauvre n’est que le pic émergé d’un iceberg.
    En terme d’approche, comment appliquer à tous, des schémas standardisés alors que l’entrée dans cette maladie n’est pas la même pour tous. Le tronc commun est une inflammation chronique locale ou générale mais ses causes sont tout à fait diverses.
    Le régime cétogène montre une réelle efficacité quand il y a un syndrome du foie gras. Les régimes hypoglucidiques cétogène compris sont une base pour la prise en charge afin de limiter l’inflammation chronique ( ils ont la particularité en plus d’être plus pauvres en lectines), mais bien entendu il y a un travail supplémentaire à faire à mon sens sur le microenvironnement des cellules cancéreuses, partie immergée de l’iceberg.
    Cordialement

    11
    • Merci pour ces précisions qui confirment qu’il n’existe pas UNE solution miracle applicable à toutes les formes de cancer et TOUS les patients…

      7

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